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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 07:13

Je l'ai découvert au salon du livre de Gaillac. 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 06:41

Conscience professionnelle

         Une éditrice, moins jeune que la précédente mais tout aussi vindicative, m’impose d’insupportables remaniements de texte.

         — Mais pourquoi faites-vous ça ? m’énervai-je. Pour vous approprier les livres que vous publiez ?

         Elle me toise avec hauteur.

         — Tttt, pour les améliorer, tout simplement. C’est dans votre intérêt que je vous corrige. Vous devriez me remercier !

         — Et si je préfère ma version à la vôtre ? 

         — On n’est pas objectif vis-à-vis de son propre travail. Croyez-moi, si j’avais été l’éditrice de Flaubert, il ne s’en serait pas tiré comme ça. Jamais je n’aurais laissé Madame Bovary sortir dans cet état. Et je suis sûre que, contrairement à vous, il m’en aurait été reconnaissant.

         Brave Gustave, va !

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 07:36

            

           Episode 75

           Résumé des chapitres précédents : À l’arrivée de l’escadrille de bébés, des explosions de joie montent du cimetière. C’est bien réconfortant, même pour les morts !

 

         Comment rester insensible au bonheur de ces familles, en deuil quelques instants auparavant ? Nos héros, témoins de leurs retrouvailles, reniflaient et se mouchaient, en proie à une émotion, ma foi, bien légitime. Et c’est d’une voix rauque que Sire Concis déclara :

         — Mesdames et messieurs, ce jour est un grand jour pour nous tous. Car non seulement vos enfants sont vivants, mais ils se sont comportés en héros. Vous pouvez être fiers d’eux, ils viennent de sauver la terre d’un péril effroyable !

         Une ovation salua ces réconfortantes paroles, que couvrit bientôt  un concert de vagissements. Les bébés étaient fatigués et tenaient à ce que ça se sache. De sorte qu’en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, la foule se dispersa. Chaque couple embarqua son nourrisson, et ne restèrent, parmi les tombes, que nos quatre amis, épuisés mais heureux du devoir accompli.

         — Pauvre choupinet, dit Ruth, en regardant son fils avec attendrissement.

         Cédric, le pouce en bouche, s’était endormi sur une demi-douzaine de pierres tombales qu’il avait écrasées de son poids.

         — Nous devrions en faire autant, bâilla Zoé, en indiquant du doigt un petit mausolée accueillant. 

         Ils s’y glissèrent en douce. Une tripotée cercueils, posés côte à côte style dortoir, semblaient les attendre dans la crypte silencieuse. Chacun choisit le(s) sien(s), et ils s’allongèrent sur les couvercles, qui, après toutes ces aventures, leur semblaient aussi moelleux que des matelas de plumes. Trente secondes plus tard, ils dormaient à poings fermés.

         Est-ce maintenant que j’écris le mot « Fin », dites voir ?

                                                                                                                                   (A suivre)

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 07:41

 

manege2La très jeune éditrice

          Il y a une vingtaine d’années, j’avais écrit pour Hachette un court roman intitulé « Le manège de l’oubli », destiné aux lecteurs de neuf ans et plus. La très jeune éditrice en charge de la collection à laquelle je le destinais, le lit, me dit : « J’adore ! » et me rend mon manuscrit férocement annoté. En gros, un mot sur deux était à modifier. Je proteste ; peine perdue. La très jeune éditrice me démontre par A+B que j’ai tort et qu’elle a raison. Elle connaît son métier, quand même !

         Bref, force m’est, la rage au cœur, de défigurer un texte que j’estimais abouti. Sale boulot, je vous assure ! Quinze jours plus tard, ayant (très mal) vécu les affres de l’auto-mutilation, je lui rapporte la version « corrigée ».

         — C’est bizarre, mais maintenant je ne l’aime plus, s’étonne-t-elle, après l’avoir relue.

