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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 07:15

 

 

                                   LES SENTIMENTS (SUITE)

 

           La nuit suivante :

R… Rose…

Réveillée en sursaut, Rose se redresse sur le coude.

Oui ?

Pas de réponse.

Mona, tu m'as appelée ?

Dans le noir monte une respiration régulière.

« J'ai des hallucinations », pense Rose en refermant les yeux.

Mais un instant après :

R… Rose…

« Ça alors, Mona parle en dormant. Elle doit rêver de moi, je suppose. »

Amusée, elle tend l'oreille.

— Rose… je… je t'aime…

« Quoi ? sursaute Rose, qui croit avoir mal entendu. Qu'est-ce qu'elle raconte ? »

Mais l'étrange aveu ne se renouvelle pas. Et Rose se rendort sur sa perplexité.

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 07:33

 

                          LES SENTIMENTS

 

 

— Tout de même, remarque Mona, ton mari ne s'inquiète pas beaucoup de ton sort.

Sensible à ce qu'elle perçoit comme une critique (or, nul autre qu'elle n'a le droit de critiquer SON Amir !), Rose réagit au quart de tour :

— Pourquoi s'inquiéterait-il ? Il sait que je suis capable de me débrouiller sans lui.

— Il n'a pas peur que quelqu'un profite de son absence pour lui piquer sa petite femme ?

Bien sûr que non, voyons, quelle idée !

Mona se mord les lèvres.

— Les sentiments ne se commandent pas toujours : imagine que tu rencontres quelqu'un qui t'apporte plus que lui…

Elle a un drôle de regard. Intense et fuyant à la fois.

— Ça, aucun couple n'est à l'abri, admet Rose, conciliante. Mais bon, on ne peut pas vraiment dire que je fréquente beaucoup d'hommes, depuis son départ. 

Des hommes, non, souffle Mona. Mais…

   Intriguée par ce "mais" resté en suspens, Rose fronce les sourcils.

Mais quoi ?

Oh, rien, je disais ça comme ça…

 

 

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 03:01

 

 

                          LA LETTRE D’AMIR      

 

La première lettre d'Amir arrive trois semaines plus tard.

­— Ce n'est pas trop tôt ! s'écrie Rose qui, de son côté, en a déjà écrit plusieurs sans savoir où les adresser. 

         Elle déchire fébrilement l'enveloppe. Celle-ci, outre quelques mots rédigés à la hâte : « Tout va bien, la Belgique nous fait un triomphe, je pense à toi et aux enfants, je t'aime », contient un article de journal titré : Gabriel Askar, une voix qui nous vient du Levant. Le journaliste compare le chanteur libanais à Richard Anthony, mentionnant, à l'appui, l'une des chansons de Rose (la moins bonne, râle-t-elle), intitulée (c'est de circonstance) : Reviens-moi. Et de conclure sur cette question existentielle : « Sera-ce le tube de demain ? »

— C'est bien joli, tout ça, grogne Rose, frustrée. Mais j'aurais préféré qu'il m'envoie un courrier un peu plus… personnel.

Elle s'empresse néanmoins de le féliciter dans une longue missive qu'elle expédie, avec les précédentes, à l'Hôtel des Princes-évêques de Liège, d'où le groupe rayonne en province, jusqu'aux frontières allemano- luxembourgeoise.

 

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 05:55

 

 

                                 MARY POPPINS

 

         Ainsi, peu à peu, sans s'en rendre compte, Rose finit-elle par laisser la quadragénaire décider de tout à sa place.

        — Écris, je me charge du reste, lui répète celle-ci à longueur de journée.

La tentation est grande ; Rose n'y résiste pas, et, insensiblement, se retrouve prise au piège.

Mais peut-on réellement parler de "piège" ? Durant cette période sans Amir qui devrait figurer parmi les plus pénibles de son existence, elle découvre, ô merveille, les joies de la dépendance. Elle qui redoutait tant la solitude est entourée comme jamais.Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on se préoccupe d'elle, on flatte ses penchants, on la materne. On lui épargne la moindre corvée. On l'encourage à ne faire que ce qu'elle aime…Quoi d'étonnant à ce que, dans ce contexte idéal, son désir d'écrire prenne le pas sur la prudence ? 

