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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 17:35

"Et d'Avalon à Camelot", un recueil de nouvelles fantastiques orchestrées par Lucie Chenu. Au sommaire — entre autres —, une histoire de Gudule : "Excalibur circus" et une de Rémy Gallart, un écrivain habitué de ce blog : "Voyage sans retour", que je vous conseille vivement. 

Pour tous les amateurs de fantasy médiévale (ou, tout simplement, de bons textes). 

Couv.-1er-plat.jpg

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 07:32

Episode 23

  Résumé des chapitres précédents : suite à l’ingestion du Petit Prince par Sire Concis, l’attitude de Ruth Prout change à son égard. Un amour passionné est-il en train de naître sous nos yeux éblouis ?

 

         Comme l’étreinte se prolongeait au-delà du raisonnable, Zoé toussota.

         — Hem, hem, qu’est-ce qu’on fait, maintenant, mes amis ?

         — Nous, on a bien notre petite idée, répondit Ruth Prout entre deux baisers. Pas vrai, mon minou ?

         Sire Concis approuva chaudement.

         — Je vous rappelle que la BNS est en faillite, reprit Zoé. Et qu’il nous reste à peine une journée pour la renflouer.

         — Ça devrait suffire, dit Sire Concis. Il est où, ton camion citerne, ma Moumoune ?

         Miracle de l’amour ! Si, dans les heures qui suivirent, le dragon ne produisit qu’une centaine de litres, c’était un début prometteur. Qui, pour autant qu’il soit capabe de garder le rythme, laissait augurer une vraie remise à flot dans les prochaines semaines.

         Ainsi nos héros reprirent-ils la route de Paris, le cœur plein d’espoir. Et parvinrent-ils à la banque de sperme avant le délai fatal.

         Ce fut pour y trouver Anatole Youplala dans le trente-sixième dessous. 

         — Les huissiers déboulent dans quelques instants, hoqueta le malheureux. Ils vont constater que les coffres-forts sont vides, et ce sera la fin... Par ma barbe, mes amis, je n’y survivrai pas.

         — Vous n’avez pas de barbe, patron, répondit joyeusement Zoé. Et vos coffres ne sont pas tout à fait vides : un ami à moi est en train de les remplir, avec le contenu de son camion-citerne. Tout n’y est pas encore, loin s’en faut, mais il y a de quoi faire patienter vos créanciers...

                                                                                                                                     (à suivre)                                                                                                                                    

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 07:12

La fabrique de gros cons

  Vais-je oser ? Allez, j’ose. Nous sommes assez intimes, maintenant, pour que je vous avoue toutes mes turpitudes.

         C’était au Thier-à-Liège. Je devais avoir sept ans maximum, et mon copain Jean-Aimé, dix. En vrai fils de paysans, il possédait une carabine à plombs avec laquelle il dégommait les petits oiseaux — chose qui m’horrifiait au dernier degré, cela va de soi.

         Un matin, au réveil, je le trouve à l’affût dans le pré voisin. Sans se soucier de moi, il épaule, l’œil dans le viseur, le doigt sur la gâchette... Il va tirer... Sur quoi ? Un merle qui chante au sommet d’un arbre.

         Ni une ni deux, je bondis vers lui, le bouscule ; la balle rate sa cible et l’oiseau s’envole. Manque de bol, un crétin de moineau se perche à sa place. Jean-Aimé ré-épaule, tout en me prévenant : 

         — Si tu bouges, je t’en retourne une.

         Et moi, du tac au tac :

         — Si tu jettes ton fusil, je baisse ma culotte.

         — Et je pourrai toucher ?

         — Juste un tout petit peu. 

         La proposition est trop alléchante pour qu’il la refuse. Je m’exécute donc, avec le sentiment d’agir pour la bonne cause.

         Bien belle histoire, me direz-vous. Tout le monde y trouve son compte : Jean-Aimé, dont la curiosité est satisfaite, le moineau qui échappe à la mort, et moi qui découvre le pouvoir du sexe. Où est la « Solitude » ?

