Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 07:16

Chapitre 19

Résumé des chapitres précédents : La discussion entre Charlie et Boris bat son plein. Ces deux-là s’entendent comme larrons en foire ! Nora, un peu larguée, les écoute en sirotant son coktail.

 

         — Et Flip, il est comment ? s'enquiert Charlie.

         — Excellent. C'est un touche-à-tout, comme toi. Tu lui mets n'importe quel objet entre les pattes, il te pond instantanément un sketch. Et le public se tord.

         — Son look ?

         — Rappeur flemmard.

         — Pas très original...

         — Si, justement. Oublie la tripotée de petits branleurs qui sévissent à la télé, si c'est à ça que tu fais allusion. Chez lui, le survêt et la casquette prennent une dimension, comment dire ? mystique.

         — Rien que ça ! 

         — Tu verras... Il passe essentiellement dans les maisons de jeunes, et à chaque fois, les racailles lui font un triomphe. Ils se reconnaissent en lui, s'identifient...

         — Et les médias ne s'en sont jamais emparés ?

         Haussement d'épaules fataliste de Boris.

         — Son heure n'était pas venue, faut croire. Tant mieux pour nous.

         — À côté de lui, je vais faire figure de vieux con, moi, avec mon nez rouge...

         — Penses-tu ! Les valeurs sûres, ça marche toujours. D'autant que « l'humour naît des contrastes », comme on dit.

         Nora s'esclaffe. Détournement de proverbe, elle adore ! Avec la sensation violemment jouissive de montrer ses fesses à sa mère, elle claironne, à contre-temps :

         — Et la bite ne fait pas le moine !

         Un double regard consterné la ramène sur terre (ou plutôt, la fait rentrer sous). 

         — Oups, pardon, bredouille-t-elle. Ça m'a échappé.

         — Fais pas attention, elle tient pas l'alcool, souffle Charlie à Boris.

         D'un geste désinvolte, ce dernier relativise.

         — Dans une équipe comme la nôtre, il faut une base traditionnelle pour ne pas effaroucher le public, poursuit-il sans sourcilier. D'ailleurs, moi-même... 

         — C'est vrai que tu es assez classique, admet Charlie.

         — De toute façon, s'il y a des choses à améliorer, c'est la confrontation de nos quatre personnalités qui en décidera. Et les nécessités du spectacle. Bosser à plusieurs développe la modestie.

                                                                                                                           (A suivre)

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article

commentaires

gudule 31/03/2013 10:49

Hu hu, j'adore tes interprétions, Pata ! Tu lis entre le lignes, en gros.

Pata 31/03/2013 08:47

Hum, hum... et du coup, comme Nora a bien bu, en entendant ce portrait de personnage haut en couleur, elle voit un double Flip, comme au patin ? ;)

Castor tillon 27/02/2013 06:31

M'enfin ! Nora, c'est mon héroïne. Ils sont abrutis, ces espèces de founes de mes Claisse. Des vrais cons descendant.
Pff.

(Au fait, Claisse, c'est un comédien, la contrepèterie n'est pas complètement hors-sujet, hein.)

gudule 26/02/2013 09:11

@ Tororo : lapsus, dirais-je — et non lappe-suce, je me permettrais pas.

gudule 26/02/2013 09:10

Forcément, hein, la p'tite demoiselle,on est dans sa tête... Je me souviens, quand le livre est sorti, d'un critique — fort sympa, au demeurant — dont c'était le principal reproche. Ce n'est pas un
bouquin objectif, qu'il disait, dans la mesure où le lecteur est, en quelque sorte, otage d'une gonzesse plus ou moins brindezingue. On l'oblige à penser comme elle, qu'il disait, alors que le
lecteur, lui, est sain d'esprit. Du coup, ça le perturbe. Mais bon, hein, c'était son opinion à lui — donc subjective, forcément. Pfff, compliqué, tout ça.

Qui Suis-Je ?

  • : Le blog de Gudule
  • Le blog de Gudule
  • : Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.
  • Contact

Ma bio et ma bibliographie...

Recherche

Archives

Catégories