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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 12:30

         Perrault a écrit, dans le texte original de Cendrillon (mon livre de référence date de 1838) : Sa marraine ne fit que la toucher avec sa baguette, et en même temps, ses habits furent changés en des habits de drap d’or et d’argent, tout chamarrés de pierreries ; elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. C’est fort gracieusement décrit, et tout à fait explicite. Malheureusement, en 1863, Littré publie son dictionnaire, et que peut-on y lire ? Que Cendrillon portait une pantoufle de vair — le vair étant de la fourrure d’écureuil gris. Autant dire une paire de charentaises ! Pour aller au bal, franchement, ça la fout mal. Quelle fée digne de ce nom aurait commis une telle faute de goût ?

         Ils s’y sont mis à deux, avec Balzac, pour trouver cette connerie, prétextant qu’il est difficile de marcher avec des pantoufles de verre (!) Encore heureux qu’il n’aient pas, ces gros balourds, changé la robe couleur de temps de « Peau d’âne » en robe couleur de taon (pour la vraisemblance, n’est-ce pas ! Le temps n’a pas de couleur !), ni le « Chat botté » en « Shah botté » !

         Bon, tout cela, en soi, n’est pas bien grave. Ce qui l’est plus, en revanche, c’est l’obstination que mettent, encore aujourd’hui, les correcteurs a transformer systématiquement la ravissante « pantoufle de verre » du grand Perrault en une ridicule et ignoble « pantoufle de vair ». Toutes les versions modernes reprennent ce pataquès comme un seul homme, qu’il s’agisse d’une ixième adaptation du conte ou d’une simple allusion, dans un roman contemporain.

         Oh, les correcteurs, vous n’avez donc aucun sens de la féerie ? Quand donc rendrez-vous justice à Charles Perrault, au lieu de vous conformer obstinément aux stupidités de ses détracteurs ? Faudra-t-il, pour éviter à Cendrillon l’outrage vestimentaire qui la poursuit depuis près de cent-cinquante ans, que sa « pantoufle de verre » devienne définitivement une « pantoufle de cristal » ? 

      Juste pour le plaisir, voici l’opinion de Bruno Bettelheim sur la question, dans sa « Psychanalyse des contes de fées » : La pantoufle de verre est celle qui laisse voir le pied qui est dedans (...) Elle est aussi serrée que le vagin d’une vierge et les prétendantes se mutilent le pied pour essayer d’y entrer. La pantoufle de verre comme symbole de la virginité de Cendrillon... Avec une pantoufle de fourrure, le symbole deviendrait carrément obscène ! Aucun correcteur n’avait pensé à ça !

 Soulier Cendrillon 650

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 16:36

 La classe de CM2 de l'école française André Malraux (Burkina Faso) a réalisé un merveilleux court-métrage, d'après mon livre "Gare à la poupée Zarbie" paru il y a deux ans aux éditions Mic-Mac. Ce court métrage a obtenu de nombreux prix, en Afrique et en France. Je vous invite à le regarder, ça en vaut la peine ! 


 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 10:17

                                                VOCABULAIRE

 

         — Tu as remarqué ce phénomène bizarre ? dit mémé Georgette. La presse lance des modes que les politiques reprennent généralement en chœur. On n’entend plus que ça et c’est très irritant.

         — Quel genre de modes ?

         — Linguistiques. Il y a quelques années, tout le monde « tirait les conséquences », ce qui est une faute de français notoire. On ne tire pas les conséquences, on tire les conclusions. En revanche, on subit les conséquences, ou on les supporte. Mais ça ne loupait pas : les ministres, les députés, les journalistes, les avocats, bref tous les gens qui prenaient la parole en public « tiraient les conséquences » comme un seul homme. Et puis, ça s’est calmé. 

         — Ah, ouais, je m’en souviens. Avant, c’était « au niveau de » qui revenait à tout bout de champ.

         — Oh, ça, c’est vieux ! Depuis, tu as eu « revoir leur copie » qui a été mis à toutes les sauces, « vrai-faux », « instrumentaliser » — un grand favori — et le plus insupportable de tous, à mon avis : « tacler ». Tout le monde taclait tout le monde pour un oui pour un non...

         — Attends, attends, je vais en trouver d’autres !