         Je l’éprouve trois jours plus tard, lorsque Jean-Aimé me retourne une gifle « de la part de monsieur le curé », avant de m’expliquer :

         — Quand je suis allé à confesse, il m’a dit : « Tue tous les oiseaux que tu veux, y a pas de problème, mais regarder le tutu des filles, ça, c’est très mal. Comme pénitence, tu donneras une paire de claques à ta complice pour lui apprendre les bonnes manières. »

          Ainsi fabrique-t-on des gros cons, de toute pièce. 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 06:27

Episode 22

  Résumé des chapitres précédents : Afin de sauver l’univers des envahisseurs contenus dans les coucougnes du Petit Prince congelé, Sire Concis vient de l’avaler.

 

         — Bordel à queue, dit le dragon, en se tenant le ventre. Il me pèse sur l’estomac, ce con-là !

         — Bien fait, grogna Ruth Prout. J’espère que vous aurez une chiasse d’enfer.

         À l’évidence, elle n’avait pas apprécié l’intervention musclée de Sire Concis. Zoé, si.

         — Toi aussi, je t’obtiendrai la Légion d’Honneur, mon gros loulou, lui promit-elle.

         Un rôt cataclysmique lui répondit.

         — Cinq ans d’amour pour en arriver là, se morfondait la fermière. Si c’est pas malheureux !

         — Mais... je ne comprends pas, intervint Zoé. Ne souhaitiez-vous pas sa dispartion ?

         — Sa mise hors service, nuance ! Mais je pouvais encore le voir, lui parler... Lui raconter les menus incidents de mes journées... Caresser sa peau réfrigérée... Tandis que maintenant...

         Un sanglot la tétanisa.

         — Je l’aimais toujours, savez-vous.

         Ce poignant aveu bouleversa Sire Concis, qui était un grand sentimental. Prenant les mains de la veuve éplorée, il lui murmura :

         — N’ayez crainte, madame, il continuera à vivre en moi.

         À ces mots, quelque chose bascula en Ruth Prout.         

         — Vous... vous me le jurez ?

         Toute son arrogance avait disparu. Ce n’était plus qu’une amante au cœur broyé, qui avait sacrifié celui qu’elle aimait par sens du Devoir. Une héroïne, en somme. Ou mieux : une sainte.        

         — Oui, je vous le jure, souffla Sire Concis. Sur mon âme et conscience.

         Alors, ils se passa un truc hallucinant. Ces deux êtres que tout séparait échangèrent un regard troublé. Un élan plus fort que la mort, que la rancune, que la haine les projeta l’un contre l’autre. Et ils s’étreignirent follement.

         Qui a prétendu que les saintes n’y touchent ?

(à suivre)

 

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 05:12

H.P.

      Suite à une tentative de suicide, un de nos copains se retrouve à l’H.P. On va le voir, Alex et moi, avec la fourgonnette du PSIKOPAT.

         Pendant qu’on se gare sur le parking de l’hôpital, on entend une passante dire à une autre, en indiquant le véhicule où est peint, en grand, le nom du journal :

         — T’as vu ? Ils les amènent par camions, maintenant.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:27

Dans le court-métrage d'horreur de Sébastien Sonet, "Dévorant", avec Manuela Bruckert, Christian Duengler et Alexis Delacôte, qu'est-ce qui apparaît, au milieu du décor ? Je vous le donne en mille !scr_dev.jpg

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:07

Episode 21

  Résumé des chapitres précédents : un extraterrestre appelé Le Petit Prince voulait envahir la terre par l’intermédiaire de la BNS. Heureusement, son épouse, Ruth Prout, l’a congelé avant de voler toutes les réserves de sperme de la banque.

 

         — Mais alors, dit Zoé, vous avez sauvé le monde !

         Ruth Prout la troisa des pieds à la tête.

         — Il est presque temps de vous en rendre compte.

         — Vous mériteriez la Légion d’Honneur !

         — Je trouve aussi.

         — J’ai un client qui bosse au Ministère de l’Intérieur, je vais lui en toucher un m...

         — Avez-vous envisagé la panne  d’électricité ? coupa Sire Concis.

         Cette question, tombant au beau milieu des congratulations, jeta un froid.

         — Y veut quoi, le grand pendard ? s’enquit Ruth Prout, glaciale.

