Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 21:23

                                                Irma la douce (suite et fin)

 

         Cependant, à la longue, il fallut quand même avouer la vérité à ma famille. Mon frère Claude s’en chargea, lors d’un de ses trop rares séjours en Belgique. Il commença par prévenir mon père, qui, avec mille précautions, mit maman au courant. Elle pleura beaucoup et, prenant le ciel à témoin, clama avec emphase :

         — J’ai enfanté une fille qui vit dans le péché. Qu’ai-je fait pour mériter une pareille épreuve ?

           Puis, au terme de cette question fondamentale,  elle téléphona à tante Irma, tout en me  lançant, péremptoire :

         — Cette nouvelle va la tuer, et tu auras sa mort sur la conscience !

         Or, non seulement la bonne vieille survécut, mais quand maman lui annonça :

         — Tiens-toi bien, ma pauvre : la petite a un amant.

         Elle répondit d’un ton placide :

         — Et alors ? C’est de son âge. 

         Ce qui me fit penser  qu’au cours des quinze dernières années, la chère créature s’était bien dessalée. Qu’avait-elle donc vécu à l’insu de ses proches qui lui ait ainsi élargi  l’esprit ? Nous ne le saurons sans doute jamais puisqu’elle s’éteignit six mois plus tard en emportant son secret dans la tombe.

 

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 22:39

                                                           Hospitalité

 

         Etant donné les préjugés de mes parents — pour qui le mariage était sacré, indissoluble, et le divorce prohibé  à l’extrême —, je leur cachais soigneusement mes problèmes conjugaux. La distance entre Paris et les Ardennes belges facilitant cette dissimulation, ils ignoraient qu’Alex et moi, après une rupture houleuse, avions refait nos vies chacun de son côté. Aussi, quand ils venaient nous rendre visite (tant que leur état de santé leur permettait encore de voyager), je prétendais que mon mari était en déplacement. Nos enfants, soigneusement briefés, jouaient le jeu, et Sylvain s’éclipsait quelques jours.  Oui mais, pour aller où ? À la rue ? À l’hôtel ? Chez des potes ? C’était là que le bât blessait

        ­— Et pourquoi pas à la maison ? proposa Alex à qui nous faisions part de notre embarras.

            La cohabitation se déroula sans encombres. Désormais, tous les trois ou quatre mois, Sylvain s‘octroya une petite semaine de vacances chez mon ex. Vacances d’autant moins contraignantes qu’ ils étaient tous deux férus de poker et profitaient de l’occasion pour s’adonner à leur hobby jusqu’à pas d’heure.

 

         J’aurais pu ajouter, pour la beauté de l’histoire, qu’ils s’éprirent follement l’un de l’autre, mais ce ne fut pas le cas. En tant qu’auteur, je le déplore ; mais pas en tant que femme. C’eût pourtant été une sacrée solitude, au sens propre comme au figuré !

 

           

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 22:10

                                                  Les nourritures terrestres

 

       Ma  mère, qui avait été, tout au long de sa vie, pétrie d’a-priori, changea, sur ses vieux jours. Rigoureuse —  voire rigoriste —,  adepte forcenée d’une alimentation saine et naturelle, elle se laissa gagner par  les « vices » de l’époque que son esprit défaillant n’était plus à même de contrer. Penons le Coca-cola, par exemple, qu’elle vouait depuis toujours aux gémonies.  

        — Le Coca, c’est le diable, répétait-elle souvent.

        Et d’affirmer que cette boisson chimique, importée des Etats-Unis,  provoquait le cancer et rongeait les boyaux.

         Jusqu’au jour où Olivier, par une sorte de revanche facétieuse, lui proposa de goûter « une tite gorgée, pour voir » .  Ô surprise, elle trouva cela délicieux, se resservit un verre et finit la bouteille.

       Idem pour le cannabis dont je lui fis une tisane « pour l’aider à dormir ».  Le résultat dépassa mes plus folles espérances. Elle qui, d’ordinaire, était insomniaque, passa une si bonne nuit  que je récidivai, le lendemain. L’effet placébo ayant sans doute joué, elle ne cessa, dès lors, de chanter les louanges de « cette plante miraculeuse qu’on devrait prescrire d’office à toutes les vieilles personnes »  et m’en réclama chaque soir.

         De sorte que  je bénis la maladie d’Alzheimer qui, en altérant sa personnalité, lui permit de découvrir, avant de nous quitter, des voluptés insoupçonnées

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 21:03

                                       Le livre que je suis fière de ne pas avoir écrit 

 

         Eviter de parler de ce qu’on ne connaît pas est, à mes yeux, la règle d’or de la littérature jeunesse. Aussi, lorsqu’un de mes éditeurs me commanda un roman sur l’anorexie, m’empressai-je de refuser.

