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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 00:02

 

 

                                             L’ACCIDENT

                                  

La récolte s'avère, au sens propre du terme, prodigieuse.

Je ne pourrai jamais manger tout ça, proteste Rose, effarée.

Et nous, on compte pour du beurre ? la taquine Rachad.

Contrairement à elle, il adore les oursins. Amir et Omane aussi. Comme accompagnement des samboussèks, ce sera parfait.

Un heure plus tard, rassasiés et même bien au-delà, ils digèrent, allongés à même la roche, lorsque des hurlements stridents leur parviennent.

Grégoire ! bondit Rose, brutalement arrachée à sa béatitude.

Elle saute sur ses pieds, le cherche des yeux.

—Grégoire, où es-tu ?

Amir a été plus prompt qu'elle. En trois enjambées, il a rejoint l'enfant qui jouait quelques mètres plus loin, et le ramène dans ses bras.

Sur la petite jambe, une longue estafilade qui saigne abondamment…

Mon Dieu, il s'est blessé, s'étrangle Rose. Donne-le moi !

Devant l'émoi de sa mère, Grégoire beugle de plus belle. Éperdue, elle le berce en retenant ses larmes.

—Mon bichon… Mon pauvre chéri… C'est tout, c'est tout, calme-toi. Montre-moi ton bobo.

— Prends une serviette pour arrêter l'hemorragie,  intervient Omane.

— Nan ! trépigne Grégoire en se débattant comme un beau diable.

En vain sa mère tente-t-elle d'éponger la plaie.

— Je… je n'y arrive pas, finit-elle par souffler. En plus, je lui fais mal.Tiens-toi tranquille, Grégoire, nom d'un chien ! Comment veux-tu que je te soigne ?

La sentant à cran, Amir intervient :

—Laisse, je m'en charge. On va se débrouiller entre hommes, hein, fiston!

Il sépare doucement la mère de l'enfant et emporte ce dernier tandis qu'Omane entraîne sa belle-sœur.

—Mais, c'est à moi de m'occuper de mon fils, se défend celle-ci d'une voix rauque.

— Tttttt, tu es bien trop impressionnable. Tu lui communiques ton angoisse. Aie confiance dans ton mari : je le connais, il va arranger ça en un tournemain.

Pas si sûr. En dépit des exhortations apaisantes d'Amir — « Allons, allons, ce n'est rien du tout. Juste une égratignure. Un grand garçon comme toi ne pleure pas pour si peu ! » —, les cris de Grégoire redoublent.

Je vais lui filer un coup de main, s'empresse Rachad.

L'instant d'après, il réapparaît.

Je crois qu'il vaudrait mieux l'emmener à l'hôpital.

Au mot "hôpital", Rose blêmit :

C'est… c'est vraiment nécessaire ?

— A mon avis, oui. Il va avoir besoin de deux ou trois points de suture. L'entaille est très profonde.

— Il a dû glisser sur une roche coupante, commente Omane. Ce sont de vraies lames de rasoir, par endroit.

C'est ma faute, s'effondre Rose. J'aurais dû le surveiller.

Arrête, c'est notre faute à tous !

Le retour s'effectue dans une ambiance fébrile. Abandonnant le matériel sur place, les deux couples escaladent à la hâte les rochers, Amir en tête, portant son fils.

Où y a-t-il un hôpital ? halète Rose.

Bien que dopée à l'adrénaline, elle est si peu encline à ce genre d'exercice que ses forces la trahissent.

— À Jounieh, répond Omane. La clinique où j'ai fait mes examens.

Pourvu qu'ils aient un médecin de garde, espère Rachad.

Ça, malheureusement, rien n'est moins sûr.

 

                                                            

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Gudule 04/01/2014 20:25

Merci, Pata ! Mais c'est vrai qu'ils sont intenables, ces deux-là. ON NE PÈTE PAS DANS MON BLOG ! ON NE REND PAS NON PLUS. On a juste le droit de raconter des conneries, et encore. Prenez exemple
sur les nanas, nom de bleu !

Pata 04/01/2014 19:35

Hé ben, du sang et décents ça ne va pas ensemble, ça explique peut-être les cochoncetés de Ryko et du Castor !!!

N'empêche, bien écrit ce chapitre, où tu nous démontres que le drame peut s'immiscer bien vite sous des flots de soleil...

Gudule 04/01/2014 18:43

Alors là, très délicat ! Allez faire vos cochoncetés ailleurs que sur mon blog, messieurs, je vous prie !

Castor tillon 04/01/2014 18:40

@ Ryko : c'est un pété pour un rendu ?

Gudule 04/01/2014 16:27

Bon, moi non plus, et renseignements pris chez Castor, y en a pas, de contrepèterie. Ces hommes sont terribles : ils nous habituent à un truc, puis ils reprennent leurs billes sans crier gare et
nous laissent le bec dans l'eau.

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