         — Arrête ! S’il fallait répertorier tous les tics de langage qui ont fleuri durant ces dix dernières années, on en aurait jusqu’à ce soir. Toujours est-il qu’en ce moment, le terme à la mode, c’est « déraper » et « dérapage ».

         — Exact !

         — Dès que quelqu’un dit un truc qui déplaît, soit aux médias, soit aux politiques, il « dérape ». La dernière en date, c’est Viviane Reding, la Commissaire européenne à la Justice. Tout ce que François Fillon a trouvé à répondre à ses accusations, d’ailleurs parfaitement justifiées, concernant l’expulsion des Roms qu’elle qualifie de « scandale sans précédent depuis les deuxième guerre mondiale », c’est « Oh, l’autr’ ! Elle a dérapé ! ».

         — Fastoche !

         — Comme tu dis ! Une réaction de cour de récré, et qui évite d’argumenter. Argumente-t-on contre quelqu’un qui a « dérapé » ? Non, bien sûr ! Le mot se suffit à lui-même. Il est à la fois méprisant, péremptoire, réducteur et inapproprié. Et il fait passer pour une maladresse un discours souvent fondé et mûrement réfléchi.

         — C’est vrai, j’y avais pas pensé.

         — Le mot « déraper », si tu veux mon avis, c’est un petit pas dans le vocabulaire, mais un grand pas vers la connerie ! 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 13:37

Quand je pense qu'aujourd'hui, fumer est transgressif ! Triste époque de bien-pensance...


fumeurs

 

 

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 15:46

Je serai les 2 et 3 octobre au salon de Gaillac (Tarn)

           les 16 et 17 octobre à Scientilivre, le salon de Labège (près de Toulouse)

           les 4 et 5 décembre, au salon de Montreuil, sur le stand des éditions Mic-Mac où je présenterai, en autres, deux nouveaux albums : "Le gondolier des Ténèbres et autres contes frissonnants", merveilleusement illustré par Xavier Collette (http://coliandre.blogspot.com/), et "La princesse qui rêvait tout le temps et autres contes de fées", avec de fort jolies illustrations d'Amélie Thiébaud, dont vous avez un avant-goût sur la couverture ci-dessous.

1

 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 12:26

 

                         MAUVAIS SCÉNAR (BIS)

 

         — Comprends de moins en moins, moi, ronchonne mémé Georgette.

         — Qu’est-ce qui se passe, mémé ?

         — Voilà ce que je lis ce matin sur le Net, à propos d’une perquisition au siège de l’UMP, dans le cadre de l’affaire Wœrth-de Maistre : « Les enquêteurs agissaient dans le cadre d'une des enquêtes préliminaires menées par le procureur de Nanterre Philippe Courroye. Selon Paris Match, ils étaient à la recherche d'une éventuelle trace de réception de la fameuse lettre datée du 12 mars 2007, adressée par Eric Woerth à Nicolas Sarkozy. C'est dans ce courrier que le trésorier de l’UMP demandait l'attribution de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Courrier dont il a fini par reconnaître l’existence la semaine dernière. »

         — Oui, et alors ?

         — Ben, cette lettre, les enquêteurs l’ont retrouvée, n’est-ce pas ?

         — Il semblerait.

         — Dans les bureaux du ministère de l’intérieur, apparemment.

         — C’est ce que dit la presse, en tout cas.

         — Alors, quel besoin ont-ils d’avoir une « trace de réception » ? Et pourquoi au siège de l’UMP ? N’a-t-elle pas été envoyée à Nicolas Sarkozy, place Beauveau ? Qu’est-ce que le siège de l’UMP a à voir là-dedans, et comment pourrait-on y trouver une « trace de réception » ? Dans le journal intime de la standardiste, peut-être ?

         — Euh...

         — Non, plus j’y réfléchis, plus je me dis que tout ça ne tient pas debout. Ou la brigade financière cherche autre chose de plus compromettant et cette « trace » n’est qu’un prétexte pour noyer le poisson, ou la perquisition est complètement bidon, et ne sert qu’à endormir le public en lui disant : « Voyez comme on est consciencieux : on fouille même dans les petits papiers de l’UMP ! »

         — Il y a une troisième solution.

         — Laquelle ?

         — Que le scénariste soit encore plus mauvais que prévu, et raconte vraiment n’importe quoi.

