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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 07:43

 

 

                               QUINZE JOURS DÉLICIEUX

        

                  Oui, délicieux, je persiste et signe. Une sorte de deuil buissonnier. Nous discutions de tout, de rien, de pas grand-chose, sans que, par un accord tacite, il soit jamais question des douleurs qui précèdent. Castor ne pratiquait pas l’apitoiement  pesant ; je l’en ai béni maintes fois. En revanche, j’eus  plus de fous-rires, pendant ce petit  break, que durant, sans doute, tout le reste de ma vie.

                  Entre deux averses, nous allions rendre visite à mes petits-enfants, Maya et Alix, qui avaient adopté d’emblée ce grand-père intérimaire  au surnom de rongeur, toujours prêt à les faire sauter sur ses genoux ou à leur jouer un air de guitare. Nous fîmes, avec eux et ma fille Mélanie, quelques mémorables balades en forêt, dans une humidité à couper au couteau, et de rares piqueniques sur les espaces verts qui agrémentaient le village.

                  Généralement chassés par l’ondée, on courait tous se réfugier au Roc café où l’aventure s’achevait devant un chocolat brûlant.

 

                  Le soir, notre tête-à-tête au coin du feu se prolongeait souvent très tard, et pour cause : à notre insu — ou pas ; se targuer d’innocence à soixante ans passés  serait du dernier grotesque —, le désir avait fait son apparition. Mais même sous la torture, ni l’un ni l’autre ne l’aurait avoué. Outre sa grande pudeur, Castor, j’imagine, ne se sentait pas le courage d’étreindre une brûlée vive. Quant à moi,  si j’avais osé un geste, un mot déplacé, j’aurais eu l’impression de profaner un cimetière. Nous nous quittions donc sur un chaste « bonne nuit » avant de gagner chacun notre chambre, un peu penauds mais la conscience en paix.

 

— Toi, tu t’es encore fait du cinéma et tu ne l’assumes pas, me grondait gentiment ma fille, le lendemain matin, en me voyant promener mes chiens, l’air déconfit.       

Du cinéma, oui, oh que oui ! Sur l’écran noir de mes nuits blanches…

 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Gudule 19/12/2013 10:43

C'est "Signé Furax", alors, qui était sur Europe n°1 ? Je vois avec plaisir que, question références, on a les mêmes !

GH 19/12/2013 00:02

La famille Duraton, c'était bien sur Radio Luxembourg. Mon père ne l'aurait manqué pour rien au monde. Et Zappy Max aussi ! Tu as de bonnes références pour ton art du feuilleton…

J^; gudule 14/11/2013 13:31

Moi aussi, moi aussi, j'écoutais La famille Duraton ( et aussi Signé Furax, et aussi Vazy Zappy avec Zappy Max !) C'est depuis ce temps là-à-à-à que j'adore les feuilletons-on on on (surtout ceux
dont les héros sont des rongeurs, mais ça, c'est perso).

Ryko 14/11/2013 12:47

Quand j'étais môme, j'écoutais "la famille Duraton" sur Radio Luxembourg (à moins que ce ne fusse Paris Inter). Ben, avec ton roman d'un rongeur, je ne perds pas au change. Et grâce à toi, je fais
du web buissonnier.

^; gudule 13/11/2013 20:43

Ce sera répété... et apprécié, à mon avis !

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