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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 07:58

Toute vérité n’est pas bonne à dire

          J’étais au téléphone avec une copine quand, soudain, qui vois-je passer dans le couloir ? Le rat de Mélanie, tractant une barbe-à-papa dix fois grosse comme lui. Son but : amener cette friandise, piquée dans la cuisine, jusqu’à sa cage, à l’autre bout de l’appartement. Le spectacle est d’autant plus fendard que la « proie » fond entre ses dents et lui échappe sans cesse — chose qui, à l’évidence, dépasse son entendement.

         En m’entendant pouffer alors qu’elle se lamente sur ses problèmes de couple, la copine, offusquée, s’enquiert :

         —Tu trouves ça drôle que je sois en train de me faire larguer ?

         — Non, non, ce n’est pas à cause de ça que je ris, protestai-je, toute confuse.

         — C’est pour quoi, alors ?

         — Ben... un rat qui déménage de la barbe-à-papa...

         — Et tu te fous de moi, en plus !

         Sans me laisser le temps de lui expliquer, elle raccroche. Elle divorcera trois mois plus tard.

 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 08:11

  Episode 105

         Résumé des chapitres précédents : Zoé et Branquenstein ont retrouvé Chouchou parmi les mendiants du caravensérail.

 

         Ils louèrent une chambre pour quelques piastres, et s’y enfermèrent à l’abri des regards. Ainsi, tandis que Branquenstein couvrait Dora de baisers, Chouchou put-il narrer par gestes son calvaire : la perte de sa barbe, l’horreur de ses kidnappeurs devant son apparence, leur violence à son égard. Laissé pour mort dans le désert, il avait néanmoins fini, au terme d’une marche harassante, par rejoindre la civilisation — et y susciter cris d’effroi, crachats, jets de pierre...

         — Bah, nous t’avons retrouvé, c’est l’essentiel, s’exclama Zoé, interrompant la tragique pantomime (qui commençait à la gonfler). Il ne nous reste plus qu’à rentrer chez nous.

         Branquenstein, occupé à lécher les doigts de Dora, approuva en silence.

         — Vous allez vous choper des maladies, à force ! remarqua Zoé d’un air dégoûté. Lavez-la, au moins, avant de lui baver dessus ! 

         Le conseil était bon car Chouchou puait. Le resurrectologue le suivit à la lettre, bien que la douche de l’hôtel fût rudimentaire et coulât goutte à goutte.

         — Pendant que vous barbottez, je vais essayer de nous trouver des habits propres, lança Zoé.

         La chose fut aisée. Les fontes du chameau, garé devant le portail, regorgeaient de tissus de toute sorte. La jeune femme y préleva quelques robes, quelques voiles, et s’empressa de rejoindre ses compagnons.

         — C’est quoi, ces déguisements à la mords-moi-le-nœud ? s’étrangla Branquenstein quand elle les lui montra. On dirait des tenues de music-hall !

         — Monique et ses copains ont dû intercepter une caravane de danseuses de Bollywood, supposa Zoé. Mais c’est tout ce qu’on a, il faudra bien s’en contenter.

         — Je préfère encore garder mes habits sales. Au moins, ils sont virils !

         — A votre aise, docteur. Mais Chouchou et moi, on va se faire belles pour aller prendre l’avion à Doha, hein, Chouchou !

                                                                                                                                (A suivre)

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 07:10

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny...

        J’eus, dans ma folle jeunesse, un petit ami qui fantasmait sur le bondage. Perso, je n’éprouvais (et n’éprouve toujours pas) la moindre attirance pour ce folklore macabre, mais, étant d'une nature  complaisante, je décidai un jour de combler ses désirs. J’achetai (très cher !) une guêpière en simili-cuir noir, des cuissardes, et quelques accessoires d’un goût exquis, du style fouet, menottes, collier de chien, etc. Quand je les lui offris, il en pleura de joie. C’était un bon début.

         La suite fut moins réjouissante car, une fois déguisée, il fallut passer aux travaux pratiques. Et là... Une telle détresse me saisit devant l’image de moi que me renvoyait le miroir, que je perdis soudain toute ma motivation. Je repoussai le jeune homme, le traitai de malade, enfilai mon manteau sur ma tenue sexy et me barrai dare-dare.

