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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 07:17

Chapitre 101

 Résumé des chapitre précédents : Quand Yvette raconte son histoire, il faut avoir le cœur bien accroché !

 

         Une fois le repas terminé :

         — T'as quelque chose de prévu, ce soir ? demande Yvette.

         Rien de précis. Les projets de Nora se bornent, pour l'instant, à l'instant présent. Après, c'est l'inconnu.

         — Si je te présentais mes copines ? Ce sont de bonnes filles, tu sais, elles on eu des malheurs.

         Voilà qui les rend sympathiques à Nora !

         — Ce soir, c'est la pleine lune, poursuit la vieille. On a notre petite sauterie menstruelle, je t'invite.

         — Quel genre de sauterie ? se méfie Nora.

         — Un truc entre nous, mais tu peux y participer : plus on est de folles...

         — Bien sûr, s'obstine Nora, mais en quoi en ça consiste ?

         La vieille se marre.

         — Surprise !

         — Non, non, je veux savoir avant.

         — On a fondé un club.

         — Ah ?

         — Un club révisionniste.

         — ... ?

         — On réinvente l'histoire, mais je ne t'en dis pas plus.

         Du moment que ce n'est pas sexuel ! Nora aime bien les jeux de l'esprit.

         —  Ça marche, avec cinq partenaires ? se renseigne-t-elle.

         — Oui, on peut être autant qu'on veut. Allez, viens !

         La petite serre s'empare de sa main et l'entraîne vers l'avant du quai.

         — Et les saletés ? s'inquiète Nora dont les résidus de repas, sur le banc, choquent le sens civique.

         — Benjamin les jettera.

         Benjamin, c'est le clodo. Ah, il a un vrai nom, pense Nora, soulagée. Pas un numéro matricule. Il n'a donc pas tout perdu. Je me souviens d'un chien abandonné sur l'autoroute. Mes parents l'avaient recueilli, mais impossible de communiquer avec lui. Il était amorphe, apathique, absent — pour un être humain, on dirait autiste. « Faudrait découvrir comment il s'appelle, a déclaré mon père qui avait été éleveur dans une vie antérieure. Si un nom produit le déclic, c'est gagné. » On a tout essayé, de Rex à Mirza en passant par Black, Devil, Tintin et Milou. Aucune réaction. Alors mon père a eu l'idée du siècle. Il lui a soulevé l'oreille, a lu son tatouage et a crié : « Aux pieds, Y 329 F 243 ! » Le chien s'est mis à aboyer en remuant la queue. J'en ai pleuré. La pauvre bête était vraiment tombée bien bas.

                                                                                                                                     (A suivre)

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Castor tillon 20/05/2013 15:34

Arf ! Arf !! Arf !!! Voui, Maîtresse ?!

gudule 20/05/2013 08:22

Truiiiiiit !

Castor tillon 19/05/2013 23:24

Y 329 F 243, ce chien est plus balaise en chiffres que moi, je ne me serais jamais souvenu d'un truc pareil. A moins qu'on m'ait appelé Igrektroiçanvintneufèffedeucenkaranteutroi, et encore.
Je préfère encore qu'on me siffle, tiens.

gudule 19/05/2013 23:22

Non,en fait,ce moment de solitude n'a jamais existé mais il aurait pu. Le ton y était, la logique aussi. Même s'il est imaginaire.

Tororo 19/05/2013 21:06

Ah ben je ne me souvenais pas alors. Les trous de mémoire c'est chacun son tour!

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