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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 07:13

Le sens de la vie

  Je devais avoir huit ou neuf ans quand cette question  commença à me turlupiner : comment faisait-on les enfants ? Jusque là, je m’étais contentée de l’explication de ma mère : la future maman prie avec ferveur, et si le Bon Dieu estime qu’elle en est digne, il place un bébé dans son ventre. En gros, selon ce principe, toutes les femmes étaient des Saintes Vierges.

         La charmante illusion eut pu durer longtemps s’il n’y avait eu les copains du Thier-à-Liège et leur fameuse « councougne ».

         Ayant entendu à plusieurs reprises ce mot de swaïli, ramené du Congo par les coloniaux, j’en demandai le sens à Jean-Aimé dont le père avait fait son service dans les paras. Il se mit à rire et ébaucha un geste — l’index de sa main droite entrant et sortant de son poing gauche — qui, bien qu’éloquent, ne m’éclaira guère.

         Devant mon air perplexe, il précisa :

         — Les parents councougnent pour mettre la graine.

         Et comme je ne comprenais toujours pas, il m’indiqua deux chiens — dont la caniche de ma tante — en train de copuler :

         — Comme eux, quoi ! Après, Mirza aura des jeunes.

       Offusquée par la grotesque comparaison — et l’ignominie qu’elle sous-entendait —, je m’écriai :

         — Je ne te crois pas, t’es rien qu’un menteur ! Jamais mes parents ne feraient ce truc dégoûtant !

         Pourtant, bien que je m’en défende, le doute était semé. Aussi, quand Mirza accoucha, interrogeai-je l’aîné de mes cousins qui l’assistait :

         — Ça se passe comme ça, la naissance des enfants ?

         — Bien sûr, répondit-il. Tous les êtres vivants se reproduisent de la même manière.

         — Et... euh... le truc d’avant, pour les fabriquer ?

         — Pareil.

         À dater de ce jour, j’ai regardé ma mère d’un autre œil. Sous ses airs puritains, elle avait vraiment une curieuse façon de prier ! 

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 06:58

Episode 50

  Résumé des chapitres précédents : Maldonjon, la fermette de Sire Concis et Ruth Prout, n’est pas réellement appréciée, dans le coin. Mais bon, quand on voit la note de restau des touristes, on se dit que les locaux n’aiment pas les étrangers, point barre. Pas de quoi en faire un fomage !

 

         «  C’est ça, leur fermette ? » s’étonna Zoé.

         Sur la grille rouillée qui donnait accès à la propriété, une plaque de cuivre à moitié déglinguée indiquait, en effet, « Maldonjon ». De l’autre côté, c’était la jungle. Un intextricable fouillis végétal d’où émergeaient les tours d’une sorte de château en ruine — ou, du moins, en mauvais état.

         « Normal, au prix où sont les artisans, pensa Zoé, en poussant le portail grinçant. S’ils s’alignent sur le tarif des auberges ! »        

         Le crépuscule noyait d’ombre le parc mal entretenu. Bien qu’avançant à l’aveuglette, notre héroïne parvint — après moult égratignures, piqûres d’orties et torsions de chevilles —  devant le bâtiment. Elle escaladait le perron branlant quand un cri s’éleva dans l’ombre. Mais un cri... un cri !

         Terrifiant. Énorme. Assourdissant. Horrible. Et tel que le château vacilla sur ses bases.

         — Mon Dieu ! souffla Zoé, épouvantée. 

         Elle redévalla les marches aussi sec, pour aller se planquer dans un fourré voisin.

         Sur ces entrefaites, un deuxième cri succéda au premier, puis un troisième, plus inhumains encore (si c’est possible).

         Le sol trembla.

         Les rapaces nocturnes s’enfuirent en raffale.

         Un loup, quelque part, hurla à la mort.

         Et dans l’atroce silence qui suivit, l’on put entendre une voix douce proférer :

         — Voyons, mon chéri, calme-toi. Elle n’est pas si mauvaise, cette soupe... Regarde, j’en mange !