         L’histoire eut pu s’arrêter là, mais ce serait compter sans le piège des sentiments. Au bout de quelques jours, ma rancœur se mua en regret. Qu’est-ce qui m’avait pris de réagir de la sorte ? Le pauvre garçon ne faisait rien de mal ; il voulait juste concrétiser ses rêves. Mettre en scène son petit théâtre intime, avec moi en vedette. C’était plutôt flatteur ! Fallait-il que je sois gourde pour avoir pris la mouche !

         Bref, je décidai de rattraper le coup. Vêtue de la guêpière et des bottes à talons, je me rendis chez lui sans l’avoir prévenu. Je sonnai à la porte, et quand celle-ci s’ouvrit, j’écartai largement les pans de mon manteau en m’écriant : « Surprise ! »

         La dame, en face de moi, poussa un cri de stupeur, auquel mon « oh, pardon ! » bredouillant fit écho.

         — Si c’est pour mon fils que vous venez, il n’est pas là,  lança-t-elle d’un ton sec, en me claquant la porte au nez.

         Ce fut mon ultime tentative SM.

 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 07:50

Episode 104

         Résumé des chapitres précédents : Nos héros, déguisés en marchands, pénètrent dans la cité du désert.

 

         Une foule bigarrée se bousculait dans les petites rues de la médina. Zoé et Branquenstein se laissèrent emporter par le flot, d’échoppe en échoppe, jusqu’au grand caravensérail qui s’élevait au cœur du souk.

         — Je me rafraîchirais bien un brin, dit Zoé, en zyeutant, par le portail entrouvert, le patio verdoyant où gazouillait une fontaine.

         — Bonne idée, approuva le resurrectologue qui suait à grosses gouttes sous son kefieh de coton blanc.

         Après les fatigues de la route, l’endroit leur parut divinement accueillant.

         Autour d’un bassin carrelé de mosaïque bleue et abrité par des dattiers, étaient accroupis quelques mendiants qui, à leur approche, se mirent à geindre en demandant une petite pièce. Tandis que Zoé fouillait ses poches, elle entendit son compagnon mugir :

         — Mais lâchez-moi, voyons ! Qu’est-ce qui vous prend ?

         L’un des pauvres hères avait agrippé le bas de sa djellaba.

         — Pas de panique, dit-elle. Je m’en occupe.

         Elle saisit la main du mendiant pour tenter de lui faire lâcher prise, et poussa un cri étouffé :

         — Mais...

         Les doigts étaient soigneusement manucurés, les ongles limés et couleur rubis.

         Comme le visage du (ou de la) propriétaire de cette main disparaissait sous un tissu crasseux, elle l’arracha d’un geste prompt. Apparut alors un hideux visage.

         — Chouchou ! Que fais-tu là ? Où sont ta barbe et tes lunettes ? 

         À la vue de la face couturée de Chouchou, un vent d’effroi balaya le patio. Les plus proches mendiants s’enfuirent en glapissant, d’autres rampèrent jusqu’aux fourrés où ils restèrent, tapis, à réciter des oraisons. Zoé crut discerner le mot « démon », qui revenait sans cesse dans leur baragouin. Retirant son foulard, elle en couvrit promptement la créature de Banquenstein avant de l’entraîner vers l’intérieur des bâtiments...

                                                                                                                                 (A suivre)

 

 

 

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 07:52

 

Naissance

         Fin décembre 1994. Après de nombreuses tractations avec les éditions Hachette, ma série « Zoé-la-trouille » — projet qui me tient particulièrement à cœur — vient d’être acceptée. Seize épisodes fantastico-humoristiques destinés aux CM1-CP, à raison de six parutions par an. Je suis sur le velours pour les deux ans à venir...

         Comme Sylvain tourne un film dans les pays de l’Est, et ne sera pas là pour le réveillon, l’envie me prend de faire « naître » mon héroïne la nuit de la Saint-Sylvestre, au dernier coup de minuit. Je m’empresse de prévenir mon entourage : cette année, pas d’invitation, je reste en tête-à-tête avec ma créature. Me connaissant, personne n’insiste. Je me prépare donc un petit repas de fête que je savoure devant mon ordinateur, dans les affres délicieuses du futur accouchement...