         Je lui suggère de prendre la version d’origine, ce qu’elle refuse avec indignation avant de conclure :

         — Désolée, j’en ai discuté avec mes collègues : nous ne pouvons pas publier ce livre.

          En réfrénant une violente envie de l’étrangler, je flanque le manuscrit traficoté à la poubelle et, dans la foulée, j’envoie l’autre, le vrai, aux éditions Nathan. Il sortira dans la collection « Pleine Lune », admirablement illustré par François Roca, et obtiendra de nombreux prix. Dix ans plus tard, il sera repris par les éditions Lito, toujours sans la moindre modification.

         J’ai revu l’éditrice l’année dernière, dans un salon du livre. Elle avait vieilli et s’était recyclée dans l’immobilier.

 

 

  

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 20:03

J'y serai samedi et dimanche, alors, si vous habitez dans le coin (et si le cœur vous en dit)...

http://www.salonlivregaillac.fr/

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 06:58

 

         Episode 74

        Résumé des chapitres précédents : Nos trois héros rentrent à Maldonjon, après leur victoire sur les extraterrestres. Les bébés géants ont bien besoin d’un petit somme ! Hélas, le chateau est réduit en cendres...

 

         — Mais... mais... que s’est-il passé, ici ? s’étrangla Sire Concis devant les ruines de ce qui avait été son foyer. (A l’évidence, il n’avait pas lu l’épisode 62.)

         Des bâtiments, du parc ne restait qu’un amas de décombres grisâtres d’où toute trace de vie avait disparu. Ce que voyant, les bébés se mirent à pleurer. Et l’on put entendre, saturant le ciel, cette plainte déchirante émise par des centaines de gorges déployées : «  Dodo... »

         — Impossible de se poser, constata Sire Concis, en rasant les cendres encore fumantes. Le sol est brûlant.

         — Qu’allons-nous faire des gosses ? gémit Ruth. Ils n’en peuvent plus.

         —N’y a-t-il pas un espace vert dans ce bled ? s’énerva Zoé. Je ne sais pas, moi, un terrain de sport, un jardin public, un stade ?

         — Non. C’est tout petit, tu sais, et à part le cimetière...

         — Va pour le cimetière, souffla Sire Concis. À gauche, toutes ! ajouta-t-il, en direction des mômes.

         Or, le cimetière était plein à craquer. Car c’était là qu’avait abouti la marche blanche, organisée une heure plus tôt par les parents des poupons, convaincus que leur progéniture avait péri dans les flammes. L’arrivée de nos amis transforma les pleurs et les grincements de dents en une explosion de joie.

         — Regardez, les voilà !

         — Ils ne sont pas morts !

         — Etienne !

         — Marcel !

         — Jean-Paul !

         — Mama !

         — Arheu !

                                                                                                                            (A suivre)

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 07:23

Echo du village (2)

          J’ai, dans le village, une petite maison destinée à loger la famille et les amis, que je loue parfois à des vacanciers. Un matin, une dame d’une quarantaine d’années vient sonner à ma porte. Elle cherche un gîte pour l’été. Comme la maison est libre, je la lui fais visiter. À peine entrée, elle fond en larmes.

         — C’est un signe de Dieu, s’écrie-t-elle. Ce lieu m’est destiné, je le sens. Je vais m’y installer définitivement.

         Embarrassée par un tel enthousiasme — qui me semble quelque peu excessif, vu que le gîte est sympa, certes, mais sans plus  —, je lui explique que ce n’est pas possible : je tiens à garder un pied-à-terre disponible pour mes proches.

         — Vous changerez d’avis, assure-t-elle. Les vibrations de cet endroit sont en accord avec les miennes, vous comprenez ? Je dois habiter ici, c’est une question de karma !

         Elle me tend sa carte.

         — Rappelez-moi dès que je pourrai emménager.         

         Et elle s’en va, non sans voir marqué la porte d’un signe de croix.

         Je jette un coup d’œil sur la carte : Adelaïde, voyante. Je ne l’ai jamais rappelée. Elle non plus. Faut dire, j’avais omis de lui donner mon numéro...