         — Le grand pendard demande si vous avez pensé à ce qui arriverait si votre congélo tombait en panne, répéta Sire Concis.

         — Ben... euh...

         La question la prenait visiblement de court.         

         — Le Petit Prince se réveillerait, articula Zoé, la gorge soudain sèche.

         — Et l’univers serait à nouveau en péril, proféra la fermière en écho. Nom d’un bouc à biques, cette éventualité m’avait échappé.

         — Nous dansons au bord d’un volcan, conclut Sire Concis d’une voix grave. Il faut y remédier au plus vite !

         Et, ni une ni deux, il extirpa l’extraterreste de son compartiment à glace, et l’avala.

                                                                                                                                            (à suivre)

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 06:38

L’accident

   Il était quatre heures. Ma voisine et moi discutions sur le pas de sa porte, en attendant le retour de nos enfants : son Nicolas et mon Olivier, tous deux en CM1. Soudain, un gamin se pointe, hors d’haleine, et nous crie :

         — Y a ton fils qui vient de se faire écraser !

         Et nous, d’une même voix épouvantée :

         — Lequel ? 

       C’était Nicolas. Qui n’avait pas été écrasé, mais juste renversé, et s’en tira avec une grosse foulure. N’empêche que, durant une fraction de seconde, chacune de nous avait souhaité, de toute son âme, la mort du fils de l’autre 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 07:49

         Episode 20

 Résumé des chapitres précédents : coup de théâtre dans landerneau : le mari de Ruth Prout est un envahisseur.

        

         — Combien y a-t-il de spermatozoïdes dans une giclée de sperme ? reprit doctement la fermière.

         Zoé effectua un rapide calcul.

         — Entre douze et quatorze millions, ça dépend des individus.

         — Multipliez cela par huit — puisque, depuis deux mois, mon mari se rendait chaque semaine à la BNS. Ça donne ? 

         Tandis qu’elle parlait, Sire Concis avait sorti sa calculette.

         — 112 millions, dans les meilleur des cas.

         — Disons cent, pour faire un chiffre rond. Belle armée, n’est-ce pas ?

         Au mot « armée », les cheveux de Zoé se dressèrent sur sa tête, car elle était viscéralement antimilitariste. .

         — Etes-vous en train de nous expliquer que votre mari compte envahir la terre à lui tout seul... ? commença-t-elle.

         — ... avec l’aide de ses futurs descendants, oui, enchaîna Ruth Prout. C’est la raison pour laquelle, dès que j’ai eu vent de la chose, j’y ai mis un terme. Certes, il doit bien y avoir par-ci par-là quelques inséminées qui traînent — et qu’il va falloir à tout prix retrouver —, mais la majeure partie de la troupe est à présent stockée dans mon silo, et nous serons à l’abri tant qu’elle y restera.         

         Zoé et Sire Concis échangèrent un long regard.

         — Et si ses congénères rappliquent ? demanda ce dernier. 

         — Aucun danger.

         — Pourquoi ?

         — Il était seul sur sa planète. Le Petit Prince, on l’appelle...

                                                                                                                                    ( à suivre)

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 06:27

La vie en rose

         Au mois de mai, mon village n’est qu’un buisson de roses. Les touristes viennent de partout pour l’admirer et, certains d’entre eux ne résistent pas à la tentation de couper une fleur, voire plusieurs. Ce qui, bien entendu, nous fout en rogne, vu qu’ils sont 60.000 tous les ans — c’est-à-dire plus destructeurs qu’une invasion de sauterelles.

        Ma voisine d’en face a planté, le long de sa façade, un admirable rosier d’un mauve presque noir que je ne me lasse pas d’admirer. Or, un matin, qu’aperçois-je de ma fenêtre ? Une dame qui, sans vergoge, dépouille la merveille pour en faire un bouquet.

        Bon, engueuler les gens, c’est pas mon truc. Mais là, franchement, ça craint, il faut que je réagisse. Que je prévienne au moins qui de droit pour que cesse le massacre.

        Prenant mon courage à deux mains, je hurle à pleins poumons :

         — Hugueeette ! Y a une bonne femme qui pique tes roses !

         — Je sais, c’est ma sœur, répond la voix de ma voisine.

         Oups, pardon.

 

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