         Minuit. Je suis sur les starting-blocks. Un coup... Deux coups... Trois coups... Mon cœur bat à tout rompre. Quatre coups... Cinq coups... Six coups... Devant moi, la page blanche (enfin, l’écran blanc) ; pas de vertige, bien sûr, mais une folle impatience. Mes doigts fourmillent, attirés par le clavier comme par un aimant ; ma tête est pleine de mots qui ne demandent qu’à sortir... Sept coups... Huit coups... Neuf coups... L’instant ultime approche. Je bloque ma respiration, prends mon élan...

         Dix coups... Onze coups...

         Un bruit de clé dans la serrure m’arrache à mon attente hallucinée.

         — Sylvain ?

         C’est bien lui, souriant et crevé. Qui s’est tapé douze heures de train pour me faire la surprise.

         Je lui tombe dans les bras, on se partage les restes de toasts au saumon, on finit le champagne à peine entamé. Il me raconte par le menu son épopée, je lui narre en riant mon rituel avorté. Puis on va se coucher.

         Zoé naîtra demain, quand Sylvain sera reparti. Pour l’heure, j’ai mieux à faire.

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 07:19

Episode 103

         Résumé des chapitres précédents : Zoé et Branquestein, déguisés en marchands, vont se rendre au palais d’Ibn-el-Zarzour pour tenter de retrouver Chouchou.

 

         Le adieux furent touchants.

         — Je serais bien restée un peu plus longtemps, moi, soupira Zoé en embrassant Monique.

         Branquestein, en revanche, piaffait d’impatience.

         — Allons, dépêchez-vous ! Chaque minute compte !

         Avec un dernier regard mélancolique au fortin du bonheur et à ses occupants, elle le rejoignit sur le dos du chameau accroupi. De part et d’autre de la selle étaient suspendus des ballots de tissus qui battirent ses flancs quand il se releva.

         — Cette sacrée Monique a pensé à tout, dit Zoé, attendrie.

         Un dernier signe de la main... Quelques bisous jetés vers le fortin qui, peu à peu, disparaissait au loin... Après la douce halte, l’aventure trépidante continuait !

         Le but du périple n’était qu’à une demi-journée de marche, si bien que, vers le soir, nos héros purent voir se dessiner une ville, à l’horizon. Vision de rêve, digne des Mille et Une Nuits ! Le palais, ses arcades et ses minarets émergeait d’une multitude de petits dômes blancs, sertis dans un écrin de jardins et de palmeraies.

         — Que c’est beau, toute cette verdure ! s’extasia Zoé.

         — Bah, ce n’est qu’un oasis et quelques constructions, lâcha Branquenstein, décidément de fort méchante humeur.

         Zoé estima inutile de répondre. Elle ne supportait pas la mauvaise-foi mais, en revanche, compatissait aux amours contrariées de son partenaire. Elle se contenta donc de lui tapoter le dos, en guise de réconfort, tandis qu’il atteignaient les portes de la cité.

                                                                                                                      (A suivre)

 

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 07:04

 

La vie parisienne

       Ma voisine rentre d’un week-end à Paris, chez sa mère, sexagénaire obèse.

         — Alors, c’était comment ?

         — Fatigant.

         Elle arbore, en effet, une mine de papier mâché.

         — Tu as trop fait la fête ?

         — Penses-tu ! Je n’ai pas fermé l’œil, tout simplement.

         — À cause de la circulation ?

         — Non, d’une éléphante en rut.

         Ai-je mal compris ? Je lui fais répéter. Devant mon air stupéfait, elle explique :

         — Ma mère habite à côté du Jardin des Plantes, et l’éléphante du zoo a barri toute la nuit.

         Je pouffe de rire, soulagée. Un instant, j’ai cru à une métaphore...

 

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 06:17

 

Episode 102

         Résumé de chapitres précédents : durant l’attaque de la caravane d'Ibn-el-Zarzour, destinée à répandre les conteneurs dans le sable, Chouchou a disparu.

 

         Force fut à nos amis de se rendre à l’évidence :  le malheureux Chouchou avait été enlevé. Ou alors...

         — Il est peut-être parti de son plein gré ? suggéra Zoé.