                                                                                                                                 (A suivre)

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 06:56

Les couvertures qui grattent

C’est stipulé sur les contrats : le « packaging » des livres ne concerne que l’éditeur. L’auteur n’étant, par essence, pas habilité à commercialiser son œuvre, la couverture, la quatrième de couv, voire même le titre ne sont pas de son ressort. Ça donne parfois des résultats bizarres. Je me souviens d’un petit roman érotique, paru en 1986 dans la presse de charme, que j’avais intitulé « Le sexe des anges ». À mon insu, et par la grâce du rédacteur en chef, c’était devenu « Soumise à mon élève » — ce qui n’avait strictement rien à voir avec l’histoire mais était, paraît-il, plus vendeur. Les amateurs d’institutrices masos n’ont pas dû apprécier ! 

En ce qui concerne les quatrièmes de couv, rédigées d’ordinaire par le directeur de collection (ou son assistante), nous avons plusieurs cas de figure :

1) Le résumé est si éloigné de l’intrigue que l’auteur lui-même s’y perd. Cette interprétation subjective peut aller jusqu’à trahir totalement sa pensée, et lui faire dire l’inverse de son propos.

2) Le truc dévoile, en trois lignes, un suspense distillé parcimonieusement sur deux cents pages.

3) C’est tellement mal écrit que ça ne donne pas du tout envie de lire le livre.

4) La personne, trop pressée, n’a eu le temps de parcourir que quelques chapitres, et base tout son argumentaire sur une anecdote sans le moindre intérêt.

Rares sont, hélas, les éditeurs qui ont l’intelligence de confier cet exercice à l’auteur, qui est pourtant le mieux placé pour faire la synthèse de son propre texte — enfin, il me semble.

Quant aux illustrations, alors là... Nous touchons un sujet sensible. Que de fois, au cours de ma carrière, j’ai grincé des dents devant mon bébé défiguré ! Un exemple au hasard : « La vie en Rose », repris par France Loisirs dans sa collection Piment. Le roman débute ainsi Rose n'était pas jolie, ça, non ! Le genre souffreteuse à la limite de l'anorexie. Un nez trop long, des lèvres trop minces, une petite tête aux cheveux ras posée sur un frêle cou de victime, pas de seins, pas de hanches... Bref une allure pitoyablement androgyne alors que l'époque prônait les stars mamelues, à la taille fine et au fessier avantageux. Or, la couverture s’orne du portrait — affreux ! — d’une grosse blonde boudeuse aux cheveux longs...

 Gudule-La-Vie-En-Rose-Livre-767599735 ML

Ces pataquès éditoriaux seraient risibles si, neuf fois sur dix, ils n’engendraient ce corollaire cynique :

 — Désolés, mais vu les chiffres de vente de votre dernier livre, nous ne pouvons pas vous prendre le suivant.

 Sachez, bonnes gens, que quand un bouquin fait un flop, c’est toujours la faute de l’auteur.

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 07:01

 Episode 49

          Rien de tel qu’une bonne marée noire pour éliminer la descendance du Petit Prince et sauver l’humanité du péril extraterrestre. Tandis que les secours s’organisent dans les régions dévastées, Zoé va rendre compte à Ruth Prout de son action. Hélas...

 

         Quand Zoé parvint dans la chambre, elle la trouva vide, et le lit fait. Renseignement pris, la blessée était partie à l’aube, par la fenêtre, à dos de dragon.

         — Auriez-vous son adresse ? demanda Zoé, effarée.

         On la lui donna. Sautant dans sa voiture, elle retraversa aussitôt la France, direction : les Pyrénées. (C’est fou ce que ça bouge, dans cette histoire !)

         Elle atteignit la Montagne Noire — but de son périple — dans la soirée. Ruth Prout et Sire Concis habitaient au lieu dit « Maldonjon », qui ne figurait sur aucune carte et que ne signalait aucun panneau indicateur. Force fut donc à Zoé de s’arrêter dans une auberge pour y demander sa route. Ce qui ne lui déplut pas, d’ailleurs : elle avait faim, soif, et envie de pipi.         

         L’endroit était plein à craquer.

         Tout en commandant de quoi se restaurer, notre héroïne s’enquit :

         — Savez-vous où se trouve Maldonjon ?

         Aussitôt, le silence se fit dans la salle. Les visages blémirent. Les traits se crispèrent. Et d’une voix tremblante, le patron bredouilla :

         — M... Maldonjon ?

         — Ne prononcez jamais ce nom en ma présence ! lança un client.

         — Fasse le Ciel que cet endroit maudit disparaisse à jamais ! cria un autre.

