Partager l'article ! MÉMÉ GEORGETTE 7: ...
P’TIT GIBUS EN CABANE
— Vu comment la France devient totalitaire, la police déboulera bientôt dans les crêches, grogne mémé Georgette. On foutra les lardons en taule pour vol de hochet ou de Pampers...
— Pourquoi tu dis ça, mémé ?
— Il y a encore quelques années, pour se retrouver en garde à vue, il fallait avoir commis un délit, et, au minimum, être majeur.
— Je suppose que tu fais allusion à la fille de 14 ans que les flics ont emmenée au poste en pyjama...
— … pour une chamaillerie de gamins devant le collège, oui. Ils lui ont mis le grappin dessus au réveil, comme on le fait pour les criminels. Dix heures de garde à vue. La pauvre môme n’a rien dû comprendre à ce qui lui arrivait. Pas plus que ses deux copines, d’ailleurs, interpellées en plein cours avec l’aval du proviseur.
— D’autant qu’apparemment, elles avaient juste séparé une nana et son copain qui se tapaient dessus.
— Et quand bien même elles auraient participé à la bagarre, qu’est-ce que ça changerait ? On vit une époque où la violence est partout, à outrance : dans les journaux, au cinéma, sur les écrans de télé, dans les jeux vidéos, dans les commissariats (!). On nous la sert à toutes les sauces, sans discernement, sans pudeur, et tout le monde trouve ça normal. Mais si des prédos se foutent sur la gueule, les flics les embarquent. Quand la folie répressive en arrive là, pas de raison qu’elle s’arrête en si bon chemin.
— Ah, d’accord, je vois où tu veux en venir avec ton vol de Pampers. Tu ne trouves pas que t’exagères ?
— Peut-être... Mais juste une question : comment, d’après toi, réagiraient les autorités si « La guerre des boutons » avait lieu aujourd’hui ?
— P’tit Gibus se retrouverait en cabane, ça, c’est sûr !
—Voilà, t’as tout compris...