         — Ça, c’est impossible ! se récria Branquestein avec indignation. Jamais Dora ne m’aurait trahi. Nous nous aimons, vous comprenez ? NOUS NOUS AIMONS !

         Il martelait ces mots avec une pathétique ferveur, comme pour s’en convaincre lui-même.

         — Certes, admit Zoé, conciliante. Mais Chouchou ? Il a son mot à dire, lui aussi, dans cette affaire !

         — Je vous rappelle qu’il est muet.

         — Ne soyez pas stupide, docteur Branquenstein. Vous savez aussi bien que moi que cet être hybride a une double personnalité. Vous connaissez très bien l’une d’entre elles, mais j’ai expérimenté l’autre. Que vous le vouliez ou non, Chouchou est l’esclave de ses sens. Supposons qu’un caravanier lui ait plu ?

         — Je ne vous permets pas de...

         Monique, qui suivait la conversation, interrompit d’un geste la réplique écumante du resurrectologue.

         — Quoi qu’il en soit, vous devez le retrouver, déclara-t-elle. Et pour cela, une seule solution : vous rendre d’urgence au palais de l’émir. Incognitos, bien sûr !

         Le ton était sans réplique.

         — Mouloud, va me chercher des habits de marchands, dans la réserve. Et fais préparer un chameau. Nos invités nous quittent.

                                                                                                                     (A suivre)

 

 

 

 

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 04:48

 

Trauma

       Lorsque sortit Rencontre du troisième type, Alex, féru de ce genre de film, s’empressa d’aller le voir. Seul. Perso, ça ne me disait rien, et les gamins étaient trop petits.

         Le lendemain soir, à table, il nous raconte l’histoire. C’est un conteur hors-pair qui sait captiver son auditoire. Nous sommes tous trois haletants, suspendus à ses lèvres. Or, parvenu à la séquence — particulièrement impressionnante — où les extraterrestres enlèvent le petit garçon... 

         Pouf ! la lumière s’éteint.

         Ce cri qu’on pousse, les gosses et moi !

 

         La coupure d’électricité n’a duré que quelques secondes. Nous avons rerouvé nos deux fils sous la table, tremblant de tous leurs membres. Je crois qu’ils ont eu la trouille de leur vie.

         Moi aussi.

         Bien joué, l’EDF !

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 06:30

Episode 101

 

         Résumé des chapitres précédents : Le clan des buveurs de dattes, qui a pris nos héros en affection, veut intercepter la caravane d’Ibn-el-Zarzour pour se débarrasser du sperme de Chouchou.

 

         La caravane se composait d’une demi-douzaine de chameaux chargés de conteneurs métalliques, et d’une poignée de chameliers. En apercevant nos amis, qui leur faisaient des signes sur le bord de la piste, ils s’arrêtèrent.

         — Bonjour, dit Zoé (qui avait profité de son séjour pour assimiler quelques rudiments d’arabe). Que transportez-vous ?

         Le chamelier en chef eut une moue indécise.

         — Je n’en sais rien... Ça vient de France !

         — Par bateau ?

         — Oui...

         Cette réponse donna le signal de l’attaque. Banquenstein siffla, et aussitôt, des hommes masqués et armés jaillirent de derrière les dunes. Sous les yeux hagards des chameliers, paralysés d’horreur, les conteneurs furent désanglés, jetés à terre et criblés de balles. Puis, tandis qu’ils répandaient à gros bouillons leur contenu sur le sable, Abdelkadder, qui dirigeait la manœuvre, lança aux pauvres bougres :

         — Maintenant, barrez-vous !

         Afin de hâter la chose, il tira quelques salves en l’air, si bien que bêtes et gens s’enfuirent ventre à terre, sans demander leur reste. Puis les rebelles reprirent le chemin du fortin, en se félicitant d’avoir mené cette mission à bien « les doigts dans le nez ». 

         Ce n’est qu’une fois rentrés que Branquestein s’enquit :

         — Mais... où est passé Chouchou ? 

         Personne ne l’avait vu.

         — Chouchou ! Chouchouuu ! Où es-tu ? cria le chirurgien, les mains en porte-voix.

         Force lui fut bientôt de se rendre à l’évidence : son petit protégé avait disparu.

                                                                                                                                   (A suivre)            

 

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