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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 07:38

Chapitre 64

Résumé des chapitre précédents : Aux miasmes familiaux de sa frangine, Nora préfère l’errance au hasard des rues. On la comprend. Mais où la mènera ce road movies pédestre à travers Paris ?

 

         Douze heures plus tard :

         « Qu'est-ce que je fais, maintenant ? » 

         De flânerie en glandouille, la journée s'est tirée gentiment. Nora a traîné au Quartier Latin, le nez en l'air, censurant fanatiquement tout ce qui, de près ou de loin, s'apparentait à une pensée. Regardant, seulement. Écoutant. Absorbant par tous les pores de sa peau ; papier buvard. Quand le sac devenait trop pesant, elle descendait sur les berges de la Seine, le posait par terre et s'asseyait dessus. Les péniches passaient lentement, écorchant l'eau dont les reflets, un instant brouillés, cicatrisaient aussitôt. Nora fermait les yeux, somnolait cinq minutes, puis, reposée, remontait vers les vivants.

         Et sur ce, le soir tombe.

         « Qu'est-ce que je fais ? Je rentre sagement au bercail, rue du Chevaleret ? Je retourne chez Anne ? Si je jouais ça à pile ou face ? Pile, tout redémarre comme avant et mon départ reste à jamais un faux-fuyant ; face je me farcis les remugles de maître frangine, ses gniards et son cravaté. En un mot, je me pends ou je me jette à l'eau ? » 

         La pièce vole, retombe sur sa tranche. Roule. Et plouf, dans la Seine. Coquin de sort ! Nora respire, soulagée d'un grand poids.         

          « Bon, où je dors, ce soir ? » 

         Elle fouille les poches de son blouson, sort toute sa monnaie, trois billets de dix, un de cinq, quelques euros en petites pièces. Ça va pas chercher loin. Impossible de s'offrir un hôtel pour si peu.

         « Remontons vers Saint-Michel, j'ai une petite faim, on raisonne mal le ventre vide. » 

         Un sec-beurre fera l'affaire.

         « Tiens ? Je connais ce troquet. Ils ont des bières sympas et de la bonne musique. » 

          Elle entre, commande un sandwich, un expresso et un jeton pour le juke-box.

         Comme elle hésite entre Lennon et Mac Cartney, une voix amicale s'élève derrière elle.

         — Mais c'est ma fleur des champs !

                                                                                                                                (A suivre)

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Pata 13/07/2013 16:05

Hum, je suis sûre que c'est l'ange croisé au début, qui l'apostrophe ainsi !! Méfiance donc !

gudule 13/04/2013 08:01

Franchement, là, Castor, y a de quoi !

Castor tillon 13/04/2013 02:37

Nora, c'est ma fleur des champs, et moi mâcheur des flans, je suis gourmand.

Bon.

Je file cacher ma honte jusqu'au prochain épisode.

gudule 12/04/2013 08:12

Ouaip, on connaît tous ça, je crois : rôder ou sombrer. Ça me fait plaisir que tu t'y retrouves...

Benoît Barvin 12/04/2013 08:03

Belles descriptions, décidément, de ces soudaines errances qui nous foudroient, parfois, lors de moments particulièrement pénibles de nos vies... C'est presque un Paris bucolique que tu décris,
celui que j'ai vécu quand j'y allais - mais pour trois jours au maximum... Je ne suis pas très courageux, hélas...

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