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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 07:38

Chapitre 127

Résumé des chapitres précédents : La discussion entre Boris et Nora vire au règlement de compte. Ça, c’était à prévoir !
 
    — Cinq ans d'âge mental ! lâche Boris, de l'extrême sommet de son mépris.
    Il la toise sans complaisance. 
    — Tu vas me faire le plaisir de l'appeler tout de suite !
    — Où ?
    — À Auxerre.
    — On n'a pas le téléphone.
    — Alors, écris-lui, envoie-lui un télégramme, préviens les voisins, je ne sais pas, moi, mais ne le laisse pas comme ça !
    La tête de Nora oscille de gauche à droite, non, non, pas question. Voilà trois jours que je lutte pour couper le cordon, et tu voudrais que je me dégonfle ? Que tous mes efforts soient réduits à néant ?
    — T'es une malade, constate Boris. Une malade dangereuse.
    — Ben quoi, tu l'as bien quittée, toi, ta femme ! Vous quittez tous vos femmes, vous, les artistes !
    — Ça n'a rien à voir, moi, je suis gay.
    Les yeux de Nora s'arrondissent.
    — Toi, tu... ?!
     — Oui. Mon mariage était une erreur de jeunesse. Quand on l'a compris, Hélène et moi, on s'est séparés d'un commun accord. Aujourd'hui, je vis seul, et ce n'est PAS un choix professionnel (il appuie à dessein sur le PAS). Tu crois peut-être que ces deux-là (du menton, il désigne Flip et Galapia, à la table voisine) ont remis leurs couples en question pour si peu de chose ? 
    — J'ai vu la femme de Galapia, elle n'avait pas l'air malheureuse, reconnaît Nora.
    Tout est si embrouillé dans sa tête qu'elle soulève sa tasse vide, la porte à ses lèvres, et boit consciencieusement du vent.
    — Que comptes-tu faire, maintenant ? s'enquiert Boris, impitoyable.
    Pas de réponse.
    — As-tu au moins une adresse, un endroit où on peut te joindre ?
    Non, fait Nora de la tête.
    — Demain, quand ton mari m'appellera, qu'est-ce que je lui dirai ?
    Nora l'ignore.
    — Tu te seras de nouveau volatilisée, c'est ça ?
    Oui. Aucun doute là-dessus.
    — Invraisemblable ! éclate Boris, en abattant son poing sur la table.
    Un soupçon l'assaille.
    — Tu as quelqu'un d'autre ?
    Une fraction de seconde d'hésitation. La tentation effleure Nora de prétendre que oui. Histoire de couper court à la discussion. De réconforter Charlie par procuration. Une nana qui fugue avec un amant, c'est banal, rassurant. On la traite de salope et basta. Dites-moi, dites-moi, mère, qu'elle est partie pour un autre que moi, mais pas à cause de moi, dites-moi ça, dites-moi ça... Doux alibi de l'adultère. 
    Elle nie, néanmoins. Ce mensonge-là serait au-dessus de ses forces.

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

gudule 03/07/2013 23:19

Ttttt ; je te laisse l'entière responsabilité de cette audacieuse déclaration !

Castor tillon 03/07/2013 23:15

Nora enfonce le clown. On n'est pas sortis de l'auberge.

gudule 03/07/2013 22:36

Intuition d'écrivain, cher ami !

Benoît Barvin 03/07/2013 21:24

Je le savais... JE LE SAVAIS!!!

gudule 03/07/2013 15:26

ç'aurait été trop beau !

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