         — Vous en avez marre de vivre, mademoiselle ? demanda un troisième.

         Ce n’était pas très engageant. Plus impressionnée qu’elle ne voulait le paraître, Zoé insista, néanmoins. À contrecœur, le patron lui indiqua la route à suivre, avant de lui présenter une note exorbitante — que, pressée d’échapper à l’ambiance étouffante, elle ne contesta pas (et pourtant, il y aurait eu de quoi : quarante euros pour un peu de râgout et une demi bouteille de Badoit,  hein, franchement, c’est pas du vol ?)

                                                                                                                             (A suivre)

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 06:33

Rue de la peur (le retour)

  Eh oui : tel le Phénix de la légende, Brigand est rené de ses cendres. Hier soir, Phiphi et moi remontions tranquillement la rue du Chien qui pisse quand il surgit de l’ombre. Aussi effrayant que jadis, et même nettement plus, du fait de sa mutilation. Après quelques semaines de convalescence, à stagner telle une flaque sur le seuil de sa maison, il avait repris du poil de la bête. Et attendait son heure. 

Cette heure était venue.

Phiphi allait payer pour toutes les brimades que, sûr de l’impunité, il lui faisait subir. Car non content de boire dans sa gamelle et de lui piquer ses os, il avait commis ce sacrilège ultime : marquer son territoire jusque sur sa personne...

Ça méritait la mort !

Avec un aboiement sauvage, la brute estropiée se rua sur mon chien qui détala sans demander son reste. Et en dépit de mes exhorations : « Arrête, Brigand ! Arrête ! », il s’élança à sa poursuite.

C’est qu’il était rapide, malgré sa patte manquante ! J’ai encore dans l’oreille les glapissements d’effroi du pauvre Philémon, fuyant éperdument devant ce tueur de cauchemar. Je sens que le promenades vont encore être folklos, dans les jours à venir !

 

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 04:53

Episode 48

  Résumé des chapitres précédents : Ça y est, Zoé est entrée en résistance. Vêtue de la combinaison de plongée de Ruth Prout, elle vogue vers la haute mer. Que peut-elle bien tramer ?

 

         Grâce à la boussole, Zoé n’eut aucun mal à situer le Dark Vomi, pétrolier vétuste dont Green Peace réclamait le retrait depuis des lustres, et qui mouillait au large des côtes normandes. Bien que la nuit fut tombée, la pleine lune éclairait suffisamment la scène pour lui permettre de mener son projet à bien.

         Armée de son équipement, elle nagea jusqu’au flanc du navire pour y fixer sa charge d’explosifs, puis s’éloigna dare-dare.

         L’explosion déchira la nuit, projetant tous azimuts des gerbes d’écume dont les remous faillirent engloutir le canot. Tandis qu’elle regagnait le rivage, Zoé pu voir jaillir, des soutes crevées du Dark Vomi, un sang noir et huileux qui couvrit la mer d’une nappe obscure...

         Ce fut une catastrophe écologique sans précédent. Plage polluée sur des centaines de kilomètres, faune et flore détruites, émanations nauséabondes... Le climat lui-même s’en trouva perturbé : d’épais nuages chargés de gaz toxiques empestèrent l’atmosphère, la rendant irrespirable. Les mouettes qui échappèrent à l’engluement de mazout périrent par asphyxie, et leurs cadavres jonchèrent le littoral en deuil. Des cas d’allergies galopantes se déclarèrent, il fallut d’urgence évacuer les populations.

         Face à cette catastrophe nationale, Zoé se frottait les mains. Car, quelle que soit l’importance du désatre, c’était du pipi de chat à côté de celui qu’elle venait d’éviter.

         Assurément, les sirènes de l’espace étaient mortes, avec le fruit de leurs amour coupables.

         Peut-être même qu’Aladdin y était passé, lui aussi.

         Et pourquoi pas Aurore et son saint Joseph mou ?

         Ainsi raisonnait notre héroïne, le lendemain matin, en se rendant toute guillerette à l’hôpital, pour annoncer la bonne nouvelle à Ruth. Mais une surprise l’y attendait...  

                                                                                                                                 (A suivre)

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 07:34

Echos du village 

  Minuit... Insomnie. Je me lève, enfile ma salopette et vais me promener. J’adore les rues du village endormi. Pas un bruit, pas un souffle, juste la lune sur les vieilles pierres, une brise légère, et quelques chauves-souris qui tournoient dans l’ombre.

