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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 07:12

La fabrique de gros cons

  Vais-je oser ? Allez, j’ose. Nous sommes assez intimes, maintenant, pour que je vous avoue toutes mes turpitudes.

         C’était au Thier-à-Liège. Je devais avoir sept ans maximum, et mon copain Jean-Aimé, dix. En vrai fils de paysans, il possédait une carabine à plombs avec laquelle il dégommait les petits oiseaux — chose qui m’horrifiait au dernier degré, cela va de soi.

         Un matin, au réveil, je le trouve à l’affût dans le pré voisin. Sans se soucier de moi, il épaule, l’œil dans le viseur, le doigt sur la gâchette... Il va tirer... Sur quoi ? Un merle qui chante au sommet d’un arbre.

         Ni une ni deux, je bondis vers lui, le bouscule ; la balle rate sa cible et l’oiseau s’envole. Manque de bol, un crétin de moineau se perche à sa place. Jean-Aimé ré-épaule, tout en me prévenant : 

         — Si tu bouges, je t’en retourne une.

         Et moi, du tac au tac :

         — Si tu jettes ton fusil, je baisse ma culotte.

         — Et je pourrai toucher ?

         — Juste un tout petit peu. 

         La proposition est trop alléchante pour qu’il la refuse. Je m’exécute donc, avec le sentiment d’agir pour la bonne cause.

         Bien belle histoire, me direz-vous. Tout le monde y trouve son compte : Jean-Aimé, dont la curiosité est satisfaite, le moineau qui échappe à la mort, et moi qui découvre le pouvoir du sexe. Où est la « Solitude » ?

         Je l’éprouve trois jours plus tard, lorsque Jean-Aimé me retourne une gifle « de la part de monsieur le curé », avant de m’expliquer :

         — Quand je suis allé à confesse, il m’a dit : « Tue tous les oiseaux que tu veux, y a pas de problème, mais regarder le tutu des filles, ça, c’est très mal. Comme pénitence, tu donneras une paire de claques à ta complice pour lui apprendre les bonnes manières. »

          Ainsi fabrique-t-on des gros cons, de toute pièce. 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

La Zèbre 17/07/2012 23:32

Tiens, ça me rappelle une note de Boulet, qui s'imaginait fantôme, et "emmerdait les ados spirites"; il écrivait "Arrêtez de manger du surimi, Dieu est un crabe"!

Gudule 27/06/2012 06:47

Une dérouillée, le curé ? ça m'étonnerait... sauf si Dieu est une femme, évidemment !
Personnellement, j'adorerais que Dieu soit un Grand Lapin. Juste pour voir la tête des chasseurs en arrivant au paradis...

Cécile 27/06/2012 00:01

Bah, si ça se trouve, ce gamin-là n'est pas devenu le con qu'on attendait... si ça se trouve, il cultive ses salades et fabrique des épouvantails abris d'oiseaux ! ... je sais Brassens et son
"quand on est con, on est con"...
mais accordons-lui le bénéfice du doute...
Quel con, ce curé ! Ah, ça, il ne l'emportera pas au paradis ! Il va d'ailleurs se prendre une dérouillée, dès son arrivée !

Gudule 26/06/2012 11:37

Oh, crotte ! Moi qui étais toute contente que tu sois revenu. Tes commentaires me manquent, sapristi !
En ce qui concerne la religion-outil-de-pouvoir, tes conclusions rejoignent tout à fait les miennes, qui ai pourtant été élevée dans le sein de l'Eglise. Le Christ disait des trucs assez sympas,
dans l'ensemble, et plutôt sociaux. Ce sont ses successeurs qui ont tout dévoyé, et fait de cette institution ultra-totalitaire un outil de pouvoir et de répression.

Castor tillon 26/06/2012 11:21

Obnubilé par le tutu de Nanette, monsieur le curé en a oublié ses paroles d'évangile : "tu ne tueras point", et "ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites".
Par contre, je n'ai jamais lu dans la bible : "tu ne regarderas point les tutus des filles". Comme gros con, il se posait là aussi.

Etant sans religion, et contre les dogmes autoritaires, j'ai étudié un peu ces histoires, et me trouve particulièrement bien placé pour en parler sans passion. La religion chrétienne n'a pas été
créée par Jésus, mais après sa mort. Sa parole n'était pas un dogme à la base, mais une collection de principes pour aider les gens simples à mieux vivre leur vie et leur après-vie (la
réincarnation était enseignée), dans le contexte de l'époque. Un exemple parmi d'autres ? On lit dans les Evangiles qu'un des disciples, outré, va cafter à Jésus qu'un des leurs bouffe pendant le
shabbat, à quoi celui-ci répond : "le shabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le shabbat".
En l'an 60, un concile de bons-à-rien de prêtres remanie toute les Ecritures (ce qui était facile, puisqu'ils étaient pratiquement les seuls à savoir lire) pour mieux asseoir son pouvoir, et vire
des textes toutes les allusions à la réincarnation. Néanmoins, quelques références qu'ils n'ont pas comprises restent, et on peut encore les lire aujourd'hui dans les missels.
En gros, je pense que le sadisme dans la religion n'est qu'un corollaire, et que la principale visée du clergé, notamment dans les temps anciens, c'était le POUVOIR, et la main-mise sur l'esprit
des gens. Les fanatiques bas-de-plafond et suce-bites de tous poils - je ne parle pas de Zoé Borborygme qui est une brave gosse, hein - ont d'ailleurs contribué (et continuent à le faire), à leur
insu, à cette prise en main.

Bon, maintenant que j'ai bien déblatéré sous le texte le plus commenté, et qui n'avait nul besoin de mes déblatérations, je repars pour une semaine. BizZzes, à bientôt.

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