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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 08:59

 

 

                                             VIRÉE EN VILLE

 

Fin septembre.

— Je descends à Beyrouth, annonce Amir un beau matin. On a rendez-vous avec l'orchestre pour un nouveau contrat à l'hôtel Saint-Georges.

Rose, qui rêvassait dans son hamac, saute sur ses pieds.

— Je vais avec toi : ça fait une éternité que je ne suis pas passée au journal, ils doivent se demander ce que je deviens. Et puis… il faudrait quand même que j'aille voir mon oncle et ma tante.

Pfff, pour ce qu'ils s'intéressent à toi.

—Oh, de son côté à lui, pas de problème.  C'est elle… Mais bon, j'ai pitié d'eux : il y a si longtemps qu'ils n'ont pas vu Grégoire.

Sa grossesse l'emplit de mansuétude à l'égard de l'humanité tout entière, Zénab comprise.

— Grouille-toi, alors, conclut Amir en consultant sa montre. On part dans cinq minutes.

OK, boss.

Rose se rue sur son fils, le change à toute vitesse, se recoiffe, empoigne son sac… non sans trébucher une demi-douzaine de fois dans l'ourlet de sa robe.

— Faudrait que je la raccourcisse, grogne-t-elle, en installant Grégoire à l'arrière de la voiture. Je vais finir par me casser la figure, maladroite comme je suis.

Elle prend place à son tour.

— Mais j'ai peur que ça laisse une marque dans le tissu.

Bien loin de ces considérations pratiques — et éminemment féminines —, Amir démarre.

Tu en auras pour longtemps ? s'enquiert Rose.

— Je ne sais pas exactement. Le directeur du Saint-Georges nous invite à bouffer. Le temps de discuter, on devrait avoir fini vers trois heures et demie-quatre heures, je suppose.

— Ce sera parfait pour moi. Je grignoterai un morceau près du journal et j'irai prendre le café rue Abdel-Wahab. On se retrouve à quatre heures et demie chez mon oncle ?

— D'accord, mais je te préviens, je n'entre pas. Je me gare devant chez lui et je t'attends dans la voiture. Tâche d'être exacte.

— Promis-juré. De toute façon, je ne compte pas m'attarder : au bout d'un moment, Grégoire devient pénible.

Sentant qu'on parle de lui, le petit garçon se manifeste :

— Veux gâteau !

Rose plonge dans son sac, en sort un petit-beurre qu'elle lui tend, tout en remarquant :

Tu vois, il commence déjà.

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Gudule 11/01/2014 11:03

On a dû avoir un peu les mêmes expériences alimentaires...

GH 10/01/2014 23:53

Les p'tits beurres, c'est éternel et universel… Enfin, c'est ce que je crois après l'avoir vérifié sur trois générations…
Généralisation très empirique et très subjective, j'en conviens, mais je suis en retraite et ça m'en donne le droit !

Gudule 10/01/2014 21:23

Hi hi !

Pata 10/01/2014 19:44

Avec sa robe longue, elle a tout d'une gitane malice, de quoi faire un tabac !

Gudule 10/01/2014 02:45

Le problème, c'est que les nenfants, ils veulent TOUJOURS des gâteaux !

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