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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 06:59

Episode 94

         Résumé des chapitres précédents : nos trois héros sans peur et sans reproche, cachés à l’arrière du camion, attendent que les sbires d‘ Ibn-el-Zarzour chargent les conteneurs en provenance de la BNS.

 

         Dans l’obscurité suffocante de leur cachette, ils entendirent revenir les militaires. Ça piétina, ça lança des ordres secs en arabe, ça aboya, même, par moment. Quelqu’un fut violemment poussé dans la remorque et faillit écraser Chouchou qui poussa un contre-ut (qui se perdit dans le bouhaha, heureusement), puis le camion démarra.

         De conteneurs, point.

         Pas la queue d’un.

         — Mais..., souffla Zoé, stupéfaite.

         À tâtons, elle chercha Branquenstein pour le prendre à témoin. Bien que silencieux, ce dernier semblait aussi ahuri qu’elle. Quant à Chouchou, il s’était carrément endormi.

         Il n’était pas le seul. Dans le camion règnait une chaleur moite invitant à la somnolence, de sorte que les militaires, assis sur des bancs, dodelinaient de la tête. Certains d’entre eux ronflaient, la Kalachnikov entre les genoux et la joue posée sur le canon. Seul le prisonnier se tortillait comme un ver, en marmonnant des imprécations.

         Cela dura, oh, une bonne heure, voire deux. Nos héros avaient pardu toute notion du temps. Eux aussi, saisis par la torpeur ambiante, piquaient du nez dans l’ombre, lorsque soudain...

         Ce fut d’une brièveté et d’une violence sans nom. Des cris extérieurs éclatèrent ; des galops de chevaux, des coups de feu. Le camion freina net. L’habitacle, envahi par une horde hurlante, fut subitement le théâtre d’affrontements sanglants. La bâche qui recouvrait la remorque fut arrachée, livrant ses occupants à la morsure ardente du soleil.

         Le prisonnier, bien qu’ayant les poignets attachés, sauta dehors.

         Zoé en fait autant, suivie par Branquenstein qui traînait Chouchou, à moitié dans le cirage. Ainsi, tandis que dans le camion le combat faisait rage, se retrouvèrent-ils en plein désert. 

                                                                                                                               (A suivre)

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 07:26

 

Prophylaxie

       Nous avions au Liban des bidets merveilleux, munis d’un petit jet divinement bien placé qui transformait l’hygiène en une partie de plaisir. Un jour où j’en chantais les louanges à mon frère, il m’annonça tout de go :

         — Tu sais que maintenant, ils sont interdits ?

         La nouvelle me fit l’effet d’une bombe. Grands dieux ! La foutue morale de ma mère sévissait-elle jusque dans le design sanitaire ?

         — Pourquoi ? m’enquis-je, sur la défensive.

         — Ce sont des vecteurs de maladies vénériennes.

         Ah bon, c’était pour la bonne cause ? Alors, rien à redire.

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 01:33

 Episode 93

          Résumé des chapitres précédents : Zoé a saboté le camion des militaires en mettant une patate dans le tuyau d’échappement (preuve qu’elle maîtrise AUSSI la mécanique ; décidément, cette femme sait tout faire avec ses petites mains !)

 

         Ayant regagné leur observatoire, notre trio put assister à la déconfiture des émissaires de l’émir, à leur colère spectaculaire, mélange de glapissements, de gesticulations et de coups feu tous azimuts, ainsi qu’à leur impuissance face à une panne inexplicable (vu qu’ils avaient tous le nez dans le capot, alors que le problème se situait à l’autre bout).

         Pendant ce temps, le déchargement du cargo se poursuivait. Le contenu de sa soute, transporté par grue, fut entreposé dans d’immenses hangars. 

         Il fallut presque une heure avant que la dépanneuse, appelée en urgence, ne se pointe, et trente secondes à peine pour que le garagiste découvre le pot aux roses. On imagine sans mal la fureur des militaires ! Dans leur rage, ils s’apprétaient à fusiller tout le monde quand un jeune docker demanda la parole. Et Zoé le vit nettement mimer l’introduction de la pomme de terre, puis indiquer du doigt la direction de l’hôtel.

         — Merde, quelqu’un nous a vus ! s’étrangla-t-elle. Faut qu’on se casse fissa !

         Ils sortirent de justesse, avant l’arrivée en fanfare des militaires. Et tandis que ces derniers envahissaient l’établissement, ils se glissèrent... dans le camion.

         Quelle bizarre idée, de se jeter dans la gueule du loup, me direz-vous. Certes, mais c’était aussi le plus sûr moyen de rejoindre, au plus vite, le palais d’Ibn-el-Zarzour. Et surtout de ne pas perdre le chargement de vue !

