Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 07:18

 

 

                                  LA MORT QUI VIENT

                                   LA MORT QUI VA

                                   LA MORT VÉCUE

                                   LA MORT VISIBLE

                                   BOIT ET MANGE À MES DÉPENS

 

                                                             Paul Éluard                                                                                    

                                                           
                                                            (Notre mort)

 

                  S’ensuivit, pour Sylvain, une vertigineuse descente aux enfers. Ce chantre — que dis-je ? ce militant de la liberté, se retrouva, du jour au lendemain,  prisonnier des multiples contraintes liées au traitement. Médocs, visites bi-quotidiennes des infirmières à domicile,  éprouvantes séances de chimio, de radiothérapie ; opérations, anesthésies, piqûres et tout le toutime.  Bref, ayant pris en grippe ce corps qui l’avait  trahi, il lui rendit, en quelque sorte, la pareille. Lui qui était la vitalité même — santé éblouissante, force colossale, appétit d’ogre — cessa de s’alimenter et ne me toucha plus. Pour cet ex-bon vivant,  toute sensualité était devenue maudite. Il ne différenciait plus le plaisir de la douleur, rejetant l’un et l’autre comme une dégradation. J’ai lu quelque part que les victimes de tortures ressentent souvent cela, ce dégoût absolu de leur propre chair.  La dysmorphophobie, ça s’appelle, je crois…

                  Moi, en revanche, je continuais à me sentir invulnérable. Mieux : face au délitement de l’homme que j’aimais, je m’érigeais en bouclier, en citadelle. L’amour est le rempart des mères et des amantes.  Leur carapace. Leur armure. La mienne, bien qu’illusoire, me paraissait sans faille, naïve que j’étais.

                     

Partager cet article

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article

commentaires

; gudule 05/11/2013 16:48

Ouaip, ça me va, comme métaphore.

Pata 05/11/2013 16:32

Un paravent vivant pour lutter contre l'arrivée de la mort...

; gudule 05/11/2013 14:37

Ben non : "virtuel, c'est juste qu'il passe par un autre sens que le toucher. "Illusoire", c'est quand même un peu à côté de la plaque, hein. merci pour ce câlin virtuel (mais pas du tout
illusoire), Tororo !

Tororo 05/11/2013 14:11

Rien à ajouter de plus qu'un gros câlin virtuel. Virtuel, c'est une autre façon de dire illusoire, mais quand même.

; gudule 05/11/2013 10:11

Pas sûr, mais en l'occurrence, je ne suis pas objective vu que j'ai jamais été ni père ni amant.
J'adore ton "gisement de ténacité".

Qui Suis-Je ?

  • : Le blog de Gudule
  • Le blog de Gudule
  • : Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.
  • Contact

Ma bio et ma bibliographie...

Recherche

Archives

Catégories