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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 07:17

 

 

                           LA VIEILLE DAME INDIGNE

 

                  Eh oui, aussi dérangeant que cela puisse paraître, trois mois seulement après le décès de Sylvain, cet aperçu de la vie à deux, même tronquée de son aspect charnel, m’avait séduite.  La complicité, les éclats de rire, les escapades dans les bois, les vidéos au coin du feu…  Les morceaux de guitare ponctuant les soirées-papotages (Castor pratiquait le ragtime à haute dose)… Bref, tous ces petits riens qui font le charme de l’existence — et dont j’avais oublié la saveur — me manquaient, tout à coup. De sorte que, bien malgré moi, je me surprenais à re-croire au bonheur. A mon âge ? Et après les épreuves que je venais de traverser ? Les êtres humains sont, décidément,  d’incorrigibles rêveurs.  J’avais beau me raisonner, me répéter : « Arrête ton char, ma fille, les vieilles dames indignes, y a rien de plus pathétique »,  ça me démangeait grave.

                  Skype — béni soit-il — n’était pas étranger à cette bienfaisante exaltation.  Car nous avions repris nos petites soirées communes. Soirées au terme desquelles je finissais souvent par m’endormir, sur du Marcel Dadi joué rien que pour moi, à six cents bornes de distance…

 

 

 

                                                    

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 08:04

 

                                          MONSIEUR VACANCES

 

                  Nulle entorse à ce rituel frustrant, hormis cette fin de soirée frisquette où, tels des préados, nous nous étions glissés sous une couverture pour regarder un film d’horreur.  Mais, bien que la situation s’y prêtât foutrement, aucun d’entre nous ne tomba dans le piège des promiscuités frissonnantes — ni, a fortiori, des mains baladeuses. Nous eûmes bien du mérite, je trouve. Ou alors, nous n’étions pas prêts.  

                  Le jour de son départ, j’avouai à Mélanie :

                  — Je voudrais qu’il revienne. 

                  Elle sourit.

                  — Rassure-toi, il reviendra.

                  Une aimable voisine, qui, nous voyant  passer  sous ses fenêtres en pouffant comme des collégiens, l’avait surnommé « Monsieur Vacances » me fit la même promesse.

                  — Élémentaire, mon cher Watson, ajouta-t-elle.

                  Ma parole, j’en aurais chialé !

 

 

 

                                                       

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 07:43

 

 

                               QUINZE JOURS DÉLICIEUX

        

                  Oui, délicieux, je persiste et signe. Une sorte de deuil buissonnier. Nous discutions de tout, de rien, de pas grand-chose, sans que, par un accord tacite, il soit jamais question des douleurs qui précèdent. Castor ne pratiquait pas l’apitoiement  pesant ; je l’en ai béni maintes fois. En revanche, j’eus  plus de fous-rires, pendant ce petit  break, que durant, sans doute, tout le reste de ma vie.

                  Entre deux averses, nous allions rendre visite à mes petits-enfants, Maya et Alix, qui avaient adopté d’emblée ce grand-père intérimaire  au surnom de rongeur, toujours prêt à les faire sauter sur ses genoux ou à leur jouer un air de guitare. Nous fîmes, avec eux et ma fille Mélanie, quelques mémorables balades en forêt, dans une humidité à couper au couteau, et de rares piqueniques sur les espaces verts qui agrémentaient le village.

                  Généralement chassés par l’ondée, on courait tous se réfugier au Roc café où l’aventure s’achevait devant un chocolat brûlant.

 

                  Le soir, notre tête-à-tête au coin du feu se prolongeait souvent très tard, et pour cause : à notre insu — ou pas ; se targuer d’innocence à soixante ans passés  serait du dernier grotesque —, le désir avait fait son apparition. Mais même sous la torture, ni l’un ni l’autre ne l’aurait avoué. Outre sa grande pudeur, Castor, j’imagine, ne se sentait pas le courage d’étreindre une brûlée vive. Quant à moi,  si j’avais osé un geste, un mot déplacé, j’aurais eu l’impression de profaner un cimetière. Nous nous quittions donc sur un chaste « bonne nuit » avant de gagner chacun notre chambre, un peu penauds mais la conscience en paix.

 

— Toi, tu t’es encore fait du cinéma et tu ne l’assumes pas, me grondait gentiment ma fille, le lendemain matin, en me voyant promener mes chiens, l’air déconfit.       