         Des bâches traînaient à l’arrière du camion ; nos intrépides héros se planquèrent dessous et attendirent.

         Vous aussi, vous allez attendre. Le prochain épisode, eh oui ! Après-demain... C’est long, deux jours de suspens, gnierk, gnierk, gnierk !

                                                                                    ( A suivre)

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 07:48

Grosse trouille dans la pénombre

        Se faire peur à soi-même, je connais. Ça m’est arrivé un nombre incalculable de fois. Comme ce fameux soir d’été 1995...

         Nous étions à la ferme, en Anjou. Cette ferme se composait de deux bâtiments : une maison d’habitation, où vivait Olivier avec femme et enfants, et une enfilade de grange, écurie, étable, remise à bois, que Sylvain restaurait dans ses moments perdus. Durant plusieurs étés, nous avons donc « campé » dans cette longère ouverte à tous vents, sous les poutres d’où pendaient des toiles d’araignées centenaires...

         Ce soir-là, donc, tandis que tout le monde joue aux cartes chez Olivier, j’écris ; j’ai promis à Jean Rollin un roman pour la rentrée. Or, selon mon habitude, je situe l’intrigue dans l’endroit où je me trouve. En gros, une petite fille assassinée a été enterrée dans une grange désaffectée qu’un couple de Parisiens achète vingt ans plus tard, pour la transformer en résidence secondaire. À leur contact, l’esprit de la morte se réveille, îvre de vengeance...

         Je suis complètement engloutie dans mon récit quand, relevant par hasard la tête, je constate : 1) que la nuit est tombée 2) qu’une ombre épaisse m’enveloppe, faiblement dissipée par le halo de l’écran 3) que je tourne le dos à l’endroit exact où j’ai situé la tombe du fantôme. De plus, le vent qui vient de se lever gémit entre les pierres disjointes...

         Cette plainte macabre, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Une trouille monstre me saisit. Plantant mon texte au beau milieu d’une phrase, je prends mes jambes à mon cou et file vers la maison voisine, où mon irruption n’interrompt même pas les joueurs.

         Il me faut dix bonnes minutes et un verre de rosé pour me remettre. Cette fois, promis-juré, j’arrête d’écrire des abominations. Il y va de mon équilibre, merde !

 

           « Petite chanson dans la pénombre » paraîtra six mois plus tard, aux éditions Florent-Massot. Il sera suivi de nombreux romans du même acabit qu’on peut lire, aujourd’hui, réédités dans deux gros recueils : « Le club des petites filles mortes » et « Les filles mortes se ramassent au scalpel ».

        

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 08:13

Episode 92

         Résumé des chapitres précédents : Nos trois héros débarquent à Doha afin d’intercepter le cargo transportant la semence de Chouchou, destinée au harem de l’émir Ibn-et-Zarzour.  

         Quand le cargo s’engagea dans le Golfe persique, Zoé le guettait à la jumelle, depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel.

         — Le voilà ! annonça-t-elle à Branquenstein, qui vernissait minutieusement les ongles de Dora.

         Délaissant ses délicates occupations, le resurrectologue se joignit à elle et ils suivirent tous deux la progression du bâtiment dans les eaux territoriales qataries.

         — Oh, regardez ! dit tout à coup Zoé, en passant les jumelles au médecin.

          Un semi-remorque rempli de militaires en armes venait de faire irruption sur le quai de déchargement.

         — Ne seraient-ce pas les hommes de l’émir, chargés de réceptionner la marchandise ?

         — Ça m’en a tout l’air.

         — Il faut les empêcher d’en prendre livraison !

         Joignant le geste à la parole, Zoé se rua dehors, suive de près par ses deux compagnons.

         Lorsqu’ils parvinrent à leur tour sur le quai, les occupants du camion —  une demi-douzaine d’hommes en treillis et keffieh, brandissant des kalachnikov — avaient délaissé leur véhicule pour surveiller de près les manœuvres du cargo.

         — C’est le moment ou jamais, souffla Zoé à ses complices.

         Et, ni une ni deux, elle sortit une patate de sa poche et la fourra dans le tuyau d’échappement du véhicule. Puis tous trois regagnèrent l’hôtel comme si de rien n’était.

                                                                                                                    (A suivre)

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 07:28

 

Leçon de dignité

         Sur le quai du métro Châtelet, où je passais deux fois par jour pour aller et revenir du boulot, s’était installé un groupe de clodos. Ils y vivaient peinardement, faisant la manche, dormant, bouffant et picolant sans souci des vigiles de la RATP, plus cools en ce temps-là qu’aujourd’hui.

