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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 07:19

chapitre 92

Résumé des chapitres précédents : L’affiche des Grumeaux s’étale sur tous les murs de Paris. Encore un coup dur pour Nora ! D’autant que « son sien » n’est pas avec les autres... Elle se console en pensant qu’il s’y trouvera bientôt. Grâce à qui ? Grâce à elle. Vive elle, finalement !

 

         Vingt heures. Nora lit dans sa chambre. Un polar chiant, c'est quand même moins chiant que pas de polar du tout. Tout est silencieux. Les échos du boulevard, filtrés par les rideaux tirés, ne sont qu'une rumeur d'ambiance, lointaine et familière. Un ressac qui emplit l'atmosphère sans en modifier la substance.

         Où sont Sylvain et Lulu ? Chez eux, sans doute, terrés dans leur sanctuaire. Nora ne les a croisés ni au p'tit déj, ni au repas de soir. Circulation fluide dans le corridor, aucun risque de collision. Tant mieux.

         Soudain, on sonne.

         « Quésaco ? » se demande Nora en posant son œil sur le trou de la serrure.

         Un gros. Chauve, la cinquantaine, genre chef d'entreprise — « mon beauf dans vingt ans, je compatis, ô Anne » —, avec un bouquet de roses noires.

         L'ange, qui a ouvert, parlemente un instant. On dirait qu'ils marchandent. Ah, ils tombent d'accord. Le type sort son lardfeuille, y pêche quelques billets. Sylvain empoche puis le guide jusqu'à sa piaule et s'efface pour le laisser passer. Après quoi, ayant soigneusement refermé la porte, il se dirige vers la cuisine.

         « Qui c'est, ce type ? réfléchit Nora. Le médecin ? Lulu aurait-elle fait une rechute, par hasard ? (Oh, la vanne à deux balles cinquante ! Les mots vous jouent de ces tours, parfois...) Rectification : Lulu aurait-elle des problèmes de santé ? Ça expliquerait qu'elle ne quitte plus la chambre. »

         Mais un médecin paie rarement ses patients et, de plus, porte une valise avec son stéthoscope, son tensiomètre et tout le bazar —  ce qui n'est pas le cas ici.

         (À ces déductions d'une grande pertinence, on reconnait tout de suite l'amateuse de polars. Or, de déduction en déduction, il peut arriver qu'un souçon vous assaille. Un hideux soupçon.)

         « Euh... C'est peut-être, je ne sais, moi... un créancier ? se défend Nora. Ou le patron de Sylvain, celui pour lequel il distribue des tracts, qui est venu lui apporter son salaire. Il en a profité pour visiter l'infirme, ce sont des choses qui se font... »

         À huis-clos ?

         Pourquoi pas ? Certaines personnes préfèrent le tête-à-tête. Si j'allais me préparer du café ? J'ai comme une petite soif.

                                                                                                                                         (A suivre)

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Pata 17/07/2013 13:12

Que c'est beau, tant de candeur ! Nora, en ingénue amnésique, aurait-elle oublié quel a été le métier de Lulu ?

gudule 12/05/2013 08:49

Celle-là, je l'attendais !

Castor tillon 12/05/2013 01:42

Le gros sort son lard-feuille ?

Castor tillon 12/05/2013 01:40

Ça doit être Doc Gynéco, le visiteur.

gudule 11/05/2013 04:49

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