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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 07:43

Chapitre 42

  Résumé des chapitres précédents : Nora tente d’oublier, à coup de bains de soleil, la trahison de Charlie qui, en dépit de sa résistance, a acheté un téléphone portable.

 

         — J'irais bien faire un tour en forêt, pas toi ? propose Charlie.

         — Bonne idée. 

         — Prends une petite laine, les sous-bois sont frais.          

         Comme tout être vivant, l'été a des hauts et des bas. On ne carbure pas une saison entière — surtout en région tempérée — sans donner, à terme, des signes de fatigue. Fin août, donc, le beau temps commence à s'essouffler. Il flatule deci-delà deux trois nuages, son ciel se ternit imperceptiblement. Les feuilles, bien qu'encore vertes, ont des velléités de jaunissements — sur la raie médiane en particulier. Nora désapprouve ce laisser-aller qui a une vague tendance à lui saper le moral. Elle y détecte, avec cet instinct animal qui la caractérise, les signes avant-coureurs de la débâcle. Flaire le sursis. Et se prépare, à son corps défendant — mais peut-on lutter contre l'ordre des choses ? — à d'éventuelles (et probables) intempéries.

         « Bah, l'automne a ses charmes, se raisonne-t-elle tout en marchant. Les vendanges, la chute des feuilles, le départ des hirondelles. Le thé, au coin du feu. Le vent mugissant sous la porte. La pluie fouettant sauvagement les vitres. Les arbres tordus par la tempête... »

         Houlà, l'énumération vire au cauchemar ! Prudemment, Nora arrête la surenchère et, histoire de détourner le cours de ses pensées, demande :

         —  Il est marié, Boris ?

         Charlie sursaute. Rupture de pacte n°2, et cette fois, il n'y est pour rien.

         — Non, répond-il, le plus naturellement  du monde.

         — Il l'a été ?

         — Mouais.

         — C'est lui qui s'est barré ou elle ?

         — Comment veux-tu que je le sache ? Il ne m'a pas raconté sa vie de A à Z.

         Nora frissonne. C'est vrai qu'il fait frais. Elle resserre son sweat autour de ses épaules. Quelque part, sous la mousse, une source chuchote. Le « pipi des fées » comme l'appelle Charlie, poète à ses heures.

                                                                                                                                     (A suivre)

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Pata 10/07/2013 10:36

Oh là, là, pour alléger un épisode trop lourd, heureusement, on peut toujours compter sur l'ami Castor !!!

gudule 21/03/2013 22:25

Ben comme on parlait de feuilles, la haie médiane, c'était tout indiqué. Et supprimer la hache, pour un ami de la nature, aussi...

Castor tillon 21/03/2013 22:21

Ne dis pas que je ne manque pas d'R, hein : mon clavier a avalé celui de "raie".
Ça m'apprendra à dire des idioties.

gudule 21/03/2013 22:10

Mais... mais... mais... c'est IGNOBLE ! Tu salis ma belle poésie avec des réflexions TRIVIALES ! Tu es un SCATOLOGUE ! Ben prout alors ! comme disait Marcel.

Castor tillon 21/03/2013 22:07

Les velléités de jaunissement sur la aie médiane, j'appellerais volontiers cela de l'incontinence. C'est pas parce qu'on est à l'automne de sa vie qu'il faut se laisser aller.
Pff.
Heureusement que Gudule est là pour nous mettre des beaux épisodes pleins de poésie.

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