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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 09:27

 

 

                                   SUR DES CHARBONS ARDENTS

 

Neuf heures. Amir émerge, retire ses boules Quiès. (« Autant que l'un de nous deux passe des nuits correctes », a-t-il dit à Rose, en inaugurant cette nouvelle "stratégie du silence" qu'il pratiquera, toute sa vie durant.) Rose a approuvé avec bienveillance : il vient de reprendre les concerts au Saint-Georges et se couche fort tard. Faut donc qu'il récupère. En plus, ça servirait à quoi qu'il dorme mal ? Il ne peut tout de même pas donner le sein à sa place !

— Omane est à la clinique, lui annonce-t-elle.

Il bondit :

— Depuis quand ?

Cette nuit.

Ça devrait être fini, alors.

— Pas sûr. Pour un premier enfant, c'est quelquefois très long. Moi, avec Grégoire, j'ai mis une vingtaine d'heures.

         — Vingt heures ? s'effare Amir. Vingt heures à souffrir le martyre ?

Flattée, Rose sourit.

Ce n'était pas le pire.

Ah ? C'était quoi, alors ?

Tu n'étais pas près de moi.

 

                                                *

 

La matinée se passe à guetter le retour de Rachad.

— Qu'est-ce qu'il fiche, bon sang, qu'est-ce qu'il fiche ? s'énerve Amir.

Si on téléphonait ? suggère Rose.

Bonne idée, tu as le numéro de la clinique ?

 Sur la facture, dans le tiroir du buffet.

Il appelle, tandis qu'elle prépare le déjeuner de Grégoire. Parlemente quelques minutes. Puis revient, l'air préoccupé.

Les choses ne se passent pas très bien, apparemment.

Comment ça, pas très bien ?

— La standardiste ne m'a pas donné de détails, mais j'ai bien senti qu'il y avait un problème.

Il se mord les lèvres.

On devrait peut-être y aller ?

—Avec les deux petits ? Ce ne serait pas raisonnable… Non, vas-y, toi, et avertis-moi dès que tu en sauras plus.

 

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Published by Gudule - dans Mezzé
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Castor tillon 23/01/2014 11:20

J'ai connu une standardiste qui avait souvent des pharyngites, et allait bosser même quand elle était aphone (véridique). Du coup, elle passait ses journées à se faire copieusement engueuler et
insulter sans pouvoir répliquer. Le plus drôle, c'était quand elle n'avait qu'un petit filet de voix, extrêmement ténu et suraigu. Les correspondants croyaient qu'elle se payait leur tête, et se
déchaînaient.

Pata 23/01/2014 05:31

Aussi contradictoire que cela puisse paraitre, quand la standardiste reste sans voix, c'est que l'accouchement est à son inverse : pas standard. Et un peu inquiétant aussi !

Gudule 22/01/2014 19:22

Bof, n'aie pas de regrets : on éprouve tous ça, à un moment ou à un autre !

Annie GH 22/01/2014 16:45

Je regrette mon premier commentaire, inutilement misanthrope

Annie GH 22/01/2014 16:44

Ryko, silencieux ? On s'inquiéterait !

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