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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 06:39

Chapitre 102

Résumé des chapitres précédents : Yvette embarque Nora pour l’emmener à son club. Bah, ça ou autre chose...

 

         — Attendons le passage de la prochaine rame, décrète la vieille.

         Deux minutes plus tard :

         — Allons-y !

         Elles empruntent les marches qui descendent sous le tunnel.

         — Mais c'est interdit, se rebiffe Nora.

         — T'occupe, dit la vieille.

         Plutôt mal à l'aise, Nora regarde autour d'elle. Ni contrôleur pour la saisir au collet, ni voyageurs indignés. Pas de métro en vue. Bon. Elle suit.

         — Quand le train passe, faut te coller contre la paroi, recommande la vieille.

         Nora préférerait retourner sur le quai, mais sa compagne la tire de toutes ses forces, et c'est si fatiguant de résister.

         Elles progressent le long des voies.   

         Un grondement s’élève, qui va crescendo. Nora s'affole.         

        — Relax, dit la vieille, tu n'as rien à craindre, on a toute la place.

          Le sol tremble. Deux phares trouent la pénombre. Dans un grincement d'essieux suraigu, l'énorme machine fonce sur elles. Déplacement d'air effarant. Visages blafards tapis derrière les vitres, qui regardent sans voir.

         — J'ai p... peur, bégaye Nora.

         — Relax, répète la vieille, les conducteurs ont l'habitude, ils ne vont pas nous foncer dessus.

         — Mais où on va comme ça, hein, où on va ?

         — Juste à côté, dans une station désaffectée. C'est notre Q.G.

         Nouveau grondement, dans leur dos, cette fois.

         — Yvette, j'ai la trouille ! crie Nora.

         La vieille l'enlace, la plaque contre le mur. Cadencé et assourdissant, le bruit se rapproche. La loco les frôle.

         — Aaaaaah ! hurle Nora, la tête cachée dans le cou décharné.

         Yvette lui tapote le dos, allons allons, pas de panique, ce n'est qu'un mauvais moment à passer.

         — Je veux m'en aller, pleurniche Nora dans le silence revenu.

         — On arrive, la réconforte Yvette.

         Maternellement, elle dirige son pas titubant.

         — Gaffe à cette barre entre les deux rails : tu la touches, t'es électrocutée. Des milliers de volts, il y a, là-dedans.

         — Hou, souffle Nora.

         — Un jour, cette saleté a tué un clochard sous mes yeux : il pissait sur les voies et le courant électrique est remonté le long du jet. Une teub qui produit des éclairs, t'imagines ? Il est tombé net.

         — C'est horrible !

         — Les cheminots, quand ils ont picolé, s'amusent à sauter d'un rail à l'autre. La

roulette ratp, ils appellent ça. S'ils trébuchent, couic.

         — Couic ?

         — Les accidents ne sont pas rares.

         Une nouvelle rame les croise.

         «  Mon cœur va lâcher, se dit Nora. Je ne survivrai pas à cette expédition. Oh, Charlie, Charlie, que suis-je venue faire dans cette galère ? »

                                                                                 (A suivre)

 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Pata 20/07/2013 17:11

Eh ben ! Il s'en passe des choses; dans les métros !

gudule 21/05/2013 18:04

Et la prochaine fois, j'écrirai "embrasser" et non "emrasser", promis !

gudule 20/05/2013 18:24

@Tororo : Bon, je préviens Benoît; les bisous-qui-tuent, c'est pas trop mon truc.

gudule 20/05/2013 18:24

Tu dis ça parce que tu es amoureux d'elle !

Castor tillon 20/05/2013 15:51

Le clochard, c'est sûrement la première fois qu'il fait des étincelles avec sa bite (réplique célèbre).
Et Pépette, elle a le sens de la teuf : avant même d'arriver, elle électrise le public ! YEEEHAAAHHHH !

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