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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 08:00

Chapitre 53

 Résumé des chapitres précédents : Cauchemars, angoisses, terreurs nocturnes... Malgré les efforts de Charlie, Nora ne serait-elle pas en train de replonger ?

 

         — Où il est, mon journal ? glapit Charlie, mettant la salle sens dessus dessous.

         — Lequel ? s’informe Nora, faussement candide.

         — Le Libé d'hier, avec la photo des Grumeaux.

         — Sais pas... P't'être bien que je m'en suis servie pour les épluchures...

         Il fonce vers la poubelle, la retourne — « C'est dégueu ! » braille Nora — puis, n'ayant rien trouvé, remonte dans ses quartiers. Mais un peu plus tard, en allant au tabac, il s'informe s'il peut le commander à nouveau.

         — Pas la peine, répond le patron, il m'en reste un sous le comptoir, un client l'a oublié, je vous en fais cadeau. 

         Charlie remercie chaleureusement, se félicite des bons rapports qu'il entretient avec les commerçants — pas comme Nora qui leur crache à la gueule sous prétexte que le troquet est un repaire de fachos  — et s'empresse de punaiser l'article dans son grenier.

         D'autres s'y joindront bientôt, l'événement culturel faisant couler beaucoup d'encre. Si bien que le mur du fond, au-dessus de l'établi, va prendre peu à peu des allures de press-book.

 

                                                                               *

 

         Le Klaxon du facteur trouble le silence matinal.

         — Une lettre pour vous, M. Charlie !

         Sur l'enveloppe, l'écriture de Boris. À l'intérieur, un carton d'invitation, valable pour deux personnes : « Sexe-tête à trois instuments ». Un mot y est griffonné, de Boris également : Si tu change d'avis, ta place est toujours chaude.

         — Du courrier ? crie Nora, plongée dans la confection d'un couscous.

         — Juste un prospectus, répond évasivement Charlie.

         Le press-book accueillera un document de plus. Quelques jours plus tard, Nora, pénétrant dans le grenier par le plus grand des hasard, en l'absence de l'époux retenu aux toilettes, tombera dessus. Manquera de s'évanouir. Et se mettra à croire au Destin.

                                                                                                                                           (A suivre)

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Pata 12/07/2013 22:33

Le press-book devient limite un compresse book : pansant les blessures de l'ego de Charlie; et blessant du coup les sentiments de Nora.

Castor tillon 02/04/2013 07:28

Fayot, le patron du tabac.

gudule 01/04/2013 21:20

Ouaiiiis ! Ça maaarche !

Mélanie Picard 01/04/2013 21:13

Oulala ! Point de grandes phrases... Je suis tenue en haleine, au secours !

gudule 01/04/2013 11:24

Hou, je suis d'autant plus sensible à ces compliments qu'il viennent d'un écrivain qui "connaît la musique", comme on dit. Merci, m'sieur Benoît ! Et j'espère être à la hauteur de vos espérances !

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