Soudain, en passant devant chez Thérèse, dame  respectable d’une soixantaine d’années, notoirement célibataire :

— Non, ça suffit comme ça ! entends-je, sortant par la fenêtre ouverte. Tu es un vrai obsédé, ma parole ! Fiche-moi la paix, laisse-moi dormir !

Je tends l’oreille dans l’espoir d’identifier l’obsédé en question — curiosité oblige ! — mais il se tait piteusement. Il doit bouder, je suppose.

Le lendemain, croisant Thérèse à l’épicerie, je lui glisse, mine de rien :

 — Tu as reçu de la visite, hier ?

 Elle secoue négativement la tête. Je n’insiste pas. La vie privée, hein, c’est sacré...

 Comme nous sommes voisine, on fait le chemin du retour ensemble.

 — Cet après-midi, j’emmène mon chat chez le véto, dit-elle, tout en marchant.

 — Il est malade ?         

 — Non, je vais le faire castrer. Depuis qu’il est en rut, je ne peux plus fermer l’œil. Toute la nuit, il demande à sortir, c’est insupportable !

Ah, d’accord...      

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 07:19

Episode 47

        Résumé des chapitres précédents : Ce satané Aladdin qui engrosse les sirènes deviendra-t-il maître du monde ? Ça nous f’rait mal, quand même !

        

         Force fut à Zoé de se rendre à l’évidence : discuter ne servait rien. il fallait agir, et vite ! Faussant compagnie au couple maudit, elle plongea dans la mer et regagna, à la nage, son canot qui dérivait non loin.

         — Je ne vois qu’une solution : alerter les Autorités au plus haut niveau, se dit-elle.

         Par chance, elle avait, parmi ses patients, le chef de cabinet d’un ministre. Sitôt sur la terre ferme, elle lui téléphona, et, vu la nature de leurs relations, obtint un rendez-vous dans la journée. Hélas, son histoire de sirènes extraterrestres engrossées par un enfant de deux ans se heurta à un scepticisme obstiné. Et elle eut beau user de toute sa diplomatie manuelle — euh... naturelle, pardon — pour convaincre son interlocuteur, rien n’y fit. Ayant terminé sa petite affaire, il la mit dehors avec bienveillance, en lui recommandant quelques jours de repos.

         Cet échec ne découragea pas notre héroïne.

         — Puisque je ne puis lutter par des moyens légaux, je combattrai dans l’ombre, décida-t-elle.

         Depuis des heures qu’elle y réfléchissait, un plan avait mûri dans son cerveau.

         Un plan audacieux.

         Illicite.

         Terrible.

         Le genre de plan qui met votre existence en danger — ou, dans le meilleur des cas, peut vous mener en prison jusqu’à la fin de vos jours. Style kamikaze, voyez ?

         Ce plan exigeait quelques informations que Zoé se procura chez l’un de ses patients, membre de Green Peace, ainsi qu’une boussole qu’elle trouva chez un patient marin, quelques outils qu’elle emprunta à un patient plombier, et une bombinette artisanale dont un patient chimiste lui donna la recette. Puis elle retourna en hâte à Slip-les-Bains.

         Une heure plus tard, vêtue de l’équipement encore sanglant de Ruth Prout — qui était resté dans le canot —, elle gagnait en hâte le grand large...

                                                                                                                                     (A suivre)

 

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 06:21

 

Paul, John, George, Ringo et Spip

 

       Le tout premier cadeau que me fit Alex fut un oiseau. Un de ces petits passereaux sauvage que les enfants de la montagne vendaient quelques piastres dans les rues de Beyrouth, attachés à une branche par un fil à la patte.

         Perso, je l’aurais bien relâché immédiatement, mais ça risquait de vexer mon amoureux tout neuf. De plus, Frédéric, âgé d’un an à peine, en raffolait. À mon corps défendant, je le mis donc en cage et le prénommai Spip.

         L’hiver suivant, Alex vint s’installer chez nous. Avec, pour tout bagage, sa basse, son stylo, et ses disques des Beatles.