         — Autant pour moi, chérie. Tu as sûrement raison ! 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 17:10

Encore une nouveauté : aux éditions Lito, "Dix contes de princesses et de chevaliers". Si vous voulez voir les images, rendez-vous sur le blog de Princesse Camcam, qui l'a très joliment illustré et que je remercie au passage. 

http://www.princessecamcam.fr/blog/

9782244417783

Par ailleurs, "Un lutin à l'école" vient de sortir en Belgique, aux éditions Mijade.(Je ne vous mets pas la couverture, que vous trouverez sur le site de l'éditeur, mais le dessin de présentation du personnage).

Pim

Deux rééditions, également : "Le château des chiens perdus", chez Hachette, en livre de poche, et "La nouille vivante", adorablement illustré par Claude K. Dubois, qui ressort chez Nathan dans un collectif intitulé : "Toutes mes histoires pour rire".

Toutes-mes-histoires-pour-rire-(petit)

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 10:23

                                   

 

         AH, LES P’TITES FEMMES, LES P’TITES FEMMES DE THÉHÉRAN !

 

         — Qu’est-ce que t’as, mémé ?

         — Pas dormi.

         — Pourquoi ?

         — Je pensais à Sakineh.

         — La femme que les autorité iraniennes veulent lapider ?

         — Elle-même, oui. Et toutes celles qu’on bafoue, exécute, défigure, immole, au nom de Dieu...

         — Houlà !

         — Comme tu dis. Je me demande d’ailleurs si les religions n’ont pas été inventées dans ce but exclusif : légitimer les attitudes sadiques envers les femmes. Sacraliser les plus ignobles instincts virils en leur donnant un alibi divin.

         — Comme tu y vas, mémé ! Y a pas que les mecs qui sont pieux, les femmes aussi. Regarde les grenouilles de bénitier !

         — Oui, c’est bien ça le plus curieux : cette adhésion aveugle à son propre malheur. Cette complaisance typiquement féminine qui consiste à s’agenouiller devant le bourreau plutôt que de lui cracher sur les pompes. Et ce au détriment de toute solidarité avec ses sœurs souffrantes... Remarque, on ne peut pas leur en vouloir, c’est une question de survie. Quand tu vois le sort réservé aux insoumises !

         — Dis donc, tu serais pas en train de nous ressasser de vieilles rengaines féministes, toi ?

         — Antireligieuses, plutôt, mais ça revient au même. T’as le choix entre les vierges sacrifiées dans l’Antiquité, les chasses aux sorcières de l’Inquisition, les petites filles excisées en Afrique et dans les pays arabes, les veuves brûlées en Inde, et aujourd’hui, ces femmes détenues dans les prison de l’Islam, auxquelles on extorque des aveux sous la torture et qu’on exécute au nom d’une justice qui n’est qu’une pulsion sexuelle camouflée...

         — Tu crois qu’ils prennent leur pied quand ils lapident ?

         — J’en suis convaincue ! Le but du jeu est là : jouir du martyre d’autrui en gardant les mains propres, puisque l’ignominie se pratique en public et pour la « bonne » cause... Ce n’est pas nouveau, d’ailleurs : jadis, le peuple dansait devant les gibets et les bûchers. Et plus la condamnée était jeune, belle, désirable, plus l’orgasme collectif était intense. Chaque spectateur, en transe, avait le sentiment de la posséder comme jamais il n’avait possédé une partenaire...

         — Eh, ho, tu charries, là : y avait des hommes, tout de même, parmi les victimes !

         — Ouais, des pédés, des intellectuels, des renégats ; la stygmatisation du « non conforme », quoi !  Un plaisir plus cérébral, sans doute, moins folichon, mais qui confortait les mâles dominants dans leur autovolupté de caste... Ils auraient préféré une jolie poulette, c’est sûr, mais couler du plomb fondu dans le cul d’un homo, ça devait également pas mal les titiller. Ou arracher la langue de l’audacieux qui osait mettre en doute le dogme tout-puissant. Ou émasculer l’amant d’une femme mariée que l’on venait de d’écorcher vive sous ses yeux... Sans quoi, pourquoi auraient-ils inventé des supplices aussi raffinés, aussi pervers, et aussi hideusement symboliques ? 

         — Putain, mémé, tu me donnes froid dans le dos !

         — Crois-moi, ma chérie, les religions, quelles qu’elles soient, sont à fuir comme la peste. C'est ce que le genre humain a inventé de pire pour satisfaire sa soif de sang...

