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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 04:50

Vol de nuit

  Mai 68. Liban. Pour fêter les cinq mois d’Olivier, Alex et moi décidons de nous offrir un lit. Jusque là, nous avons toujours dormi sur un matelas posé à même le sol, et bon, ça commence à bien faire. Entre les pleurs du bébé et la mauvaise literie, nous passons des nuits épouvantables. Un peu de confort sera le bienvenu.

         Sitôt dit, sitôt fait : Alex file au souk et en rapporte un sommier métallique qui prend aussitôt place dans notre chambre.

         On s’endort, ravis, dans notre nouvelle acquisition, et vers minuit, les vagissements d’Olivier me réveillent. Dans un demi-sommeil, je fais comme d’habitude : je me mets debout sur le matelas (qui, de mon côté, est collé au mur) et avance jusqu’au bout. J’ai complètement oublié qu’il était, à présent, surélevé de quelque cinquante centimètres, si bien que, croyant mettre pied à terre, je me retrouve dans le vide. Je vous laisse imaginer la surprise, le vol plané, le boucan infernal, le bond en l’air d’Alex, les braillements des gamins effrayés... et, cerise sur le gâteau, une cheville bandée pendant quinze jours.

         Voilà ce que c’est de s’embourgeoiser !

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 07:39

Rien à déclarer

   Fin des années 80. Après une fugue amoureuse en Belgique — où il avait, entre autres,  rendu visite à mes parents —, Olivier rentre à Paris avec Brigitte, sa dulcinée.

         — Bonne-maman m’a remis un paquet pour toi, m’annonce-t-il, en extirpant de ses bagages une chose immonde, collante, entrortillée à la va-comme-j’te-pousse dans ce qui avait dû être un emballage cadeau. Désolé pour l’apparence, mais on a eu un p’tit problème à la frontière.

         Et il me raconte ce qui suit.

       Vu leur dégaine et celle de leur véhicule, les douaniers français ont fouillé leurs bagages. Et qu’y ont-ils trouvé ? Une denrée protégée par du papier alu, ayant le format, le poids et la texture exacte d’un pain de shit.

         — C’est quoi, ça ? ont-ils triomphé.

         — Du massepain pour ma mère, a répondu Olivier.

         Tout en ricanant (Ah, ah, ah, ce petit trou du cul nous prend vraiment pour des billes !), les hommes de l’art, convaincus d’être tombés sur une belle prise, ont déballé le corps du délit. Hélas, après l’avoir malaxé, trituré et découpé dans tous les sens, force leur fut de se rendre à l’évidence : il s’agissait bien d’une honnête friandise.

         — Tu aurais vu leur déception ! pouffe Olivier. J’ai cru qu’ils allaient se mettre à pleurer.

         — Ce qui ne les a pas empêchés de nous foutre à poil pour une « visite » approfondie, ajoute Brigitte en mimant clairement la formalité.

         On se console comme on peut...

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 07:31

 

Belle

         En 1972, André Delvaux, célèbre cinéaste belge, choisit la petite ville de Spa pour y tourner son film « Belle », en décors réels. Ce choix n’est pas un hasard : l’ancienne station thermale, outre qu’elle est fort jolie, incarne à ravir la société bourgeoise étriquée et bien-pensante qu’il dénonce.  Il recrute d’ailleurs une brochette de  figurants locaux qui camperont des notables de province plus vrais que nature.

         Parmi ces figurants, mon père et ma mère, récemment retraités dans ladite petite ville.

         Bien que la séquence où ils figurent soit des plus anodines, nous nous inquiétons, mes frères et moi : et si le film, une fois terminé, allait à l’encontre de leurs convictions ? Avec leur sacro-sainte morale et les préjugés qu’ils trimbalent, comment supporteraient-ils d’être associés à un propos qu’ils désapprouvent ?         

         Nous les mettons en garde contre cette éventualité, mais ils nous rient au nez. Le metteur en scène est un homme charmant, l’acteur Jean-Luc Bidault également, et ma mère est ravie de frayer avec Danièle Delorme, idole de sa jeunesse. Le contact de ces célébrités les enivre, ils nous en parlent comme de vieux amis — dans le but, je pense, de nous épater. Et puis, cela rompt leur train-train quotiden qui, pour mon père surtout, est d’un ennui mortel.

         Bref, le film se termine et passe dans les salles. Consternation ! André Delvaux, en hommage à son homonyme, le peintre Paul Delvaux, a placé des femmes nues sur le quai de la gare, pour un tableau surréaliste grandeur nature. Devant ce spectacle, Maman est confondue. Elle a le sentiment d’avoir tourné dans un porno. On a beau lui expliquer que c’est de l’art, pour elle, c’est du cochon. Elle se repentira jusqu’à la fin de ses jours de ne pas nous avoir écoutés...