— Pourquoi ? s’étonna-t-il. Tu abordes souvent les grands problèmes de l’adolescence, non ?  

Oui, dans la mesure où ils me sont familiers, Mais je n’ai jamais été anorexique, mes enfants non plus, ni personne de mon entourage. Ce que je pourrais écrire là-dessus sonnerait forcément faux, et j’aurais toutes les chances de sortir des conneries.

— Bah, il suffit de te documenter : la presse et la télé ne parlent que de ça ; c’est le thème à la mode. Et l’édition jeunesse n’est pas en reste : tous nos concurrents l’ont abordé. Leurs bouquin se vendent comme de petits pains ; ce serait idiot de ne pas surfer sur la vague !

S’il y a bien un truc qui m’insupporte, c’est ce genre d’opportunisme, qui exploite cyniquement une véritable souffrance.

 — Raison de plus ! explosai-je. Les lecteurs intéressés par ce sujet n’ont que l’embarras du choix. Un livre supplémentaire ne leur apporterait rien, surtout écrit sans conviction.

              Je plantai donc là l’éditeur déçu qui fit appel, pour concrétiser son projet,  à l’une de mes collègues, bien plus calée que moi en la matière. Dans les mois qui suivirent sortit un roman qui, si je me souviens bien, connut un beau succès de librairie avant d’être adapté en téléfilm. L’éditeur  dut se féliciter de mon refus et, tel que je le connais, s’en attribuer le mérite.       

             Perso, je suis assez fière de ne pas avoir cédé. Même si, une fois encore, j’ai raté le coche.

 

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 22:42

                                  Quand le rap est, quand le rap est là,

                                  La techno s’en, la techno s’en va…

 

         En 1995 parut mon best-seller :  La Bibliothécaire (plus d’un million d’exemplaires vendus, une dizaine de prix, autant de traductions, et l’aval de l’Education Nationale qui l’inclut dans  le programme des collèges). Ce qui ne l’empêcha pas, avant sa parution, de subir les outrages d’une éditrice stagiaire en mal de reconnaissance.

         Cette personne, par ailleurs charmante, trouva judicieux d’apporter à mon texte — sans m’avoir préalablement consultée  — , des modifications qui me valurent un moment de honte mémorable.

 

         Je vous explique. L’un des héros de l’histoire, le jeune rappeur Doudou, avait un langage  bien à lui, à la fois rimé et rythmé, de sorte que le lecteur pouvait danser sur ses paroles ou les chanter, au choix. Ainsi trouvait-on, page 71 :

 

         Dans le ciel, la lune pointe sa tête ;

         Nous v’là près d’la bibliothèque.

         C’est tell’ment grand et tell’ment beau

         Que yo ! j’ai l’cœur qui fait l’gros dos!

 

         Dérangée, sans doute, par cette métaphore qu’elle jugeait  absconse, la stagiaire la remplaça par :

 

         Dans le ciel, la lune pointe sa tête ;

         Nous v’là près d’la bibliothèque.

         C’est tell’ment grand et tell’ment beau

         Que yo ! ne manque plus qu’ la techno.

 

         A la relecture des épreuves, je ne relevai pas cette « correction » noyée parmi tant d’autres. On ne répétera jamais assez à quel point le bras de fer avec son éditeur est usant pour un auteur. (Ayant abordé maintes fois ce sujet dans mes romans et mes articles, je n’y reviendrai pas. Qu’on se souvienne simplement que, dans un manuscrit digne de ce nom, rien n’est laissé au hasard. Chaque mot, chaque virgule, chaque alinéa, est soigneusement pesé et réfléchi. Une fois « remanié » par une main  étrangère, le texte perd son rythme, sa vivacité, sa cohérence, et se retrouve souvent truffé de répétitions, d’erreurs, voire d’invraisemblances.)

         Bref, le livre parut, agrémenté de ce vers que, de guerre lasse, j’avais validé.

          Hélas.      

 

         Dans les mois qui suivirent, je fus invitée par un établissement scolaire à rencontrer des élèves de cinquième, pour leur parler de mon roman et répondre à toutes leurs questions. En principe, je maîtrisais bien ce genre d’intervention. Mais cette fois-là…

         — Eh, m’dame, m’interpella un gamin de but en blanc, pourquoi Doudou il dit : « Ne manque plus qu’la techno » ?

         Prise de court, je bredouillai : 

        — Euh… parce qu’il aime bien ça, je suppose…

Tollé général.

        — M’enfin m’dame, tout le monde sait que les rappeurs détestent la techno !

         (Euh… ah bon ? moi,  je l’ignorais. La correctrice aussi, apparemment.)

         Devant mon embarras, la classe devint houleuse. Des propos agressifs fusèrent de toute part.

          — On imprime n’importe quoi, alors, dans les bouquins ? lança un élève, visiblement déçu.      