         — Il y en a des bonnes, quand même !

         — Que dalle ! Elles sont toutes à mettre dans le même sac. Et ne t’avise jamais de prêter l’oreille à leurs prêchis-prêchas, sinon...

         — Sinon ?

         — T’auras une bonne raclée ! 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 14:38

  

                                         MAUVAIS SCÉNAR

 

         — Tu sais que je suis une grande lectrice de polars, dit mémé Georgette.

         — Ben oui, mémé. T’en écris même à l’occasion, si je ne m’abuse...

         ­— En conséquence, les détails suspects n’échappent pas à mon œil acéré.

         — Logique !

         — Alors, j’aimerais qu’on m’explique une chose : il semblerait qu’hier, vendredi 3 septembre, la police ait découvert deux lettres compromettantes écrites par Patrice de Maistre à Eric Woerth. La première, datée de juin 2007, est un mot manuscrit dans lequel — je cite — l’homme d’affaire « remercie » le ministre du budget, qu’il appelle « cher Eric », de son soutien pour l’obtention de sa médaille. La deuxième lettre, tapée à la machine, date de l’automne 2007. Patrice de Maistre y remercie le ministre de lui avoir obtenu la légion d’honneur et lui demande de lui décerner la récompense.

         — Ce qui prouve bien qu’Eric Woerth a menti quand il a prétendu, d’abord ne pas connaître Patrice de Maistre, et ensuite n’être pour rien dans sa légion d’honneur...

         — Certes, mais quelque chose m’intrigue, quand même, dans cette histoire.

         — Quoi ?

         — Comment se fait-il que ces deux courriers ait été — selon le JDD — saisis dans le bureau de Patrice de Maistre, et pas dans celui d’Eric Woerth ?

         — C’est vrai, ça ! C’est chez le destinataire qu’on aurait dû les retrouver, pas chez l’expéditeur !

         — Il est donc légitime de se demander ce qu’elles foutaient là.         

         — Peut-être que Patrice de Maistre s’est ravisé au dernier moment, et ne les a pas envoyées ? 

         — Dans ce cas, pourquoi les a-t-il gardées au lieu de les jeter à la poubelle ?

         — Ou alors, ce sont des brouillons... des photocopies... À moins que le ministre les lui ait rendues, comme les amoureux se rendent mutuellement leurs lettres, quand ils rompent... 

         — Mouais... Si tu veux mon avis, toutes ces hypothèses ne tiennent pas la route. Dans un bon polar, ça ne passerait pas. Remarque, un truc similaire m’avait déjà interpellée, il y a quelques jours. L’Express — et tous les autres médias qui ont repris l’info par la suite — nous annonçaient qu’une lettre envoyée par Eric Woerth à Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, pour appuyer la candidature de Patrice de Maistre, avait été retrouvée « lors d’une perquisition ». Une perquisition où ? Au domicile du président ? Ç’aurait été normal, puisque ce courrier lui était adressé en nom propre. Ou alors, place Beauveau, dans son ex-bureau ? C’est marrant, quand même, toutes ces lettres perso qui traînent un peu partout, mais jamais chez la bonne personne...

         — Là, mémé, je t’arrête tout de suite : cette lettre n’était pas perso, mais professionnelle. Sarkozy a dû la ranger dans le dossier des légions d’honneur, tout simplement !

         —Possible... Mais tu veux que je te dise le fond de ma pensée ? Ce gouvernement est en-dessous de tout. Tant qu’à nous tenir en haleine avec un  feuilleton palpitant, qu’au moins il soit correctement ficelé ! Qu’ils embauchent un bon scénariste !

         — Toi,  par exemple ?

         — Pourquoi pas ? Ministre des « enquêtes non vasouillardes », ça me plairait bien... Faudrait suggérer ça au prochain gouvernement de gauche !

 

 

 

 

 

 

 

 

                          

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 11:22

Encore deux autres livres chez "Lire c'est partir" :

- "Des nouilles pour Noël ?", deux histoires rigolotes pour les fêtes de fin d'année, à destination des 7-9 ans

- "Les aventures d'Autorouteman", ou comment survivre dans une tribu de lapins quand on est tombé de la voiture de ses parents, sur l'autoroute des vacances. Pour les lecteurs aventureux à partir de 9 ans.


 COUV-4EME AUTOROUTEMANCOUV.4E. NOUILLES A NOEL

 

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