         Parmi eux, il y avait une femme qu’en mon for intérieur je surnommais Pépette. Quel personnage, grands dieux ! Une petite vieille d’au moins soixante-quinze ans, habillée en fillette. Couettes attachées par des chouchous de couleurs différentes selon les jours de la semaine, jupette plissée laissant voir ses gros genoux cagneux, chaussettes blanches, tennis... Et pimpante, avec ça ! Toujours propre, toujours tirée à quatre épingles ! Bref, elle me fascinait. J’en étais arrivée à la guetter bi-quotidiennement parmi la foule, et à être toute frustrée quand, par malheur, je la loupais.

         Un jour, n’y tenant plus, je descends de la rame et me dirige vers elle, dans l’espoir d’engager la conversation — ou, au moins, de lui exprimer ma sympathie. Elle me regarde approcher d’un air méfiant ; je lui souris avec une bienveillance un peu lourdingue. Alors elle me tire la langue, puis court rejoindre ses potes en sautillant.

         Ça, c’est de la dignité ou je ne m’appelle plus Gudule !         

          

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 07:58

Episode 91

          Résumé des chapitres précédents : Zoé retraverse le bois de Boulogne en sens inverse, pour aller préparer ses bagages.

 

         Tout en louvoyant entre les travailleuses et leurs clients — debout, assis, accroupis, voire allongés dans les fougères —, en enjambant des corps tordus par le plaisir, en contournant des couples frénétiques et des groupes emberlificotés, Zoé parvint à l’orée du bois. Mise en appétit par ce parcours d’obstacles, elle fit un petit crochet par le Georges V, histoire d’embrasser Asia Li-Li avant de rentrer chez elle. Puis s’occupa de son visa.

         A vingt heures tapantes, un taxi la déposait devant l’aéroport.

         Le voyage fut sans histoire. Chouchou avait emporté son catalogue et ne leva pas le nez jusqu’à destination. Zoé somnolait. Le docteur Branquenstein manucurait les doigts de Dora.  Ni attaque terroriste, ni détournement ne troublèrent la tranquillité des passagers. L’atterissange à Doha fut salué, selon la coutume en vigueur, par des applaudissements.

         Des taxis attendaient devant l’aéroport.

         — Au port ! dit Branquenstein, en s’engouffrant dans l’un d’eux, suivi de ses compagnons.

         — On va faire quoi ? s’enquit Zoé, tandis qu’ils sillonnaient à tombeau ouvert les rues de la capitale.

         Le résurrectologue lui décocha un regard las.

         — Se renseigner du jour et de l’heure d’arrivée du cargo qui transporte les conteneurs, évidemment ! Comment peut-on poser une question aussi stupide ?

         La commanderie du port leur ayant répondu « après-demain soir », ils s’accordèrent deux jours pour visiter la ville. (Ne comptez pas sur moi pour vous la décrire, je ne la connai pas. Mais si vous allez sur Wikipedia, votre curiosité sera amplement satisfaite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Doha)

                                                                                                                         (À suivre)


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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 07:14

Question existentielle

         Je devais avoir huit ou neuf ans quand une grave question me préoccupa : qu’est-ce qu’il valait mieux, la richesse ou l’amour ? 

         Jusque là, tout était limpide. L’amour, dans les contes de fées, est la valeur suprême ; c’était donc la mienne, par voie de conséquence. Or, dans une BD dont je raffolais (l’adaptation, en sépia et blanc, de contes persans du plus pur style hollywoodien), la belle Aïcha se trouvait face à un dilemme. Un émir et un bandit de grands chemins se disputaient ses faveurs. L’émir était moche mais lui offrait tout ce dont elle pouvait rêver : palais, bijoux, esclaves, jardins débordant des fleurs les plus rares, écuries remplies de purs-sangs fougueux. Le bandit, en revanche, faisait battre son cœur...

         Qui aurais-je élu, moi, à la place d’Aïcha ? Le barbon bourré aux as ou le séduisant gredin ? Impossible de me décider : tantôt je penchais pour l’un, tantôt je penchais pour l’autre. Après mûre réflexion, je demandai conseil à ma cousine Francette, de sept ans mon aînée.

         — L’émir, répondit-elle sans hésiter.

         Et de développer, avec force arguments, les raisons de son choix. Une existence dorée était, selon elle, mille fois préférable à une vie de misère, fut-ce dans les bras d’un beau brigand.

         — L’amour passe, le fric reste, conclut-elle. Et puis, tu imagines ? Tes enfants seront des princes, pas des va-nu-pieds !

         J’avoue avoir été bluffée par son bon sens. C’était quelqu’un, ma cousine !

         — Bon, d’accord, je vais épouser l’émir, finis-je par admettre. Mais je le regretterai peut-être...

         — Ça m’étonnerait ! Tu sais, quand on a goûté au luxe, on ne peut plus s’en passer. 

         Elle se trompait. Sitôt mariée, je m’enfuis du palais pour suivre le bandit. Sous mes dehors planplans, faut croire que j’étais une aventurière. En imagination, du moins... 