         Papa, quant à lui, relativise les choses : après tout, les femmes nues, on ne les voit que de dos.

         — Et de toute façon c’est un mauvais film qui tombera très vite dans l’oubli, conclut-il, péremptoire.

 

         Aucun d’eux, par bonheur, ne remet son rôle en question. « Soyez vous-mêmes », leur a recommandé le cinéaste. C’est ce qu’ils ont fait, sans réaliser qu’ils traçaient, pour des milliers de spectateurs, leur propre caricature ! 

          

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 07:18

Chapeau !

   C’était à Bruxelles, au mariage du roi Baudouin. J’étais dans la foule massée autour de Sainte Gudule, avec mes parents, ma tante Ida et mon oncle Doudou. Cet oncle, personnage haut en couleur, se qualifiait lui-même « d’ancien Belge » (prélude systématique à la phrase fameuse de Jules César, dont il se gargarisait à l’envi : De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves). Chez lui, cette ancienne-belgitude se traduisait surtout par un patriotisme exacerbé.

         Une fois son union bénie, le couple royal paraît sur le parvis de la cathédrale. La foule en délire crie : « Vive le roi ! Vive la reine ! ». Oncle Doudou hurle plus fort que tous les autres quand, soudain, sa voix se coince dans sa gorge. Il vient d’apercevoir un chapeau, planté sur une tête à quelques mètres de lui. Fendant la cohue à coups de coude, il le fait sauter d’un revers de main en tonitruant :

         — On se découvre devant le roi, monsieur !

         Puis, nous prenant fièrement à témoin :

         — Vous avez vu comment je l’ai mouché, ce goujat ?

         J’ai eu tellement honte que j’ai fait semblant de ne pas le connaître. 
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 07:42

La mauvaise réputation

  Rue de la Madone, à Paris, en 2003. Un copain, qui essayait d’arrêter de fumer, m’avait fait découvrir les cigarettes à l’eucalyptus, vendues en pharmacie. Je les avais goûtées, trouvées délicieuses et adoptées.  Si bien qu’un jour...

         La chose m’a été racontée par Ingrid, la copine de mon fils, qui vivait sur le même palier que nous. En se rendant au travail, elle passe devant la loge de la concierge qui pérore au milieu d’un attroupement de locataires, visiblement très agités.

         — Que se passe-t-il ? demande-t-elle.

         — Y a encore des voyous qui fument de la marijuana dans les étages, glapit la concierge. Vous ne sentez pas ?

         Ça sent, en effet. Fortement. L’eucalyptus.

         — Moi, c‘est bien simple, je n’ose plus sortir chez moi, trépigne une retraitée.

         — Nous non plus, approuvent ses voisins. On a bien trop peur de se faire attaquer, avec ces drogués qui traînent partout. Il faudait appeler la police !

         Ingrid qui entre-temps a identifié l’odeur, éclate de rire.

         — Ne vous inquiétez pas, dit-elle, ce ne sont pas des voyous,  c’est ma belle-mère.

         Et, sans autre explication, elle s’éclipse. Je vous laisse imaginer les regards lourds qui se sont posés sur moi quand je suis descendue chercher mon courrier !

         A dater de ce jour, et en dépit de mes explications — qu’ils n’ont pas crues —, tous ces braves gens m’ont eue « dans le nez ».

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 07:58

Le rêve de votre vie

  Dans les années cinquante, Pierre Bellemare présentait une émission radiophonique qui enthousiasmait la France et la Belgique. : « Le rêve de votre vie ». Le principe en était simple : chaque semaine les organisateurs invitaient une catégorie d’auditeurs à écrire à l’ORTF, afin d’exprimer leur plus cher désir. Trois lettres tirées au sort étaient lues au micro, le public votait par téléphone, et le désir primé était réalisé.

         Mes parents adoraient cette émission. Nous l’écoutions donc religieusement, tous les vendredi soir. Or, un jour, qu’annonce Pierre Bellemare ?

         — La semaine prochaine, nous comblerons les vœux des... (court silence, pour ménager le suspense) petites Françaises née en 1945 et vivant à l’étranger.

         Je reste stupéfaite, tandis que mes parents s’exclament, en me regardant :

         — Mais... c’est toi, ça ! 

  ­— Que vas-tu demander ? s’enquiert mon père.

         Et moi, sans hésiter :

         — Un cheval.

         Tandis que je monte dare-dare dans ma chambre, mes parents, perplexes, se consultent des yeux.

         Je m’efforce de rédiger une lettre convaincante quand maman se pointe.

