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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 07:35

Le têtard

  Octobre 1977. Grand moment pour Alex : Cavanna le convoque aux éditions du Square pour lui confier une rubrique régulière dans Charlie Hebdo. Je l’accompagne, en tant que scénariste d’une partie de ses BD. Je devrais d’ailleurs dire « nous l’accompagnons », puisque je suis enceinte de sept mois.

         Accueil triomphal. Wolinski, que nous avons croisé dans la rue, nous prend tous deux par les épaules et claironne, en entrant dans la salle de réunion : « Voici Alex et sa femme Gudule qui attend un bébé ! ». Choron s’agenouille devant moi et me verse du champagne sur le bide en déclarant : « Ton enfant sera le plus beau, car il a été béni par le professeur Choron ! ». Dominique Grange m’amène un fauteuil et me couve des yeux toute la soirée. Bref, je me sens comme une reine dans cette équipe qui a pourtant la réputation d’avoir « la dent dure ». Du coup, selon mon habitude, je me fais des films. Je m’imagine présentant, avec un fierté bien légitime, le fruit de mes entrailles à toutes ces personnalités mythiques. Sûr, ce sera une apothéose de compliments émus, un festival de gouzi-gouzi !

         Mi-janvier, je me pointe donc rue des Trois-portes avec ma petite fille de deux semaines, emmemitouflée dans son nid d’ange. Et là — à part Wolinski, toujours adorablement empressé — personne ne la regarde. Mais ce qui s’appelle personne, hein ! J’amènerais une bouse dans du papier journal, ce serait pareil.

         Comme si elle captait ma déception, Mélanie se met à pleurer. Alors, une rédactrice (dont je préfère taire le nom) lance très haut, à ses collègues :

         — Oh, je déteste ces têtards !

         J’ai fichu le camp vite fait bien fait !


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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 07:36

Biographie

  Avec « Les Belles Lettres », Jean Rollin a trouvé le partenaire idéal. Outre sa collection, « Les anges du bizarre », où il publie les auteurs oubliés qu’il vénère —  Max Roussel, Guy de Wargny ou Anta Grey, pour ne citer qu’eux —, il y ressort l’intégralité de son œuvre dans une collection généraliste. De superbes couvertures bleues avec juste un filet plus foncé... La grande classe ! Malheureusement, ses livres ne se vendent pas. Jean romancier ne draîne pas plus les foules que Jean cinéaste. Si bien qu’un jour, le directeur, Michel D., me convoque.

         — Pourrais-tu m’écrire une biographie de Rollin ? me demande-t-il. Un truc drôle, accrocheur, qui donne aux lecteurs envie de mieux connaître le personnage. Un livre promotionel, en quelque sorte...

         L’idée est marrante et tombe à pic. Suite à un problème d’ascenseur, Jean, qui habite au onzième étage, est cantonné chez lui. D’autant que sa santé est plus que chancellante...

         Durant presque un mois, tous les après-midi, je vais grimper dans sa tour d’ivoire et le faire parler. Il adore ça. Je prends des notes que je recopie le soir sur mon ordinateur. (Plus de 300.000 signes ; le format d’un roman !) Une matière vive truffée d’anecdotes, de réflexions, d’émotion, d’humour et d’instants de grâce.

         Après avoir passé sa vie au peigne fin, je me mets au boulot. Je rédige les trois premier chapitres où je décris, sur un ton allègre et légèrement décalé, son enfance dans le giron des surréalistes. Puis je lui en envoie une copie, ainsi qu’à Michel D. Leurs réactions sont diamétralement opposées. Le directeur des Belles Lettres applaudit : c’est exactement ce qu’il voulait. Et Jean m’engueule comme du poisson pourri. Jamais il ne permettra à quiconque — fut-ce une bonne copine — d’ironiser sur sa famille. Qui suis-je pour me permettre de parler de sa mère sans y mettre les formes ? Et pour narrer avec désinvolture les événements qui l’ont construit ?

         Sitôt le téléphone raccroché, j’appelle Michel D. pour lui annoncer mon désistement. Il est déjà au courant par un coup de fil de Jean et comprend parfaitement.

         — Cette biographie, nous devons le convaincre de l’écrire lui-même, décrète-t-il.

         Je m’y emploie, lui aussi, si bien que Jean, bon an mal an, se lance dans ce que je considère comme son chef d’œuvre : « Moteur ; coupez ! Mémoires d’un cinéaste singulier ». Un gros ouvrage référenciel, truffé de photos et jouissif en diable. Mais comme, entre-temps, il s’est fâché avec Michel D., ce livre sortira chez Rouge Profond. Il est aujourd’hui épuisé et, à ma connaissance, pas réédité. Dommage.