           —  Pourquoi vous écrivez des mensonges ? interrogea un autre.

         A l’évidence, mon manque de rigueur les choquait et ils tenaient à le faire savoir. L’occasion était trop belle d’en remontrer à un adulte, surtout un écrivain (censé, de par son métier, avoir la science infuse). Le ton montait, montait, agrémenté d’insultes et de gros mots. La prof, dépassée, tentait en vain de calmer le chahut.

         — Faites quelque chose, voyons ! finit-elle par me supplier. Expliquez-leur que vous ne vous êtes pas moquée d’eux, et tâchez d’être convaincante ; c’est le seul moyen d’en venir à bout.

          Leur expliquer ? Et quoi, grands dieux ? Que je n’y connaissais rien en musique moderne ? Que le vers litigieux m’avait été imposé par l’éditeur ? Choix cornélien : ou je passais pour une fumiste et je perdais toute crédibilité , ou j’avouais ma faiblesse et j’avais l’air d’une truffe.

         Ayant opté pour la seconde solution, je chargeai la stagiaire au  maximum —  ce qui, vu le tour pendable qu’elle m’avait joué, me fit plutôt plaisir, et captiva mon auditoire.

         Après quoi, je m’enquis, selon mon habitude :

         —Avez-vous encore des questions à poser ?

        Quelques doigts se levèrent ; je désignai l’un d’eux.

         — Oui ?

         — M’dame, si c’est pas vous qui écrivez vos livres, pourquoi vous les signez, alors ?

        

          Voilà qui était frappé au sceau du bon sens !

 

 

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 22:24

                                                          A bicyclette 

 

       Ma première performance à vélo remonte à la fin des années cinquante. C’était au bord de la mer du Nord, à Westende, plus précisément. Je n’oublierai jamais le sentiment de liberté que me procuraient la vitesse et le sifflement du vent à mes oreilles ; une sorte d’ivresse qui s’acheva brutalement dans la carriole de la marchande de crevettes.

         L’engueulade qui suivit, et la centaine de crevettes ramassées une à une, je ne les oublierai pas non plus.

         Ma dernière performance à vélo s’acheva, elle, à Amsterdam, en 1995, dans un groupe de touristes allemands sur lesquels, perdue dans mes pensées,  je fonçai sans crier gare. En manière d’excuses, je prétendis que mes freins avaient lâché. C’était un mensonge.  Les touristes m’engueulèrent, mais, par bonheur, je ne dus pas les ramasser ; ils se débrouillèrent très bien tout seuls.

         Entre ces deux incidents, un nombre assez redoutable de chutes, collisions, plaies, bosses et impacts divers. Néanmoins, bravant le danger, je m’obstinai. Aujourd’hui, largement sexagénaire, force m’est de me rendre à l’évidence : je ne suis  pas douée pour cette discipline. La marche à pied, finalement, c’est très sympa. Ou alors, la moto, mais derrière un motard.  

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 21:26

                                                         Contraception

 

         Quand Frédéric eut l’âge de lutiner les filles, je décidai de me conduire en mère responsable. Forte de ma propre expérience, j’achetai une boîte de Taro cap (ces demi-capsules dégradables, tapissées de gelée spermicide, très prisées dans les seventies comme alternative au préservatif. « Un contraceptif discret, d’un emploi  facile, et efficace à 98% » assurait la notice.) Je rangeai la boîte dans le placard de la salle de bains, puis j’appelai mes fils — les deux,  pour ménager la pudeur de l’aîné — et leur expliquai de quoi il retournait, avant de conclure :

         — Si un jour vous en avez besoin, vous savez où ça se trouve. Inutile de m’en parler, c’est votre vie intime. Mais montrez-vous dignes de ma confiance ; je n’ai aucune envie d’être grand-mère avant l’heure !

         La « leçon » terminée, les garçons s’esquivèrent, et  je passai à autre chose, assez satisfaite de mon initiative.

         Il n’en fut plus question durant des mois, voire des années. De temps à autre, je m’assurais qu’il restait des capsules dans la boîte. Leur nombre diminuait lentement mais sûrement, à un rythme que j’estimais tout à fait raisonnable — d’autant qu’Alex et moi en usions quelquefois, quand je tombais en rade de pilules. C’est à cette occasion, d’ailleurs, que je vérifiai la date de péremption.

         Elle était largement dépassée.

         Une montée d’adrénaline me coupa les jambes.

         Rompant la loi du silence que j’avais moi-même instaurée, je m’ouvris de mes inquiétudes à Frédéric. Dès les premiers mots, il éclata de rire.

                — Tes roudoudous ? T’en fais pas, j’y ai jamais touché. D’ailleurs, j’ai pas de copine.

                  — Mais… il en manque plusieurs.

