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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 07:24

Feuilleton éditorial 

On va encore dire que je règle des comptes, et on aura raison. Mais comme les on-dit m’ont toujours glissé dessus, je ne vais pas me gêner.

         Après la publication, en 2008 et 2009, de mes recueils de contes « Princesse Zoumouroud » et « La fiancée du singe », je propose à Hachette un troisième opus : « La petite reine qui sauva les arbres ». Ce recueil, comme les précédents, a un fil conducteur, en l’occurence le respect de la nature. Dix contes de tous pays, précédés d’un avant-propos destiné aux lecteurs de 9 à 13 ans — et, éventuellement, à leurs enseignants —, développent cette thématique hautement actuelle.

         La directrice de collection, Nadine B., à qui je soumets mon idée, l’accepte avec enthousiasme, avant de me rappeler un mois plus tard pour m’annoncer, fort embarrassée, que le projet a été rejeté par sa direction. Entre-temps, bien sûr, j’ai écrit les contes en question... Qu’à cela ne tienne, je les replace dans divers recueils qui paraissent chez d’autres éditeurs — hormis, par pur hasard, celui qui porte le titre-phare.

         Une année s’écoule avant qu’Hachette me re-sollicite. Mon projet est revenu sur le tapis, m’annonce joyeusement Nadine, et cette fois, les grands pontes l’approuvent. À une condition, cependant : que le nombre de contes soit porté à vingt.

         — Vingt histoires sur le même sujet ? protestai-je. Ça fait beaucoup ; il y a des risques de redite.

         Afin de me convaincre, Nadine s’engage à doubler également l’à-valoir ; donnant-donnant. Dans ce cas...

         Je me remets au travail, et écris laborieusement dix-neuf nouveaux contes. Nadine les lit, exige quelques modifications mineures (dont un changement de titre : le recueil s’intitulera désormais « Le croqueur de lune ») et m’envoie un contrat que je m’empresse de retourner, signé.

         Un mois plus tard, comme je n’ai toujours pas reçu mon exemplaire contresigné, je lui téléphone pour le lui signaler.

         — C’est normal, déplore-t-elle. Ma hiérarchie conteste le montant de l’à-valoir. Ce recueil vous sera payé le même prix que les deux autres.

         — Il m’a demandé deux fois plus de travail, protestai-je.

         — Ce n’est pas moi qui décide, malheureusement. Je vous établis un nouveau contrat ?

         Que faire, sinon accepter ? Un à-valoir sous-estimé, c’est mieux que rien... Rebelote, donc. Mais l’exemplaire contresigné ne me parvient pas plus que le précédent, et pour cause :

         — Les commerciaux s’opposent à la publication de ce livre, m’avoue Nadine, complètement mortifiée. Le conte n’est plus un genre assez vendeur, selon eux.

  Voilà comment « Le croqueur de lune » a atterri aux éditions Mijade où il fait, depuis, un bien joli score !        

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Castor tillon 02/03/2012 23:06

Régler des comptes, certes, mais également dénoncer ce que j'appellerais volontiers une radinerie indigne d'une grande maison d'édition.
C'est bien que le public soit au courant de ce genre d'injustice.

gudule 02/03/2012 11:12

J'ignore quelles sont tes sources d'information, mais quoi qu'il en soit, blanchir de l'argent sale avec de la littérature propre, c'est tout bénef, je trouve !

benoît barvin 02/03/2012 11:05

Le monde de l'édition n'est qu'un moyen - comme le cinéma - de blanchir de l'argent sale (tautologie?), via de grands pontes - ou de médiocres (la tête à totologie, bien sûr) financiers qui lisent
uniquement des chiffres. Lire des chiffres... Par la Sainte Nigodoude, je cauchemarde!

gudule 02/03/2012 09:41

On ne peut mieux dire !

Luc 02/03/2012 09:36

Le monde de l'édition a l'air fantastique !

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