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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 06:49

Chapitre 93

 Résumé des chapitres précédents : L’arrivée impromptue d’un chauve, dans le squat, trouble quelque peu Nora. D’autant qu’il a sorti des billets de son portefeuille. Quelques explications s’avèrent nécessaires.

 

         — Bonsoir, Sylvain.

         — Ah, Nora... Tu veux des nouilles ?

         Volontiers. Avec un morceau de beurre et du gruyère râpé, c'est délicieux. Les grands classiques, on ne s'en lasse pas.

         — Je n'ai plus de fromage, mais si t'aimes le coulis de tomates à l'italienne, il y en a une boîte dans le buffet.

         — Au basilic ? salive Nora.

         — J'sais pas, regarde.

         Elle s'y emploie, tout en demandant d'un air détaché :

         — Comment va Lulu ?

         — Pas trop mal, ce soir. Elle a repris le travail.

         Bouffée d'adrénaline.

         — Quel travail ?

         — Elle en a pas trente-six !

         — Tu veux dire que...

         — ... le mec qui vient d'entrer est un client ? Oui.

         «  Je le savais, triomphe Nora. Je le savais, je le savais, je le savais... »

         — Mais c'est impossible, voyons ! s'écrie-t-elle.

         — Pourquoi ?

         — M'enfin... une handicapée !

         L'ange a un sourire très doux.

         — Elle est pute avant d'être handicapée, tu sais !

         Un vent d'indignation gonfle Nora.

         — Je t'ai vu, t'as encaissé du fric. Tu la prostitues dans son état.  C'est dégueulasse !

         L'ange prend le temps de souffler sur la casserole qui déborde (avec les nouilles, on y a droit à tous les coups).

         — Tu ne voudrais tout de même pas, pff pff, qu'elle cesse toute activité, pff pff, sous prétexte qu'elle a eu un accident ?

         — Bien sûr que si ! Enfin, Sylvain, une handicapée ! 

         — C'est toi qui dis ça, Nora  ? Toi ?

         Regard perçant, profond, profond. Jusqu'au centre des chairs, jusqu'à la pièce de métal vissée sur l'os iliaque, qui soude l'articulation de la hanche. Alors Nora, hors d'elle :

         — Oui, moi, moi, je dis ça ! Moi, la boiteuse ! Et je sais de quoi je parle : tu m'imagines, en ballerine ?

         Elle éclate d’un rire grinçant, puis, véhémente, répète :

         — Tu m’imagines ?

                                                                                                                               (A suivre)  

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

gudule 17/07/2013 13:21

OK... et la bise à 93 93 !

Pata 17/07/2013 13:15

Mouarf, et là, un S vient de se taper l'incruste dans ma phrase, il est temps que j'arrête ! En plus, 93, c'est un chiffre que j'aime bien, surtout s'il est doublé ! Donc je viendrais surement
relire !

Pata 17/07/2013 13:14

Pourquoi je penses au film "de rouille et d'os" moi ? ;)

gudule 12/05/2013 16:37

Mandieu, Castor ! Tu es terrifiant !

Castor tillon 12/05/2013 13:41

Ben oui, je vais quand même pas demander à une dame de souffler sur les débordements quand je nuis des... quand je cuis des nouilles.

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