Du cinéma, oui, oh que oui ! Sur l’écran noir de mes nuits blanches…

 

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 07:54

 

 

                                                         CASTOR, LE RETOUR

 

                  Grâce à Pascal, un ami maçon soigneusement briefé par Sylvain avant son départ, la galerie prenait forme. Elle s’acheva sans que cela me tire de mon marasme. Sauf…

                  … sauf qu’une idée me vint, pas bête, finalement : et si je proposais à Castor d’y exposer ses toiles ?

                  — Faudrait que tu viennes passer quelques jours au village, pour repérer les lieux, suggérai-je finement. Tu crois que ce serait possible ?

                  Point ne fut besoin d’insister. Il était libre comme l’air, et la distance ne le rebutait pas. Non plus, d’ailleurs, que la cohabitation temporaire avec une  veuve minée à la fois par la solitude, la météo et une tragique carence d’inspiration.

                  En fait, cet homme-là n’avait peur de rien.

                  Il débarqua donc sous une pluie battante, après s’être perdu en route — car, en plus d’être cool, il était distrait —, avec, dans ses bagages, deux cadeaux somptueux : un portrait de moi, flatteur s’il en est, et un tableau intitulé « Circé » que j’avais repéré sur son site, et dont je rêvais comme couverture pour un de mes livres.

                  Nous les accrochâmes aux murs du salon. Et commencèrent pour moi quinze jours délicieux.

 

 

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 07:49

 

 

                                                   FAITS D’HIVER

 

 

         Sylvain mourut le 2 janvier,  inaugurant une véritable ère glaciaire. L’hiver 2013, qui avait débuté en octobre — chose rarissime dans le Sud-Ouest où les arrière-saisons sont d’ordinaire clémentes — semblait ne jamais devoir s’arrêter. Février, mars, puis avril,  battirent tous les records d’intempéries de ces dix dernières années. « Le temps est en harmonie avec mes états d’âme » me disais-je, tandis que la tempête battait les vitres, transformant le paysage en une litho de Dürer : ciels tourmentés, carcasses d’arbres tordues par l’ouragan, éclairs aveuglants, sombres horizons.

                  Histoire d’être moins seule, je guettais les messages de Castor Tillon, toujours fidèle au poste, si bien que nous prîmes l’habitude de passer nos soirées à chatter sur l’écran. On s’envoyait des morceaux de musique, des extraits de films, des confidences, parfois. Et, bien sûr, des bons mots. Vers minuit, nos adieux s’agrémentaient de « bisous » tarabiscotés, dans toutes les polices disponibles sur le Net ; c’était à qui posterait les plus spectaculaires, et, vu mon incurie informatique,  il gagnait toujours. Durant les mornes semaines où, recluse chez moi, je tentais en vain d’écrire, de lire, de me gaver de vieux feuilletons pour contrer l’absence de Sylvain,  ces rendez-vous virtuels  prirent petit à petit une importance primordiale. Ils étaient, comment dire ? ma bouffée d’oxygène, mon repère, mon point d’appui. Mon p’tit rayon de soleil dans la grisaille ambiante.

 

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 07:45

 

                                              RENCONTRE 

 

                  Vint le mois de juin, et, avec lui, la Comédie du Livre de Montpellier où, sollicitée par un ami libraire,  j’acceptai de me rendre.  (La chose est assez rare pour être signalée : estimant ma présence indispensable à mon malade, je refusais tout déplacement depuis fort longtemps).  J’annonçai le scoop  sur mon blog, en précisant : « Ceux qui seraient tentés par un p’tit brin de causette seront les bienvenus ! ». Ainsi eus-je le plaisir de retrouver Rémy G., un copain écrivain qui habitait la région, et que je n’avais plus vu depuis des lustres…

 

                  Je signais, sagement  assise à mon stand, quand soudain apparut un homme vêtu de noir qui, surgissant d’entre les piles de livres, me chuchota gravement :

                  — Je suis Castor Tillon. 

                  Le brouhaha ambiant couvrant sa voix, je lui fis répéter.

                  — Oh ! Castor ! m’écriai-je quand je réalisai.

                 Et, ni une ni deux, je lui sautai au cou.

                 Quelques minutes plus tard, attablés devant un verre, nous faisions plus ample connaissance.

                 Contrairement à ce que laissaient supposer ses  coms rigolards, c’était quelqu’un d’infiniment pudique et réservé. J’appris, ce jour-là qu’il était pastelliste (ce que me confirma, le soir même, son site internet) et adorait les animaux — les insectes en particulier, qu’il photographiait à foison.

