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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 08:06

chapitre 61

 Résumé des chapitres précédents : Après une nuit d’amour éblouissante – qu’elle a vécue comme un adieu, et Charlie comme une récompense –, Nora se fait la malle. Elle s’efface, histoire de laisser les coudées franches à son mari. C’était donc ça qu’elle mijotait depuis la veille ?

 

         Pour Montparnasse-Bienvenüe, direction Charles-de Gaulle-Étoile. La rame arrive, elle s'y engouffre. Insensiblement, le jour s'est intallé : une fade lumière de début de printemps, piquetée de bruine. Mais, derrière les nuages, il se peut que le soleil couve. Dans une heure ou deux, maximum, on sera fixé.

         Peu de monde, dans le métro. Il est encore trop tôt, les travailleurs petit-déjeûnent sur un coin de table avant la migration quotidienne. Nora a précédé le rush et s'en félicite : les promiscuités sont déconseillées aux écorchés vifs.

         Anne habite un immeuble cossu, rue Vavin, dans le quinzième, en compagnie d'un mari homme d'affaire et de deux pré-adolescents. Nora compose le code, pénètre dans le hall, appelle l'ascenseur. Se retrouve au troisième étage sans trop savoir comment.

         Elle sonne. Rumeur à l'intérieur. On perçoit clairement : Anne, y quelqu'un ! —  J'ai entendu, je ne suis pas sourde — Tu ouvres ? — Pas dans cette tenue — Jean-Baptiste ! Jean-Baptiiiiste ! — Oui, p'pa  — Va ouvrir, s'il te plaît — Qu'est-ce qu'on peut bien nous vouloir à cette heure ?

         Clic-clac, bruit de loquet. Double serrure blindée. La porte s'entrebâille, maintenue par une chaîne. Dans la fente, un museau méfiant, tavelé d'acné.

         — Bonjour, Jean-Baptiste.

         — Maman, c'est tante Nora !

         — Fais-la entrer, j'arrive.

         Un instant plus tard :

         — Bonjour, ma chérie, s'écrie Anne, en peignoir-éponge, décoiffée et les bras tendus.

         «  Elle est marrante, comme ça, s'attendrit Nora. C'est bien la première fois que je la vois nature. Ça la rajeunit.  En salopette et les cheveux défaits, elle serait presque sympathique. »

         Elle s'embrassent.

         — Qu'est-ce qui se passe ? s'informe Anne. Un problème?

         — Pas vraiment. Je peux avoir du café ?

         — Il est en train de passer.

                                                                                                                                   (A suivre)

 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Pata 13/07/2013 15:57

Et je suis sûre qu'elle a rien vu venir, la sœur Anne, de cette visite !

gudule 09/04/2013 23:45

Bien pire que ce que tu imagines !

Castor tillon 09/04/2013 23:39

"— Pas dans cette tenue" ?
Mais j'ai très envie de savoir dans quelle tenue était Anne.

gudule 09/04/2013 12:10

hi hi ! A toi de jouer, camarade !

Benoît Barvin 09/04/2013 12:04

Ahaha! Je n'y aurais pas pensé... Faudra que j'écrive un texte pour enfants sur ce joli paradigme...

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