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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 07:05

Intuition

  L’un de mes premier romans s’intitulait « A la folie ». Il eut une curieuse destinée que j’ai racontée dans l’avant-propos de mon recueil « Les filles mortes se ramassent au scalpel », paru aux éditions Bragelonne. L’histoire était tragique, et, dans le chapitre où mon héroïne nageait en plein drame, j’avait écrit : « Elle s’affairait, rangeait, briquait, dépoussiérait avec une sorte de  frénésie têtue ; gestes éternels des femmes face au désespoir, à la maladie, à la mort... » L’éditeur de chez Gallimard, où mon livre devait sortir, biffa ce passage, l’estimant pompeux, désuet et antiféministe.

         Je le retirai donc.

         À regret.

         Et à tort.

         Trente ans plus tard, ayant moi-même vécu de douloureux événements, j’ai souvent repensé à cette phrase. Et je l’affirme haut et fort : elle n’était ni pompeuse, ni désuète, ni antiféministe, mais tout bêtement prémonitoire. 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

gudule 11/08/2012 15:30

Tu n'es pas la première personne à me dire ça, concernant ce titre. Moi, c'est justement ce double sens (le figuré barbaracatlandesque, et le sens propre, terrifiant)qui me plaisait. Ces fausses
candeurs qui cachent l'indicible... J'aimais bien le titre de Mélanie, aussi : Maison bleue. Mais bon... En tout cas, merci ! Et bisou : j'adore quand tiu viens faire un tour sur mon blog !

Lunatik 11/08/2012 13:59

Un amour aveuglant, malgré son titre... euh... BarbaraCartlandesque (je préfèrais largement Oeil pour oeil ou Pénombre) reste l'un de mes préférés Gudule. Beau et flippant.

Gudule 08/08/2012 13:21

Putain, c'est bon de se sentir comprise ! Surtout, ne devenez jamais éditeurs, messieurs : ça vous gâterait !

castor tillon 08/08/2012 13:15

La plupart des éditeurs n'ont pas besoin d'avoir ce réflexe compulsif : ils ont une femme pour cela. Ça leur laisse du temps pour juger de la légitimité d'une expression chez des écrivains
compétents, expérimentés et sensibles.

Tororo 08/08/2012 10:35

Toute ma sympathie à la dépoussiéreuse affairée. On peut souhaiter à cet éditeur de n'avoir pas eu trop vite, ni trop souvent, l'occasion de constater que c'était une phrase simplement réaliste
(quel qu'ait été le sexe dudit éditeur, parce que, comme l'a fait remarquer Benoît, ça marche aussi pour les mecs).

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