Je commence un roman, décrète-t-elle un beau matin.

Bravo ! Tu sais déjà ce que tu vas raconter ?

— Oh, ce ne sont pas les idées qui manquent. Je n'ai que l'embarras du choix.

Mais encore ?

— Ben… en gros, je voudrais me servir de ma propre expérience : une très jeune fille mal dans sa peau se laisse séduire par un vieil artiste et tombe enceinte…

 C'est autobiographique, alors ?

— Au début seulement. Après, l'histoire vire au fantastique. Derrière le masque jovial de l'homme se cache une entité effroyable qu’on va découvrir peu à peu, tu vois ? La face obscure d'un être révélée progressivement, au fil du quotidien… Mais je ne t'en dis pas plus, tu découvriras la suite en temps et en heure. 

— Ça a l'air passionnant, en tout cas. Je veillerai à ce que rien ni personne ne te dérange.

  Mona tient parole : la maison Tadros devient une tour d'ivoire. Rose apprendra plus tard que Rachad est passé à plusieurs reprises mais s'est heurté au refus catégorique de son "cerbère" :

— Votre belle-sœur est en pleine création, on ne peut la distraire sous aucun prétexte.

Vu l'attitude d'Omane, Rachad a mis cela sur le compte des représailles et n'a pas osé insister.

 

                                                                 *

 

Lorsque Rose émerge, après des heures penchée sur sa machine, c'est pour entendre Mona chuchoter à Grégoire :

— Chut, pas de bruit, maman travaille !

Et le petit garçon, si turbulent de nature, répond docilement :

Oui, Nana, sssut.

« Elle me l'a transformé, n'en revient pas Rose. Ma parole, c’est Mary Poppins ! »

Puis elle contemple sa maison, n'y décèle qu'harmonie, ordre et propreté.

« Elle a TOUT transformé… même moi. »

Et pas qu'un peu ! Malgré l'absence de son mari, Rose ne s'est jamais sentie aussi bien.  

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 07:52

 

 

                                   COHABITATION (SUITE)

Nana !

À peine éveillé, Grégoire fonce dans la chambre comme un boulet de canon. Et à qui tend-il les bras en premier lieu ? Je vous le donne en mille.

Et moi ? réclame Rose. Je n'ai pas droit à un bisou ?

              — Je vais préparer le café, déclare Mona, en posant le loupiot près de sa mère.  Tu veux que je t‘apporte un plateau au lit ? 

Oh, oui, ronronne Rose. J'adore ça.

L'instant d'après, devant sa tasse fumante :

— On est des coqs-en-pâte, avec Nana, hein, dit-elle à son fils qui grignote un kàké *. Oups, ajoute-t-elle, tandis que s'élève un vagissement sonore, voilà Olivier qui s'y met aussi.

Je m'en occupe, dit Mona, mange tranquillement.

Elle amène le bébé à Rose qui le met au sein, puis remarque :

Tu devrais le sevrer.

 Pourquoi ? C'est si pratique.

— Ce le serait encore plus s'il mangeait comme tout le monde. Au moins, tu pourrais t'absenter sans avoir toujours l'œil sur ta montre.  

Sourire attendri de Rose qui chatouille, du bout de l'index, la bouche gloutonne soudée à son mamelon.

Il est encore si petit…

—Neuf mois, tu appelles ça petit ? Tu seras bien avancée quand tes seins pendront comme ceux des filles de la montagne.

Tu exagères.

— Pas du tout. D'ailleurs, que tu sois d'accord ou pas, je vais lui préparer une tartine.

Et Rose, bien que dépossédée de son libre arbitre par cette décision à l'emporte-pièce, ne s'y oppose pas.