         — Nous avons réfléchi, avec papa : il faut que tu demandes une caravane. Nous en rêvons depuis toujours, mais n’avons jamais eu les moyens d’en acheter une. Ce serait formidable pour partir en vacances, non ? 

         — Et mon cheval, alors ? protestai-je.

         — Ne sois pas ridicule : les chevaux, c’est pour les gens riches qui ont de grandes propriétés. Où veux-tu que nous le mettions ? Dans le placard à balais ? 

         Que répondre à ça ?

         Sous sa dictée, j’écris donc une seconde lettre où je reprends à mon compte le « rêve » de mes parents. Puis maman la relit, la met dans une enveloppe qu’elle timbre, et la pose sur le guéridon de l’entrée, en disant :

         — Je la posterai demain en allant faire les courses.

         Cependant, cette nuit-là, impossible de m’endormir. Je suis trop déçue. Je n’en ai rien à cirer, moi, de leur caravane ! Tandis qu’avoir un cheval... Je me vois déjà, galopant les cheveux au vent, îvre de liberté !

         Bref, après des heures à me tourner et à me retourner dans mon lit, je finis par céder à cette tentation folle : descendre sur la pointe des pieds, ouvrir l’enveloppe, remplacer la lettre de maman par la mienne, et... ni vu, ni connu, j’t’embrouille !

         L’histoire s’arrête là. Car si le courrier est bien parti, il n’a pas été tiré au sort. Mes parents ont toujours ignoré ma forfaiture. Mais, une fois adulte, je n’ai pu m’empêcher de continuer l’histoire, d’imaginer ce qui serait arrivé si ma lettre avait été sélectionnée. Ma panique quand, devant toute la France — et mes parents ! — le présentateur m’aurit remis mon cheval au lieu de la caravane prévue. La tête de papa ! La fureur de maman ! Leur monstrueux embarras ! Brrr, rien que d’y penser... Ça a donné un faux « récit véridique » auquel tous mes lecteurs ont cru. Quand je vous disais que j’étais menteuse !


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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 01:29

Le choc des cultures

  Quand je suis partie au Liban avec mon nouveau-né, j’avais un visa de tourisme valable trois mois. Ce laps de temps écoulé, je me rends à la préfecture de Beyrouth pour le faire prolonger. L’employé me reçoit avec courtoisie, mais au moment de remplir le document ad hoc, il s’informe :

         — Où est le père de l’enfant ?

         — Il n’en a pas, réponds-je, un peu gênée (on est dans les années 60, quand même.)

         — Comment ça ? s’étonne lourdement l’employé. Tous les enfants ont un père, voyons !

         — Pas le mien.

         Le brave homme se gratte la tête. La chose, à l’évidence, dépasse son entendement. Il n’y a donc pas de mères célibataires, en Orient ?

         — J’ai besoin du nom du père, insiste-t-il.

         — Mais puisque je vous dis qu’il n’existe pas !

         — Ça signifie quoi « il n’existe pas » ? Il me faut un nom, moi, dans la case « chef de famille ».

         — Mettez-le mien.

         L’employé lève les yeux au ciel. À l’évidence, il me prend pour une demeurée.   

         — Le vôtre, il est ici, soupire-t-il, en soulignant de l’ongle des caractères arabes que je ne peux déchiffrer. Et la ligne en-dessous est réservée à votre mari.  

       Sentant que le dialogue de sourds risque de s’éterniser, je lance d'un ton lugubre, moitié par provoc’ moitié par lassitude :

         — Il est mort.

         Et là, son visage s’éclaire :

         — Pourquoi ne l’avez-vous pas dit plus tôt ?

         Il remplit sa petite case, range le document dans un tiroir, puis tamponne mon passeport et me le tend avec un : « sincères condoléances » venu du fond du cœur.

         Désormais, pour toute l’administration libanaise, je suis veuve. 

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:26

Nous, les amoureux

  En 1961, Jean-Claude Pascal, au faîte de sa gloire, a un malaise sur scène en interprétant sa chansons fétiche « Nous, les amoureux ». En classe, on ne parle que de ça. Forcément : nous en sommes toutes « bleues », comme on dit alors.

         — Qu’a-t-il bien pu lui arriver ? nous demandons-nous avec inquiétude.

         — Il a trop fait l’amour, assure Agnès, une redoublante particulièrement délurée.

         Je n’ai pas la moindre idée de ce que ça signifie, mais l’expression me plaît. Et elle convient au personnage, qui incarne à ravir le prince charmant de mes rêves.

         Au repas suivant, toute fière de mon scoop, je claironne :

         — Je sais pourquoi il s’est évanoui, Jean-Claude Pascal. C’est parce qu’il a trop fait l’amour !

