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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 07:31

La bourse ou la vie

En 1995, je fais le grand saut. C’est-à-dire que je laisse tomber mon boulot de journaliste pour me lancer à corps perdu dans l’écriture. Mais bon, même si je lutine mon clavier du matin au soir (quand ce n’est pas du soir au matin), question finances, ça craint un peu. Alors, je m’adresse au CNL pour « solliciter de sa haute bienveillance » une p’tite subvention qui mettra du beurre dans les épinards.

  Chaque année, trois bourses sont attribuées à des écrivains : la bourse d’encouragement, pour les débutants, la bourse de création, pour les auteurs confirmés, et l’année sabatique. C’est la seconde qui m’intéresse : j’ai déjà publié quelques livres, l’écriture est ma seule source de revenus, et j’ai un enfant à charge. Le profil idéal, quoi.

 Le dossier que j’envoie aux instances ad hoc contient toutes ces informations, documents à l’appui, et s’accompagne d’une lettre qui tirerait des larmes à un CRS. Pour une raison que j’ignore, ma candidature est écartée, mais on m’invite à réitérer ma demande à la session suivante, ce que je fais sans coup férir.

Re-refus. Alors, je prends le mors aux dents et je demande des explications. Elles me sont fournies par un courrier officiel précisant, en trois lignes, que les subventions sont accordées aux auteurs en raison des qualités littéraires de leur œuvre  et ces cinq derniers mots sont soulignés en rouge. Vlan ! prends ça dans les dents !

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

gudule 29/01/2012 21:11

Oh ben non, ma réponse, elle était ultra-polie ! Du genre : je sollicite de votre haute bienveillance, tout ça. C'est dans mes romans jeunesse que je mettais des gros mots. Par la suite, je me suis
calmée. Un chtit merde de temps à autre et basta. On s'assagit en vieillissant. Mais pour en revenir à la commission, jamais je leur ai dit que leur bourse de chiotte, ils pouvaient se la foutre où
je pense, et bien profond sans vaseline. Non, je le jure ! J'ai jamais écrit ça - mais j'aurais peut-être dû, après tout...

Castor tillon 29/01/2012 20:38

Ah ouais, mais si t'as mis des gros mots dans ta réponse, ça ne m'étonne pas.
Pour le style apparemment décontracté, je comprends ce que tu veux dire. Je ne suis pas écrivain, mais il m'arrive de pondre quelques articles, et comme c'est le style que j'ai choisi...

gudule 29/01/2012 20:24

J'avoue que je suis restée estomaquée de leur réponse. Je n'ai pas bien compris cette agressivité. Peut-être est-elle justifiée par l'usage excessif que je faisais des gros mots, à cette époque ?
ou par mes tournures de phrases un peu trop argotiques ? Que de fois j'ai dû expliquer à des enseignants qui m'en faisaient le reproche, qu'un style apparemment décontracté est bien plus difficile
à gérer qu'une écriture classique !

Castor tillon 29/01/2012 19:57

Ils auraient aussi pu rajouter que tu n'avais pas assez d'enfants à charge. Si tu avais déjà publié quelques livres, c'est que ton oeuvre avait quand même quelques qualités littéraires. Nous qui te
lisons, savons bien qu'ils n'ont jamais ouvert un de tes bouquins.
Les salauds.

gudule 29/01/2012 19:56

Alors là, cent pour cent d'accord ! C'est même très exactement la seule chose qui compte. En dehors de tout contexte financier (ou même égotique), si on écrit, c'est pour partager quelque chose de
très important avec les lecteurs. Ges moments de grâce communs, genre. Tout le reste n'est que billevesées et enculages de mouches.

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