 

 

                                            * Kàké : petit pain grillé au sésame

                                           

 

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 04:56

 

 

COHABITATION

 

 

— Tu prendras ma chambre, déclare Rose, comme Mona Aoun rentre de l'école où elle est allée chercher Grégoire. Je viens de changer les draps…

Et toi ?

Je dormirai sur le canapé du salon.

            — Pas question que je te prive de ton lit. C'est moi qui dormirai en bas.

— Tu es folle ? Vu le service que tu me rends, le moins que je puisse faire est de te loger correctement, non ?

Mona ne répond pas, mais revient à la charge, un peu plus tard.

— Veux-tu que j'ailler chercher un matelas chez moi ? On le mettra par terre dans la chambre des enfants, et…

D'accord, à condition que ce soit moi qui y couche.

Ainsi font-elles, mais le lendemain matin :

— Grégoire a grincé des dents toute la nuit, se plaint Rose, au petit déjeuner. C'était agaçant, tu ne peux pas savoir.

Et ça t'a provoqué une insomnie, je parie.

Euh… oui.

— Je le vois bien, tu as mauvaise mine. Sais-tu ce qu'on va faire ? On va mettre ton matelas près de mon lit — enfin, du tien… À moins que la cohabitation avec moi ne te dérange ?

— Pas du tout, au contraire. J’ai l'habitude de partager ma chambre avec quelqu'un, tu sais.

Rire de Mona.

— Je ne ronfle pas, paraît-il… enfin, je ne ronflais pas, du temps de mon mari. 

            Elle ne ronfle pas, c'est vrai. En revanche, elle parle dans son sommeil. Mais n'anticipons pas.

 

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 06:53

 

 

                                   UN ANGE FEMELLE

 

— Je ne peux tout de même pas coucher avec mes bêtes pendant deux mois, dit Rose à Mona, en lui racontant sa mésaventure. Une fois par hasard, passe encore, mais l'habitude est vite prise. Et j'en connais un qui n'apprécierait pas, à son retour.

— Ce n'est, effectivement, pas très hygiénique, concède en riant la quadragénaire. Ceci dit, si ça te rassure…

— Je dois bien avouer que sans Julie et Bébête, je serais à ramasser à la petite cuillère, ce matin.

 Je te suggérerais bien une autre solution, remarque…

Laquelle ?

Que je m'installe ici jusqu'au retour d'Amir.

Tu ferais ça pour moi ?

 Je ferais TOUT pour toi.

Rose, éblouie :

Tu es vraiment la meilleure amie que j'aie jamais eue.

Et de bénir le ciel d'avoir mis sur sa route, après madame Izmirlian, après Têta, après Omane, l'un de ces anges femelles qui vous couvent sous leurs ailes.

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 07:43

 

 

                     TERREUR NOCTURNE

 

Rose se redresse d'un bond, le cœur houleux. Au fait, a-t-elle bien verrouillé la porte d'entrée ? Quelquefois, si on n'y prend pas garde, le loquet s'enclenche de travers.

« Il faut que j'aille vérifier, sans quoi, je vais avoir les jetons toute la nuit. »

Mais pour ça, elle doit repousser les draps qu'elle a enfin réussi à réchauffer, sortir de sa chambre, descendre l'escalier glacial, traverser la cuisine (qui n'a pas de rideaux et dont les fenêtres s'ouvrent, tels deux trous béants, sur le jardin obscur), gagner le vestibule… En pensée, elle effectue, mètre après mètre, l'éprouvant itinéraire. Et l'estime au-dessus de ses forces.

Tant pis, les choses resteront en l'état. Ce serait vraiment une coïncidence inouïe si, juste aujourd'hui, un rôdeur essayait d'entrer.

Forte de cette décision, Rose se recroqueville sous ses couvertures, ferme les yeux. Tend l'oreille vers la double respiration, si rassurante, de ses enfants, venant de la pièce contiguë toujours ouverte. Et, sursaute à nouveau.

Cette fois, pas de doute, elle a entendu un bruit bizarre, au rez-de-chaussée.