         Le résultat dépasse mes espérances. Mes deux grands frères s’étranglent dans leur potage, maman manque de lâcher la soupière, et papa me retourne une gifle en beuglant :

         — Tu n’as pas honte ? Des horreurs pareilles, dans la bouche d’une jeune fille !

          Moi qui voulais me rendre intéressante, c’est réussi.

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 07:10

Histoire ridicule

   Pour continuer dans le même registre, en 1973, j’avais écrit un p’tit poème intitulé « Histoire ridicule », dont toutes les rimes étaient en « ule ». Il commençait ainsi :

 

                  C’est un chat noctambule

                  À bord d’un véhicule

                  Qui dans un vestibule

                  Chaque nuit déambule.

 

         Pour la rime, je l’avais signé « Gudule » (du nom de la chatte chieuse, vous vous souvenez ?) et, adapté en BD par Alex, il était paru dans l’Echo des Savanes. Or, non contente d’être à l’origine de mon pseudo, cette BD avait retenu l’attention d’un jeune chanteur, Antoine Lavergne, qui se cherchait un répertoire. Il nous téléphone donc, nous explique de quoi il retourne, et on prend rendez-vous. Comme il est assez pressé, il a déjà conçu une prémaquette musicale qu’il nous fait écouter. C’est pas mal du tout, et chez Pathé, ils sont partants.

         Wahou.

         On profite de l’opportunité pour essayer de placer nos autres chansons. Antoine, intéressé, nous promet d’en parler en haut lieu, et une semaine plus tard, nous nous retrouvons dans le bureau d’un ponte de la maison de disque. Alex a emmené sa guitare, moi mon cahier de poèmes, et, très intimidés, nous nous « produisons » devant une demi-douzaine de professionnels, assis en demi-cercle autour de nous.

         Or, je crois l’avoir déjà dit, ces chansons sont sentimentales et désuètes — un peu style Anne Sylvestre à ses débuts, voyez ? Rien de commun avec l’humour déjanté d’« Histoire ridicule ». Résutat : un bide catastrophique. En fait, c’est nous qui nous couvrons de ridicule...

         Après moult échanges de regards consternés, nos auditeurs s’éclipsent les uns après les autres, nous laissant seuls avec Antoine.

         — Vous n’avez rien de moins boy-scout ? s’informe celui-ci, quand s’achève vaille que vaille le laborieux récital.

         Ce fut la dernière fois que nous les interprétâmes, ces malheureuses chansons — dont j’avais espéré, dans ma grande naïveté, qu’elles séduiraient Brassens.  

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 07:21

Impasse Florimont

   Nous venions d’arriver en France quand, en lisant un article sur Brassens, j’apprends qu’il habite impasse Florimont, derrière la gare Montparnasse. Or, non seulement c’est mon idole depuis toujours, mais je caresse l’ambition d’écrire, moi aussi, des chansons. Avec Alex, nous nous sommes essayés à la chose. Il met mes poèmes en musique et on les interpète en duo. C’est tendre, un peu vieillot, mais ça plait aux copains, et moi, j’y crois à fond. J’ai juste besoin que quelqu’un du « milieu » me donne un p’tit coup de pouce. Pourquoi pas le grand Georges, qu’on dit attentif aux nouveaux talents ?

         Un matin, donc, j’embarque mes loupiots de trois et six ans dans le métro. On traverse tout Paris et, portant l’un, traînant l’autre, je parviens, sous une pluie battante, à la fameuse impasse. Le cœur houleux, je sonne ; pas de réponse. Je re-sonne, idem. Le Maître des lieux est absent... Qu’importe, j’ai tout prévu. Je sors mes manuscrits de leur sac en plastique, j’y adjoins la lettre écrite au cas où, et je glisse le tout sous le portail métallique qui ferme la propriété. Puis je m’en retourne chez moi, avec mes gosses et mon espoir.

         Espoir déçu, hélas. Les semaines passent sans m’apporter aucune nouvelle. Force est de me rendre à l’évidence : le Maître n’en a rien à cirer de mes œuvrettes. Encore une illusion qui se fait la malle.

         L’ai-je maudit, le pauvre homme ! L’ai-je traité de tous les noms, en mon for intérieur ! J’ai même cessé d’écouter ses disques, c’est dire ! Jusqu’à ce que j’apprenne incidemment qu’il n’abitait plus là depuis quatre ans. Coup de bol, si on y pense. Car imaginons qu’il ait lu mes textes, les ait aimés et m’ait ouvert les portes du chaud-bizz — c’est juste une supposition, hein !—, je serais peut-être devenue parolière, qui sait ?  Je n’aurais jamais écrit ni romans, ni nouvelles, et je ne serais pas là, sur mon blog, en train de vous raconter mes histoires à la con. A quoi tient le destin, quand même ! 


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