                J’appris également — avec une confusion facile à deviner — qu’il vivait en Auvergne.  Six cents bornes pour deux trois dédicaces et dix minutes de conversation, c’était dingue, non ? Ce coup-là, juré-craché, on ne me l’avait encore jamais fait…

                  Durant une bonne partie de la journée, Castor  louvoya de table  en table.  A chacun de ses passages, nous échangions un regard complice, de sorte que vers cinq heures du soir, lorsque je m’inquiétai de mon horaire de retour, il me proposa tout naturellement :

                  — Si ça t’embête de prendre le train, je peux te ramener en voiture.

                  J’eus une seconde d’hésitation — juste une. Après tout, le long trajet qu’il s’était imposé trouverait peut-être sa justification dans cette heure et demie de tête-à-tête routier ? 

                  — On me raccompagne, lançai-je au libraire, ahuri. Garde mon billet, tu te le feras rembourser par la SNCF !                 

                  J’appris, bien plus tard, qu’il s’était inquiété de me voir ainsi partir avec  un inconnu. Il ne fut pas le seul.

                  — Et si ç’avait été un serial killer ? s’effara un de mes potes, auteur de thrillers sanglants, à qui je narrai la chose.

                  Je ne souffrais pas, par chance, de ce genre de parano.

                 Sylvain, non plus. Quand je lui annonçai que je rentrais avec Castor,  il mit un hachis Parmentier au four et prépara la chambre d’amis. L’irruption dans notre vie de ce copain virtuel qui, subitement, ne l’était plus, se fit donc dans la décontraction la plus totale. D’autant que le repas était délicieux.

 

 

 

                                  

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 07:58

 

 

                                           LE VISITEUR DU SOIR

 

 

         Si les détails morbides qui précèdent ont pu décourager certains lecteurs, je les prie par avance de m’en excuser. Ils n’avaient pour but que de cibler l’état d’esprit dans lequel je me trouvais quand le miracle eut lieu. Oui, miracle ; à mes yeux le mot n’est pas trop fort (en dépit de sa connotation religieuse, que, bien entendu,  je conteste).

                  Cette porte de secours dont je parle plus haut, quelqu’un venait régulièrement y frapper. Un lecteur du blog où, chaque matin, sous le titre générique de « Grands moments de solitude »,  je publiais l’une des  anecdotes dont s’émaille mon passé d’indécrottable gaffeuse. Incapable de me lancer dans un véritable travail littéraire  — toute mon énergie étant mobilisée ailleurs —, je défoulais mon besoin d’écrire dans ces petits textes  d’autodérision qui me permettaient à la fois de ne pas « perdre la main » et de m’évader l’espace d’une demi-page. Or, un internaute au pseudo rigolo  (Castor Tillon) suivait attentivement ma rubrique quotidienne. Ses commentaires,  souvent, m’arrachaient des gloussements, car il jouait habilement avec les mots, et je raffole depuis toujours des calembours, palindromes, contrepèteries, etc.  A tel point que Sylvain remarquait à chaque fois :

                 — Toi, tu viens de recevoir un post de Castor Tillon !

                  Je le lui lisais tout haut,  il souriait  (il n’avait plus, je crois, la force de rire) et nous tombions d’accord pour affirmer que ce genre de message était mille fois plus stimulant que les mails compassionnels.

 

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 08:27

 

 

                 UN RÊVE, PAR LA SUITE, VINT POLLUER MES NUITS…             

 

                  Il débutait par un souvenir imprimé au fer rouge dans ma mémoire. Celui de ce soir d’hiver où, après plusieurs heures d’agonie, Sylvain avait enfin lâché la barre. Je m’étais opposée à son transfert à l’hôpital — sachant que rien ne l’effrayait davantage mais qu’il n’était plus en mesure de le faire savoir. Sous morphine depuis la veille, il somnolait dans les coussins du canapé, près de ses chiens. Le feu crépitait entre les chenets, une pluie serrée cinglait les vitres côté ravin. La vieille horloge comtoise, réparée à grands frais, égrenait les minutes — quand elle ne sonnait pas les heures. Assise devant la cheminée, je pianotais sur mon clavier. Qu’aurais-je pu faire d’autre ? La mort, à l’évidence, rôdait autour de nous. Quand Sylvain bascula, je me précipitai pour le prendre dans mes bras. Sa joue se retrouva collée contre la mienne tandis que progressivement, sa respiration, tout d’abord sifflante, prenait un rythme saccadé, de plus en plus haletant jusqu’au râle final. Je balbutiais des paroles sans suite, qui se voulaient apaisantes mais n’étaient, en fin de compte,  que l’expression de ma propre peur. Soudain — et l’onirique, ici, se substitue au réel —,  un spasme le raidissait et, de sa bouche entrouverte, s’échappait comme une buée pourpre, à l’odeur violemment organique, qui nous nimbait quelques instants, puis, par l’oreille, je pense, s’engouffrait dans ma tête où elle pondait un œuf.