Couverte de chair de poule, elle actionne à tâtons la poire de la lampe de chevet. Mais la lueur tamisée ne dissipe les ténèbres que pour mieux en accentuer la profondeur. Les zones d'ombre qu'elle génère sont plus chargées de mystère, encore, que l'obscurité.

Aiguillonnée par une panique qu'elle sent monter en elle — et qui bientôt, elle le sait, la submergera —, Rose saute du lit, court jusqu'à l'interrupteur. La lumière blême du plafonnier inonde la pièce. 

— Qui est là ? crie-t-elle, en entrouvrant la porte qui donne sur le palier.

         Un frôlement lui répond, suivi du fracas caractéristique d'une chute d'objet.

« Mon Dieu, il y vraiment quelqu'un en bas ! »

D'un bond, elle fait volte-face et reclaque la porte à laquelle elle s'adosse. Puis, tout en comprimant les battements désordonnés de son cœur, elle réfléchit. L'intrus, quel qu'il soit, va forcément monter si personne ne l'en empêche. Et en haut, qu'y a-t-il ? Ses enfants. Pas question qu'elle les expose à un danger quelconque !

« Au fait… Julie n'a pas aboyé, réalise-t-elle soudain, une montée d'adrénaline au ventre. Ce n'est pas normal, ça ! Est-ce que le type l'aurait… tuée? Ça signifie qu'il est armé. Mais pas d'un révolver, j'aurais entendu le coup de feu ; d'un couteau, probablement. »

Des titres de faits-divers l'assaillent sans crie gare. Macabre découverte dans un petit village libanais : une mère et ses deux enfants, égorgés par un serial-killer. Les victimes baignaient dans leur sang, au côté de leurs animaux, eux aussi sauvagement dépecés. « On a entendu leurs hurlements d'agonie, mais on n'a pas osé intervenir », avouent les voisins…

— Tu arrêtes tes délires ? se tance-t-elle tout haut. Au lieu de te laisser mener par ton imagination, prends-toi par la main et va voir ce que c'est. Allez, du cran ! Montre que tu es un homme !

Elle cherche des yeux de quoi se défendre, avise la vieille guitare d'Amir, posée contre le mur, l'attrape par le manche, et, dans un sursaut de courage dont elle ne se serait pas crue capable cinq minutes plus tôt, descend affronter l'indicible.

Tandis qu'elle pénètre dans la cuisine, l'instrument de musique brandi devant elle comme une massue, un nouveau bruit éclate, tout proche, et…

… une boule de poil, lancée à pleine vitesse, lui atterrit dans les mollets.

— Bébête ? ânonne-t-elle, en tournant le bouton électrique. C'est… c'est toi qui fais tout ce raffut ?

Il semblerait : une tasse éclatée sur le carrelage en atteste.

Déjà, le chaton revient à la charge. Elle le chope par la peau du cou.

— Tu as le diable au corps, ma parole ! Si tu savais quelles sueurs froides tu m'as donnée, petit imbécile !

En entendant sa voix, Julie, qui somnolait dans son panier, cligne des paupières et s'ébroue, avant de venir se frotter contre ses jambes en couinant. Une séance de caresses s'ensuit, que Rose interrompt pour aller tester la fermeture de la porte (parfaitement hermétique). Mais comme elle s'apprête à remonter dans sa chambre, les deux animaux lui barrent le passage.

— Vous avez envie de rester avec moi, c'est ça ? comprend-elle. Ah, si tout le monde réagissait comme vous…

Et, les emportant chacun sous un bras, elle regagne son lit où elle les fourre d'autorité.

Allez, hop ! Au dodo ! 

Elle se glisse entre eux et alors, alors seulement, sous la protection de ceux que Colette appelait "les petits dieux velus", elle s'endort.

Au réveil, Grégoire, qui est toujours le premier debout, les trouvera tous trois ronflant en chœur, blottis les uns contre les autre. Sans hésiter, il les rejoindra, se creusera une bonne petite place dans le douillet amalgame de corps, se rendormira… et n'ira pas en classe pour cause de grasse matinée.