         Spip étant, à l’évidence, malheureux derrière ses barreaux, nous décidâmes, d’un commun accord, de le libérer. Il voleta dans la pièce, au grand émerveillement de mon fils, et alla se percher sur la tringle à rideau. Mais nous eûmes beau lui ouvrir la fenêtre avec des « pshhht, pshhht » encourageants, il refusa de sortir. Forcément : c’était la saison des pluies, et le petit oiseau n’avait aucune envie de se mouiller les plumes...

         On le laissa donc en liberté dans l’appartement. Peu farouche, il se posait sur nos épaules, sur le dossier de nos chaises  ou sur la table quand nous mangions. Il buvait dans nos verres, picorait autour de nos assiettes ; une véritable attraction ! Mais il y avait un hic...

         Spip aimait les Beatles.

         Il les adorait, même.

         Eux, exclusivement. Ni Brassens, ni Brel, ni Ferré, qui pourtant passaient en boucle sur le Teppaz.

         Dès qu’il entendait la voix de Paul, John, George ou Ringo, il rappliquait avec un « kwîîîk » joyeux. Et s’installait sur le haut-parleur où il restait sans bouger jusqu’à l’accord final.

         Ça nous faisait beaucoup rire.

         Puis, sortit « Rubber soul ». Alex se rua dans l’unique magasin d’importations anglaises où il l’acheta la peau des fesses. Nous l’écoutions religieusement quand Spip — sous l’effet de l’enthousiasme, sans doute — rappliqua à tire d’ailes et, sacrilège suprême, atterrit directement sur le disque. Tous nos efforts pour l’en déloger furent vains. Nos cris et nos grands gestes le chassaient un instant, mais il y retournait aussitôt. Force nous fut donc d’arrêter le magnéto. Et de récupérer « Rubber soul », couvert de fiente...

         En pestant, Alex lava son précieux disque (ainsi que l’aiguille, salement engluée), puis tenta de le réécouter. Le même cirque se reproduisit. Deux fois. Trois fois. Cela ne pouvait pas durer, il fallait choisir : les Beatles ou l’oiseau mélomane.

         Par chance, le beau temps était revenu. Cette fois, Spip ne renâcla pas à prendre son envol. Les quatre de Liverpool ne faisaient pas le poids devant un grand ciel bleu !

 

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 07:07

Episode 46

  Résumé des chapitres précédents : Ainsi, c’était ça, le plan d’Aurore et de ses sbires : faire envahir la terre par les descendants de l’Élu ! Descendants qu’Aladdin Audoigtdefée (puisqu’il faut l’appeler par son nom) est en train de fabriquer au fond de la Mer du Nord, avec l’aide des sirènes extraterrestes.

 

         La terrifiante révélation laissa Zoé sans voix.         

         — Ah ah ah, ça te la coupe, hein ! triompha vulgairement Aurore.

         —Voyons, ma perle..., minauda le Mollah Mou.

         — Et qu’est-ce qu’il vient faire dans l’histoire, çui-là ? s’enquit Zoé.

         Aurore eut un sourire très tendre.

         — Chaque Vierge Marie a son saint Joseph, non ?

         — Oui mais bon, la burka ?

         — C’était juste pour lui faire plaisir.

         — Et la secte ?

         — Du folklore.

         — Tu nous a bien eus, avec ton cinoche !

         — J’ai fait de mon mieux.

         — La seule chose qui compte, intervint le Mollah Mou d’un air pénétré, c’est ce qui est en train de se perpétrer là-dessous...

         De l’index, il montrait l’étendue marine.

         — ... et qui va revivifier cette planète moribonde.

         — En gros, vous n’êtres guidés que par un souci d’écologie ? grinça Zoé.

         — On peut dire ça comme ça, oui, acquiesça Aurore.

         — Tu te fous de ma gueule ?

         — Tsss, tsss, désapprouva le Mollah Mou. Surveillez votre langage, madame, je vous prie. Vous êtes en présence de la Mère du Sauveur !

         — Oh, toi, la ferme ! Aurore, il faut arrêter cette folie, tu entends ? L’arrêter tout de suite ! Ressaisis-toi, ma grande : la Terre est en danger. Cette Terre qui t’a vu naître et qui t’a nourrie en son sein... 

         — Trop tard, les jeux sont faits, émit Aurore, frémissant d’une exaltation suspecte. Bientôt, mon Aladdin sera maître du monde !

                                                                                                                                      (A suivre)


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