                  Niaise métaphore, m’objecterez-vous ; mais ne le sont-elles pas toutes ?  

 

 

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 07:18

 

 

                                  LA MORT QUI VIENT

                                   LA MORT QUI VA

                                   LA MORT VÉCUE

                                   LA MORT VISIBLE

                                   BOIT ET MANGE À MES DÉPENS

 

                                                             Paul Éluard                                                                                    

                                                           
                                                            (Notre mort)

 

                  S’ensuivit, pour Sylvain, une vertigineuse descente aux enfers. Ce chantre — que dis-je ? ce militant de la liberté, se retrouva, du jour au lendemain,  prisonnier des multiples contraintes liées au traitement. Médocs, visites bi-quotidiennes des infirmières à domicile,  éprouvantes séances de chimio, de radiothérapie ; opérations, anesthésies, piqûres et tout le toutime.  Bref, ayant pris en grippe ce corps qui l’avait  trahi, il lui rendit, en quelque sorte, la pareille. Lui qui était la vitalité même — santé éblouissante, force colossale, appétit d’ogre — cessa de s’alimenter et ne me toucha plus. Pour cet ex-bon vivant,  toute sensualité était devenue maudite. Il ne différenciait plus le plaisir de la douleur, rejetant l’un et l’autre comme une dégradation. J’ai lu quelque part que les victimes de tortures ressentent souvent cela, ce dégoût absolu de leur propre chair.  La dysmorphophobie, ça s’appelle, je crois…

                  Moi, en revanche, je continuais à me sentir invulnérable. Mieux : face au délitement de l’homme que j’aimais, je m’érigeais en bouclier, en citadelle. L’amour est le rempart des mères et des amantes.  Leur carapace. Leur armure. La mienne, bien qu’illusoire, me paraissait sans faille, naïve que j’étais.

                     

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 07:57

 

 

                               FLASH BACK (SUITE)

 

         Le décor est planté ;  venons-en aux acteurs : un couple débarqué dix ans plus tôt dans ce minuscule village du Tarn. Lui — Sylvain — la quarantaine épanouie, et si beau que toutes les femmes se retournaient sur son passage.  Elle — c’est-à-dire moi —, nettement plus âgée, auteure comblée de quelque trois cents livres fantastiques ; ayant tout deux fui le chaos parisien pour un retour à la nature  dont ils estimaient, sans doute à juste titre, qu’il couronnerait vingt ans de vie commune et deux carrières bien remplies.

         — Dans un décor pareil, j’écrirai mes meilleurs romans, affirmait-elle.

         (Leur nid d’aigle, une bastide médiévale perchée sur un à-pic rocheux de trois cents mètres, dominait, de toute part, des coteaux verdoyants.)

        — J’ouvrirai une galerie, se réjouissait-il. On y trouvera des ouvrages rares, des objets insolites ; un cabinet des curiosités, pourquoi pas ?  Et les œuvres des artistes locaux.

         Bref, les projets ne manquaient pas.

          Durant l’heureuse décennie qui avait suivi, certains d’entre eux  s’étaient concrétisés. Cette grange du XVIème siècle dont la restauration avait, saison après saison, mobilisé toutes ses énergies à lui, par exemple. Ou cette saga d’humour vaguement arthurienne dans laquelle elle s’était lancée à corps perdu et qui remportait un gentil succès.

         Ça baignait, quoi.

         Les villageois  avaient, sans réticence, adopté ces hurluberlus  à la niake communicative, d’autant qu’au fil du temps, la fille de l’une et le frère de l’autre s’étaient installés à proximité  — or cette famille-là débordait de joie de vivre…

         Qu’ajouter à l’idyllique tableau, sinon  que rien, alors,  ne semblait devoir l’altérer ?

         Etrange sensation que celle d’une éternité lente, immuable, d’où toute ombre semble exclue à jamais.  Le bonheur  confère à ses adeptes une sorte d’invincibilité gouailleuse. Ils étaient — nous étions — dans cet état d’esprit quand la laide maladie s’attaqua à Sylvain.

 

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