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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 14:28

Admirez cette superbe illustration de "Mon âme est une porcherie" 

(http://xxeb.net/mon-ame-est-une-porcherie.php)Mon-ame-est-une-porcherie.jpg

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 07:40

Péché mortel

  A côté de chez mes parents, chaussée de Wavre à Ixelles, il y avait une minuscule bouquinerie tenue par une vieille dame charmante, madame Delcourt. Dès que je sus lire, elle devint ma caverne d’Ali Baba. Me proposait-on une glace, un bonbon ? Je demandais les sous et je courais, vite, vite, les dépenser chez elle.

         Ayant découvert Prévert grâce aux chansons des Frères Jacques, j’eus une envie folle de mieux le connaître. Je me rendis donc chez madame Delcourt qui dégota, dans le désordre indescriptible de sa boutique, un « Spectacle » en trop mauvais état pour être vendu, et m’en fit cadeau. Or, sur quoi tombé-je, en pleine extase littéraire ? Ce poème  qui me transit d’horreur :

          Jésus-Christ a une quéquette / Pas plus grosse qu’une allumette / Il s’en sert pour faire pipi / Vive la quéquette à Jésus-Christ ! 

  Je crois utile de préciser que j’avais, à l’époque, une dizaine d’années — peut-être moins — et que mes parents étaient très pieux. Élevée dans le respect des choses sacrées, je me sentis souillée par cette lecture. Pire, même : avilie. En me rendant complice d’un pareil sacrilège, n’avais-je pas commis un péché mortel ?

         «  A tous les coups, me dis-je avec effroi, madame Delcourt est un suppôt de Satan. C’est pour me corrompre qu’elle m’a donné ce livre. Si je meurs maintenant, j’irai en enfer... »

         Terrifiée par cette perspective, je courus d’une traite jusqu’à l’église et me ruai dans le confessionnal. Devant mon repentir sincère, le curé — qui, d’origine flamande, ignorait totalement qui était Jacques Prévert — me donna l’absolution. Je pense qu’il dut bien rire en découvrant le contenu du « livre diabolique » que j’avais, à dessein, abandonné sur mon prie-Dieu afin qu’il l’exorcise !

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 07:50

Un peu de douceur dans un monde de brutes

  Montreuil 1993. Je hais les salons. Trop de monde, trop de bruit, trop d’inconnus. Je me sens en-dehors de la fourmilière et c’est très douloureux. D’autant que je suis fragilisée par des refus à répétition — y compris de Jacques Chambon qui publie en priorité des auteurs américains. Mais bon, si je veux percer un jour, faut que je fasse un effort. Que je sorte de mon trou...

         Je rôde comme une âme en peine dans les allées bondées quand j’aperçois, ô joie, le stand Syros. Cette maison d’édition, qui vient d’accepter mon roman « A la folie » est, actuellement, ma seule perspective éditoriale. Elle incarne tous mes espoirs présents et à venir. Je m’y réfugie donc comme le naufragé sur son île déserte.

         A mon grand désappointement, Virginie L., mon éditrice, n’est pas là. Je feins de m’intéresser aux livres exposés, histoire de me donner un semblant de contenance, quand une dame en robe de vinyle noir s’approche de moi.

         — Vous êtes Gudule ?

         J’acquiesce, toute contente d’être reconnue par quelqu’un. Elle se présente, Antoinette R. , la nouvelle directrice, et m’assène, de but en blanc :

         — J’ai lu votre manuscrit, il est très mauvais. Vous n’êtes pas faite pour écrire des romans. Des petits albums, peut-être, mais pas de longs textes. C’est dans votre intérêt que je vous dis ça !

         Sous l’impact, je manque de tomber à la renverse.

         — Mais... Virginie l’a beaucoup aimé...

         — Virginie ne fait plus partie de la maison.

         D’un coup, l’atmosphère du salon est devenue irrespirable. Il faut que je sorte d’ici, tout de suite ! De l’air ! J’étouffe ! Je tourne les talons et fends la foule en direction de la sortie.

         Par chance, en chemin, je tombe sur mon vieux pote Siné. Enfin, un peu de douceur dans ce monde de brutes ! Du coup, je craque et fonds en larmes dans ses bras. ­Il a le bon réflexe : il m’emmène boire un coup. De ça, je lui serai toujours reconnaissante...