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 06:49

   Episode 90

        Résumé des chapitres précédents : Le docteur Branquenstein veut réserver trois place sur un vol pour le Qatar, afin de court-circuiter la cargaison de sperme en provenance de la BNS. 

        

         — Et le passeport ? dit Zoé, pragmatique. Je vous rappelle que Chouchou n’a pas d’existence légale.

         Le chirurgien émit un gloussement discret.

         — Pour ça, pas de problème : j’ai récemment ressuscité un faussaire de génie, mort d’un arrêt cardiaque dans une rafle de police. Il m’est très reconnaissant de lui avoir rendu la vie. Un simple coup de fil et il nous tirera d’affaire.

         Joignant le geste à la parole, il décrocha son téléphone, parlementa quelques instants.

         — C’est dans la poche, annonça-t-il en raccrochant. Il nous fait ça dans la journée. Ce soir, nous serons dans l’avion.

         Cette petite escapade paraissait l’enchanter. Un peu comme un départ en vacances, une cassure dans son existence routinière de resurrectologue.

         — OK, admit Zoé. Je rentre chez moi préparer mes bagages. On se retrouve où et quand ?

         Tout en parlant, Branquenstein pianotait sur son ordinateur.

         — Il y a un vol à vingt-deux heures par Saoudair. C’est une bonne compagnie. Disons vingt heures à Charles de Gaulle, ça vous convient ?

         Zoé, un peu étourdie par la rapidité des événement, opina. En fin de compte, se faire prendre en charge n’était pas foncièrement désagréable.

         — S’il y avait un contretemps, changement d’horaire, annulation ou autre, je vous avertirais dans la journée, conclut le chirurgien en lui ouvrant la porte. Sinon, à tout à l’heure ?

         — OK.

         L’instant d’après, Zoé retraversait le bois de Boulogne, grouillant de monde à cette heure de la nuit. 

                                                                                                                              (A suivre)

 

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 06:36

Nichon

         Beyrouth, 1965. Mon premier vrai travail : prof de dessin dans une école primaire réservée aux fillettes de la haute société. Une école de sœurs, je précise.

         Laissant mon bébé de trois mois à la garde de ma belle-sœur, je vais donner mon cours. Tous se passe bien durant une demi-heure, quand soudain, une élève lève le doigt :

         — M’dame, pourquoi il est tout mouillé, votre chemisier ?

         Oh, zut, mes seins débordent ! C’est bientôt l’heure de la tétée...

         Ni une ni deux, j’explique aux petites filles l’allaitement maternel. Ce qui les passionne, et pour cause : ces pratiques sont proscrites, dans la bourgeoisie libanaise. Le téton, c’est bon pour les bonniches, les femmes de la montagne. Chez elles, on n’utilise que du lait en poudre made in U.S.A. 

         Au terme de l’exposé, les questions fusent. Une en particulier :

         — Pourquoi vous n’emmenez pas votre bébé avec vous ? Comme ça, vous pourriez le nourrir quand le lait « monte ». Et en plus, on le verrait !

         Cette proposition recueille tous les suffrages.

         — Tope-là ! m’écriai-je, ravie (car je déteste être éloignée de Frédéric). Et pendant qu’il têtera, vous ferez des croquis que vous apporterez à vos mamans. Je suis sûre que ça leur plaira !

         Très fière de mon idée, je m’empresse de la mettre exécution. Ma « leçon de vie » se déroule à merveille. Jamais mes élèves n’ont été aussi aussi attentives, aussi silencieuses. Chacune repart donc avec son dessin — dont certains, sans me vanter, sont de vraies réussites.

         Le lendemain, convocation de la directrice.

         «  Elle va me féliciter de mon sens pédagogique », me dis-je en moi-même.

         Point du tout : elle me passe un savon. Mon « exhibition » a fortement déplu aux parents d’élèves. Depuis la veille, les plaintes affluent.         

         — Quelle honte ! Quelle indécence ! vitupère la religieuse, en brandissant quelques croquis, rapportés par les mères furibondes. Vous n’avez donc aucune pudeur, madame ?

         La gorge sèche, je tente de me justifier :

         — Mais, ma sœur, je n’ai rien fait de mal. En Belgique...

         — Nous ne sommes pas en Belgique ! Par votre comportement irresponsable, vous avez déshonoré cet établissement scolaire. Dorénavant, nous nous passerons de vos services.

         Elle me tend une enveloppe avec mon salaire.

         — Un conseil, achève-t-elle, tandis que je me dirige à pas lents vers la porte : si notre mentalité ne vous convient pas, retournez donc enseigner en Belgique ! 

         Voilà comment j’ai perdu mon emploi. Le premier d’une longue série...


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