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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:31

 

 

                                                 LA BRODEUSE DE CENDRES

 

         Parfois, je me demandais :

         « Comment sera le village quand j’aurai disparu ? »

         Nous sommes sans doute nombreux à nous être posé la question ; nombreux à avoir arpenté ces rues siècle après siècle, et à leur donner vie avant de céder la place aux suivants. En promenant les chiens le long des remparts, je ne pouvais m’empêcher d’y penser à chaque fois.

         « Y  aura-t-il toujours, à la terrasse du Roc café, ces joyeuses tablées du matin — Jean, Marcel, Pascal, Colette, Bobo, Bridget, Ghislain, Constant, François… — , partageant la brioche conviviale au soleil ?  Et, à l’heure de l’apéro, ces petits groupes de touristes devisant à voix basse, assis face au couchant ? »

         Et ceux que j’aime tant, grands et petits, petits devenus grands, où seront-ils ? C’est, je crois, l’une des certitudes les plus troublantes qui soit ; celle que le manège va continuer à tourner sans nous. Et en même temps, quand on y réfléchit, quel réconfort ! S’endormir au milieu du film sans avoir besoin d’appuyer sur « pause ». Ne plus avoir peur de perdre le fil de l’intrigue. Juste se laisser glisser paisiblement dans le sommeil sans perturber le spectacle ni déranger les spectateurs.

 

         Dans mon roman « La brodeuse de Cendres », j’avais fait de ce village l’un des multiples décors de l’Au-delà, où se poursuivaient pour l’éternité les activités quotidiennes d’un petit groupe humain, en tout point similaire au nôtre. Attrayante idée, ma foi. Aussi attrayante que la main de Castor enveloppant la mienne jusqu’au bout du chemin, ou que Sylvain, hantant à jamais sa galerie, sous le regard  bienveillant de Julia.

 

                                                                FIN

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Gudule 09/01/2014 20:43

Mais tu es toute jeune !

Marie 09/01/2014 20:25

Oui, en effet. Perso, je suis du bel été 59 !!!

Gudule 09/01/2014 20:22

Merci, Marie. Que nous ayons quelques idées communes, ce n'est pas vraiment étonnant : nous devons être de la même génération, et avoir subi des influences communes. Sinon, effectivement, devenir
centenaire devant un bon verre de rouge, la clope au bec,et avec un charmant vieillard penché sur notre épaule et qui nous fait des petits bisous dans le cou, pourquoi pas ? Mais c'est rarement le
cas, hélas. La vie est injuste.

Marie 09/01/2014 19:36

Une écriture alerte, sincère, qui fait du bien : j'ai tout lu d'une traite ... J'ai été toute étonnée d'une traite, devrais-je dire : nous avons quelques vécus et sentiments communs, chère Gudule,
dont je n'aurais pas pensé trouver ici l'inventaire !
Devenir centenaire, perso, je veux bien si je peux continuer à vivre vraiment. Mais faudrait d'abord que j'arrête de fumer. Puis d'aimer le Bordeaux -avec modération, ça va de soi-. Et de croquer
du chocolat. Et ... Et alors surtout ça paraît bien long, d'un coup, toutes années d'abstinence ... :-))

Gudule 08/01/2014 08:26

Bah, pour moi, l'éternité n'est autre chose que la mémoire de ceux qu'on a connus et aimés. Tant qu'on y demeure vivants, on existe. C'était, je crois, le thème du "Huis clos" de Jean-Paul Sartres.
C'est également celui de"La brodeuse de Cendres" (Hou, la copieuse !)

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