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 06:12

Si vous n'avez rien d'autre à faire, entre 17 et 18 h, écoutez donc l'émission "Tu t'es vu quand t'as ri" (rcn-radio.org). Ça peut se capter sur l'ordinateur, c'est du pur direct et j'y serai interviewée cet après-midi. 

Ah, une dernière chose : la devise des animateurs est : "Faites l'humour, pas la gueule". Tout un programme !

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 05:43

Episode 73

         Résumé des chapitres précédents : Les bébés attaquent la pollution vivante avec leur arme fatale : la pissouille. Cette scène est à déconseiller fortement aux âmes sensibles.

 

         Vision d’horreur : sous la douche éjectée par les poupons ailés, les êtres de mazout commencèrent par se tordre, avec des hurlements de douleur. Remous et soubresauts les agitaient frénétiquement. Cette hideuse agonie fut de courte durée. Bientôt, les résidus de leurs corps, dissous par l’acide urique, se répandirent en longue traînées noires dans le caniveau. Une bonne partie coula dans les égoûts tandis que l’autre, étalée sur l’asphalte, donnait l’impression d’un revêtement neuf.

         Il n’y eut aucun survivant, l’armée de bébés, coatchée par Sire Concis, inondant méthodiquement la colonne d’extraterrestres sur toutes sa longueur. Une bonne partie du cricuit routier fut, de la sorte, goudronné sans faire appel aux deniers publics. En revanche, il fallut nettoyer les égoûts, saturés par les milliers de litres de mucus noirâtre, affreusement gluant. Mais ça, ce n’est pas notre affaire (excepté au moment de payer nos impôts)...

         Pour l’heure, la joie régnait au sein de la résistance. Enivrés par leur éclatante victoire, les bébés tout nus formaient une ronde dans le ciel. Quant à nos amis, tombés dans les bras les uns des autres, ils se congratulaient avec des larmes de bonheur.

         La planète était sauvée ! Les êtres humains, délivrés de la menace extraterrestre, allaient pouvoir continuer à polluer, désertifier, nucléariser, génocider impunément. Trop belle, la vie ! (comme disent les imbéciles).

         — Et maintenant, à la maison ! décida Sire Concis, une fois les embrassades terminées.

         Ainsi toute la troupe regagna-t-elle Maldonjon.

         Dont il ne restait, hélas, que des cendres...

                                                                                                                             (A suivre)

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 05:58

Le chien de tous les dangers

         Un dimanche d’été, nous improvisons, avec Sylvain et quelques amis, une petite virée à Bruxelles. Freddy, bien entendu, est de la partie (vous vous souvenez, le pinscher défiguré ?). Nous voilà donc partis en bande, dans notre 4X4 pourri. Vieux marché, moules frites, chopines à la terrase de Faslstaff, puis retour vers Paris, aux alentours de minuit. Et panne, sur l’autoroute nocturne.

         Nous sommes, par chance, à quelque cinq cents mètres d’une station service. Tout le monde descend de voiture et pousse.

         — Oh ! s’exclame soudain Ingrid. Il y a une bête accroupie sur le bas côté.

         En fait de bête, il s’agit de Freddy qui, profitant de notre inattention, s’est s’éclipsé en douce. Je me rue sur lui avec tant d’empressement qu’il prend peur et détale. Ce que voyant, Sylvain lâche son volant pour s’élancer à sa poursuite.

         Dans le noir.

         En zigzaguant parmi les bagnoles qui roulent à 130...

         Bon, ils s’en sont sortis indemnes. En raison de l’heure, la circulation était bien ralentie. Seuls un crissement de freins, deux trois appels de phares et quelques coups de Klaxon ont sanctionné la performance. Et Sylvain a triomphalement ramené le fugueur, qu’il a attaché au tableau de bord avant de reprendre sa manœuvre.

         N’empêche, une heure plus tard, je tremblais encore.

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