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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 07:35

chapitre 58

 Résumé des chapitres précédents : Quelle mouche pique Nora ? La voilà qui fait volte-face et, contre toute logique, pousse Charlie à entrer dans la troupe. Le pauvre garçon en est tout désorienté.

 

         « Changeons de tactique, se dit Nora. Par là, y a pas d'issue. »

          Elle prend sa bouche boudeuse, celle qui fait tourner Charlie en bourrique.

         — T'as pas compris, mon chéri..., minaude-t-elle.

         — Qu'est-ce que j'ai pas compris ?

         Coup de langue sur les lèvres pour les rendre brillantes, comme ces fruits qu'on passe au polish avant de les exposer en vitrine.

         — Ce soir, j'étais folle de jalousie.

         Comme elle a dit ça ! Avec quelle vénéneuse suavité !

         — Quand ils t'ont proposé de travailler avec eux, je ne me doutais pas qu'ils allaient décoller du jour au lendemain, qu'on parlerait d'eux dans les journaux, à la télé, partout. Tu penses bien que si j'avais prévu, je t'aurais poussé. J'ai été conne, mais conne... Tu ne peux pas savoir à quel point je m'en veux.

         Charlie ne dit plus rien. Il se contente d'écraser son mégot à demi-consumé dans le cendrier, ce qui, en soi, est déjà un discours. Pas un muscle de son visage ne bouge, et en-dedans, c'est encore pire.

         « Maintenant, l'estoquade », pense Nora avec une sombre jubilation.

         — C'est flatteur, tu sais, d'être la femme d'une vedette. Mille fois mieux que d'être la femme d'un rien du tout.

         Sous l'impact, Charlie vacille. Oh, à peine. Mais la bête est touchée à un point vital. L'exaltation du torero emporte Nora. Cramponne-toi à ta queue et tes oreilles, pépère !

         — La nana de Galapia, elle pétait de fierté. Et cette robe qu'elle portait ! Un truc de couturier. Moi, j'avais mon vieux jean...

         Charlie ouvre la bouche, la referme, la rouvre. L'air lui manque. Éblouie par sa propre performance, Nora le regarde mordre la poussière.

         — Je... j'te croyais pas intéressée par ça..., bredouille-t-il enfin.

                                                                                                                                 (A suivre)

 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Pata 12/07/2013 22:42

Ouh !! Cruelle petite Nora, qui continus dans le rôle de l'enfant reine, avec sa cruauté curieuse... Gaffe, même les plus laxistes des proches ont leurs limites, qu'elle frôle allégrement !!

gudule 07/04/2013 07:59

Ah, ça, j'en connais une à qui ça va pas plaire qu'on évoque cette horreur...

Castor tillon 07/04/2013 02:49

Nora laisse toquade, mais point ne laisse brouffe.
Bon, où ai-je mis le numéro de ce MAC ?
...
...
...
... le Mouvement Anti-Corrida, pff.

gudule 06/04/2013 08:47

Bah, un peu de perversion n'a jamais fait de mal à personne, hein ! Surtout si c'est pour la bonne cause !

Benoît Barvin 06/04/2013 08:33

Mon Dieu, non! Quelle cruauté de la part de cette petite! Profiter ainsi - un peu lâchement, j'ose le dire - de la fierté du mâle pour l'estoquer - et l'estomaquer -, c'est un rien vilain - et trop
facile, les mâles sont toujours sensibles à la flatterie... Jolie page, bien psychologisante comme je les aime...

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