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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 07:16

Chapitre 129


Résumé des chapitres précédents : De guerre lasse, Nora a accepté de passer la nuit à l’hôtel, en attendant le retour de Charlie. Mais elle n’a pas dit son dernier mot !

    Le lendemain, très tôt, Nora règle sa note et prend la poudre d'escampette. Mais, dans la rue, elle se ravise.
    — Excusez-moi, j'ai oublié quelque chose, là-haut.
     On lui rend sa clé, elle remonte. Et, par souci du détail romanesque, marque « Charlie, je t'aime »  sur le miroir de la salle de bains, avec son joli rouge à lèvres vermeil. Puis, après un instant d'hésitation, elle rajoute en-dessous : « O beata solitudo, sola beatitudo » (l'une des maximes favorites de sa mère ; la plus tarte, sans doute. Ou, du moins, la plus mensongère).
    Le XIème, dans le petit jour, c'est à vous couper le souffle. Une lumière horizontale fait resplendir les façades modern-style du boulevard Beaumarchais. À droite, par les rues transversales, on devine le Marais, stagnant dans la brume. Au bout, le génie ailé sur sa colonne — bonjour, l'ange ! On a raté le coche, toi et moi : en d'autres temps, en d'autres lieux,  ç'aurait pu être chouette, nous deux  — , et l'Opéra Bastille, aux mille facettes de diamant.
    Les premiers cafés commencent à ouvrir. Nora en repère un pas trop naze, dont les chaises sont encore renversées sur les tables. Pas grave, rester debout ne me fait pas peur. Elle s'accoude au comptoir, commande un crème et réfléchit. De quoi Boris m'a-t-il accusée, hier ? Ah oui, de sadisme. Ce type est bien tel que je l'avais perçu au premier abord : une fieffée canaille. J'aurais dû lui casser la gueule. 
    Mais ne ressassons pas, le café refroidit.
    Elle boit, se sent tout de suite mieux. En commande un second, mais dans la salle, cette fois. Puis, vers neuf heures, le temps étant radieux, elle ramasse son sac, direction Austerlitz.
    Le jardin des Plantes est ouvert. Dedans, personne ou peu s'en faut. Quelques élèves de l'école d'horticulture qui binent les plates-bandes, un grand-père qui nourrit les pigeons sous le panneau Interdiction de nourrir les pigeons  et les appelle par leurs prénoms, la propreté de Paris qui balade son mange-crottes. Un chien sans maître flaire le pieds des arbres avec circonspection.
    Une fois de plus, je me suis laissée guider par mon instinct, constate Nora. Il sait toujours parfaitement ce qu'il fait, c'est un grand manipulateur. Il m'amène direct où il veut que j'aille.
    Devant la grande serre, très exactement.
    C'est thérapeutique.
    — Un aller simple, s'il vous plaît.

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Pata 22/07/2013 16:12

Un aller simple... vers où ? J'espère que c'est vers Auxerre mais j'ai un sacré doute...

gudule 05/07/2013 17:35

Toujours cette fameuse intuition d'auteur, n'est-ce pas !

Benoît Barvin 05/07/2013 08:41

Et qu'y a-t-il dans cette grande serre? Brrr... Je sens que ça va mal finir tout ça...

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