  Je les ai filés à un pote.

  Il n’a pas eu de problème ?

  Non.

  Sûr ?

  Il me l’aurait dit, tu penses !

          Bon, apparemment, ma négligence n’avait pas eu de fâcheuses conséquences . Je poussai un soupir de soulagement,  puis m’empressai de renouveler le stock, en me promettant d’être désormais plus vigilante.

 

                Ma fille Mélanie naquit neuf mois plus tard.

 

 

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 22:05

                                           Les joies de la gastronomie

 

         A la même époque, avec les copines, nous avions créé un code linguistique. Entre autres gaudrioles, « Bouffer des escargots » signifiait « embrasser un garçon », et si on ajoutait « à l’ail », le message était clair : le Don Juan avait mauvaise haleine. Que de pauvres gamins, convaincus d’être irrésistibles, furent ainsi la risée de pécores surexcitées, pour avoir oublié de se brosser les dents !

         L’impunité que nous conférait ce code secret nous donnait toutes les audaces, si bien qu’un beau jour, au début du cours de flamand, je lançai à Claire, ma meilleure amie :

         — Alors ? Ta soirée d’hier s’est bien passée ?

  Super, répondit-elle. J’ai bouffé une tonne d’escargots.

  A l’ail ?

  Non, heureusement. 

  Vous n’aimez pas les escargots à l’ail ? intervint Sœur Godelieve, qui causait volontiers avec ses élèves. Vous avez tort, c’est délicieux : moi, j’en raffole.

  On mange ce genre de truc dans les couvents ? m’étonnai-je, faussement candide, tandis que la classe se tordait de rire.

  Dans les grandes occasions, oui. Quand monseigneur  l’évêque est venu inaugurer la chapelle, par exemple. C’est un fin gastronome, vous savez !    

         Cette remarque anodine mit fin à la conversation, nous épargnant de justesse des confidences salaces — ou que nous eussions interprétées comme telles. En revanche, les mœurs de Sœur Godelieve donnèrent lieu, désormais, à des plaisanteries d’un goût douteux qui firent les beaux jours de l’Institut Sainte Thérèse jusqu’à la fin de l’année scolaire.

 

 

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 23:01

                                                  La ménopause des nonnes

 

       En dépit de leur statut virginal, les religieuses, comme tout(e) un(e) chacun(e), sont victimes de la ménopause. Sœur Godelieve, professeur de flamand en quatrième latine, ne faisait pas exception à la règle ( !) Durant les cours, on la voyait de temps à autre devenir cramoisie, puis s’éventer avec son carnet de notes.

         — Ouvrez la fenêtre, je suis en chaleur ! s’écriait-elle alors.

         A l’évidence, certaines subtilités de la langue française lui échappaient, ce qui nous faisait glousser comme un troupeau de pintades. Jamais les cours de flamand n’ont été autant appréciés que cette année-là, à l’Institut Sainte Thérèse, pension pour jeunes filles catholiques.

 

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article
3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 23:07

                                                      Rumeur d’outre-tombe

 

         Zoé, ma chienne chérie, était morte quelques jours plus tôt, à l’âge canonique de vingt-et-un ans. Une affection très douloureuse de la vessie m’ayant obligée à la faire piquer, j’avais toujours dans les oreilles les hurlements de souffrance qui accompagnaient chacune de ses mictions.

         Ce jour-là, je m’apprête à me coucher quand un bruit éclate dans la salle de bains attenante à ma chambre. Une sorte de hululement pathétique, effroyablement familier, qui me fige sur place.

         Au cri que je pousse, Michel accourt.

— Je viens d’entendre Zoé, balbutiai-je d’une voix tremblante

Il se précipite dans la salle de bains, ne constate rien d’anormal, ouvre la fenêtre ; pas de chien dans la rue 

  Tu as dû rêver, me dit-il

Je lui affirme que non.

— Que s’est-il passé exactement ? reprend-il, en me réconfortant de son mieux. Tâche de te souvenir.

                  — Je me suis lavé les dents, j’ai été aux toilettes, puis  j’ai tiré la chasse…

                  Tandis que je parle, il reproduit mes gestes à l’identique. Et le même hululement s’élève à nouveau.

                — Ah ! Tu vois bien que ce n’était pas une hallucination ! soufflai-je, transie d’effroi.

                 Non, juste la bonde coincée qui, en empêchant l’eau de s’écouler normalement,  produit ce lugubre son. Un son qui m’a, durant quelques instants, donné le sentiment de perdre les pédales.  

              On ne se méfie jamais assez de la plomberie !

 

Repost 0
Published by Gudule - dans Mezzé
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Le blog de Gudule
  • Le blog de Gudule
  • : Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.
  • Contact

Ma bio et ma bibliographie...

Recherche

Archives

Catégories