 

 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 08:34

 

 

                  LES AFFRES DE LA SOLITUDE

 

Lorsque Mona rentre chez elle, il est presque minuit. En sa compagnie, Rose n'a pas senti le temps passer. Tandis que l'une s'occupait des enfants, l'autre vaquait dans la maison (et réciproquement), si bien que les tâches ménagères, d'ordinaire contraignantes, lui ont semblé légères — presqu'agréables, à la limite. Ensuite, une fois Grégoire et Olivier couchés, elles ont dîné en papotant, pour finir la soirée devant un "café blanc"*, chacune un animal sur les genoux.

C'est après qu'un cafard monstre s'abat sur Rose. Lorsqu'elle se retrouve à nouveau seule.

« À cette heure-ci, Amir doit être arrivé à Bruxelles », pense-t-elle.

Et de l'imaginer lui, l'être autour duquel elle a bâti son existence, dans cette ville dont on l'a exilée, elle se sent doublement trahie.

Durant toute la journée, la chaude présence de Mona a littéralement gommé Amir de son esprit. Elle ne sentait plus rien, ni le déchirement de la séparation, ni la peur des interminables semaines à venir ; juste un confortable engourdissement, un peu comme l'Aspirine annihile la migraine. Mais là, le médicament a cessé de faire effet et la douleur se réveille, plus virulente que jamais…

L'état de "manque" — car l'amour est une drogue à accoutumance, n'est-ce pas ? — atteint son paroxysme lorsque Rose se couche. Leur lit, ce cocon où d'ordinaire ils se lovent à deux, lui semble soudain si hostile, si froid…

Et que dire de cet oreiller vide à côté du sien ?

« Si j'étais peintre, pense-t-elle, c'est ainsi que je représenterais la solitude : un oreiller vide. »

Et ses larmes montent, car la forme d'une nuque familière creuse, imperceptiblement, le renflement de plume.

Bref, toutes les conditions sont requises pour une nuit d'insomnie — ou de cauchemar, au choix. En plus, comble du comble, la maison craque…

Ce sont des détails qu'on ne perçoit pas lorsqu'on dort à deux. Pas plus qu'on ne redoute les dangers nocturnes, réels ou imaginaires. Mais seule, oh, seule…

 

                         

* Café blanc : eau chaude parfumée à la fleur d'oranger, que l'on boit avant d'aller se coucher pour favoriser le sommeil

 

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 00:03

 

 

                           BIENVEILLANTE  MONA

 

Et les voilà toutes deux, l'une arrimée à sa poussette, l'autre la dominant d'une bonne tête, qui parcourent les ruelles dont l'éclaircie fait luire le pavé détrempé.

— Bonne idée, cette balade, remarque Rose. Regarde Olivier, comme il est content. Avec la pluie, je ne le sors pas assez.  Quant à ma Julie…

— Ah, elle apprécie de se dérouiller le pattes ! rit Mona Aoun, suivant, d'un œil amusé, les aller-retours zigzaguants de la chienne. Pendant que nous avançons d'un mètre, elle en fait dix.

Elles marchent d'un bon pas, épaule contre épaule, et le soleil d'hiver, rare mais éblouissant, projette leurs deux ombres sur les murets chaulés.

— On dirait un couple, remarque Mona, montrant du menton les silhouettes, une grande, une petite, précédées de la poussette.

Hochement de tête de Rose. 

Ça, tu vois, c'est ce qui me manque avec Amir.

 Il n'aime pas se promener ?

  Non, pas trop.  Il n'a jamais le temps, prétend-il. Pourtant, moi aussi, je suis occupée. Et, le temps, je le trouve !

Les hommes sont égoïstes, dit pensivement Mona. Pas les femmes.

        — Ça, c'est bien vrai, approuve Rose. Tu en es la meilleure preuve.

Elles se sourient. « Finalement, ces deux mois ne seront peut-être pas si pénibles que je ne le craignais », pense Rose, ragaillardie.


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