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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 06:20

Bijoux de famille 2

  Autre histoire de choure qui aurait pu mal tourner si « le petit galopin de nos corps », comme le nomme si joliment Yves Navarre, ne s’en était mêlé. 

         Nous avions loué  pour une bouchée de pain un appartement aux portes de Paris, qui, pour être viable, nécessitait quelques travaux d’urgence. Ses loyers, soumis à la fameuse loi 48, ne lui rapportant pas, estimait-il, de quoi entetenir l’immeuble, le propriétaire refusait de les financer. En revanche, il nous laissait carte blanche pour doter notre habitat de toutes les améliorations que nous jugions nécessaires.

         Alex retrousse donc ses manches et, bien que peu enclin à ce genre d’exercice, décide de se lancer dans le bricolage-maison.

         Pour ce faire, il lui faut un minimum d’outils. Or, les outils coûtent cher et nous sommes toujours aussi fauchés. Qu’à cela ne tienne, les hypermarchés sont là pour nous fournir, à titre gracieux, tout le nécessaire. Forts de notre précédente expérience (qui, en dépit de l’incident narré plus haut, a bien tourné), nous décidons donc de récidiver.

         La poche du blouson étant réparée, vis, clous et autre menu fretin y sont rapidement escamotés. Reste le « gros » matériel, nettement plus encombrant. Une massette, entre autres, destinée à abattre la cloison séparant le salon du trou insalubre qui sert de cuisine, pour le transformer en une kitchenette à l’américaine.

         Personne en vue ? Ni une ni deux, Alex, avec une intrépidité qui me laisse pantoise, glisse la chose dans son pantalon. Certes, cette « prothèse » gonfle flatteusement sa braguette, mais bien malin qui devinerait le subterfuge !

         Seul problème : les mouvements de la marche font peu à peu basculer la massette, de sorte que le manche, au lieu de rester plaqué à l’abdomen, se retrouve à la perpendiculaire. Lorsque nous nous présentons à la caisse, mon époux donne tous les signes d’un priapisme exacerbé.

         Médusée, je le regarde s’avancer stoïquement vers la caissière. Les yeux de celle-ci, par le plus grand des hasards, se posent sur son entrejambe. Elle rougit, se trouble. Et lance à ce client qui, pardonnez-moi l’expression, trique comme un âne, un regard de biche effarouchée.

         Son émoi laisse Alex de marbre. Ayant  posé sur le tapis roulant le kit de peinture et le pot de laque blanche qui lui servent d’alibi, il règle ses achats en liquide (!) sans donner le moindre signe de gêne.

         Les jambes flageolantes, je lui emboîte le pas vers la sortie. Et ce n’est qu’une fois sur le parking que nous réalisons : la caissière, trop émue sans doute, n’a pas compté les pinceaux. Dix-sept francs d’économie. De quoi nous offrir le verre de la victoire dans le plus proche troquet.

         — Tu crois qu’elle l’a fait exprès ? me demande Alex, en éclusant le demi qu’il a bien mérité.

         Et moi, chavirante : 

         — Bien sûr, mon étalon !

         Dix-sept francs... Pour trente centimètres de rêve, ce n’est pas cher payé ! 

 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Castor tillon 16/01/2012 17:35

La massette, c'était très modeste. Pour le même prix, vous auriez pu avoir la masse, plus pratique, et vous assurer ainsi la groupisation définitive de la caissière.
C'est super que les petits articles du magasin fassent les chouettes articles de ton blog !

gudule 16/01/2012 10:10

On ne se refait pas, hein !

Benoit barvin 16/01/2012 08:35

Je viens de retrouver, dans ces lignes, la "spécialiste" d'un humour érotique de bon aloi. Très chère Sainte Gudule, je vous salue bien bas pour ce moment agréable de bon matin!

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