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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 07:38

Jardin secret

  Une petite dernière sur le sujet avant de l’enterrer définitivement. Suite au scandale provoqué par l’œuvre « sulfureuse » (sic) de ma tante, maman me dit entre quatre-z-yeux :

         — Jure-moi de ne jamais écrire de livres immoraux.

         Comme elle semblait y tenir, je m’y engageai solennellement. D’autant que je ne courais pas grand risque : par « immoraux », elle entendait sans doute « style Bernadette ».

         Je tins, en quelque sorte, parole. Jamais aucun de mes romans ne ressembla, de près ou de loin, à celui de mon auguste prédécesseuse. Même les plus anodins furent cent fois, mille fois pires...

         Quand parurent mes premiers ouvrages pour adultes, je me fis un point d’honneur de les passer à mon père. En lui recommandant toutefois :

         — Ne les montre pas à maman, elle n’apprécierait pas.

         Il approuva gravement. Je venais, sans le savoir, de lui faire un magnifique cadeau. Lui qui n’avait jamais eu de secret pour sa femme fut tout émoustillé par notre complicité. Ça lui donna un peu l’impression de la tromper, mais pour la bonne cause. Il prit la décision de ne lire mes livres qu’aux toilettes, où il leur aménagea une petite cachette derrière la chasse d’eau. J’eus peu de commentaires sur leur contenu —  apte, pourtant, à susciter sa saine indignation — et ses seules critiques concernèrent la syntaxe.

         Au bout de quelques années, il me les rendit.

         — S’il m’arrivait quelque chose, je ne voudrais pas que ta mère tombe dessus, m’expliqua-t-il.

         Je repris donc les six volumes en sa possession, et, du coup,  cessai d’être — en ce qui le concernait, du moins — un écrivain de chiotte.


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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 09:07

La vieille dame et le petit Chinois

  Il était une fois une vieille dame indigne, amoureuse d’un acupuncteur qui aurait pu être son petit-fils. Durant plus de deux ans, elle s’offrit, avec sa retraite, une séance de soins hebdomadaire...

         Cette vieille dame, c’est tante Bernadette. Elle a trente ans de plus ; moi aussi. Elle n’écrit plus ; moi bien. Et c’est pour ça que je l’intéresse. « Observe-moi, raconte-moi, je serai ton plus beau personnage », me dit-elle souvent. (Et, quelque part, elle n’a pas tort : j’en ferai l’héroïne de ma « Petite fille aux araignées ».) Bref, la voilà qui se met en tête d’organiser des goûters fins en l’honneur de sa passion du moment — passion non réciproque, je tiens à le préciser. J’y suis conviée en tant que témoin, et, bien que ce rôle me mette mal à l’aise, je me plie à ses desiderata : elle est si âgée ! Encore verte, certes, encore allègre, vêtue avec recherche, mais frôlant quand même les quatre-vingts cinq ans !

         Dans son coquet studio du Marais, nous nous retrouvons donc devant un lapsang-souchong avec le docteur Ming, fluet quadragénaire au visage de porcelaine. Bien décidée à le séduire, elle papillonne autour de lui, l’effleure du bout des doigts, le taquine, alternant subtilement regards enjôleurs, rires chavirés, propos coquins. À ces flamboyantes sollicitations, il répond par un sourire poli, et  se contente de grignoter ses macarons de chez Ladurée avec une discrétion de bon aloi. J’en fais autant — je ne suis pas là pour donner la réplique à ma tante. Depuis quand les spectateurs mêlent-ils leur grain de sel aux trilles des divas ? 

         — C’était parfait, roucoule-t-elle, une fois son invité parti. Je crois que le poisson est ferré. On remet ça la semaine prochaine.

         La scène se répète à plusieurs reprises sans qu’entre la vieille dame et le petit Chinois les sentiments semblent évoluer. Cependant, malgré les apparences, ce dernier n’est pas indifférent à l’atmosphère glamour qu’instaure son hôtesse. Si bien qu’un jour, pendant qu’elle prépare le thé à la cuisine, il se lève, vient vers moi et, sans crier gare, me roule un patin. J’en reste estomaquée, et plus gênée que je ne saurais l’exprimer. 

  Ce fut la dernière fois que j’assistai aux goûters de tante Bernadette. Elle m’en voulut beaucoup, car, sans sa spectatrice, la pièce tourna court. Après un ultime thé en tête-à-tête, le docteur Ming déclina toutes ses invitations. Et, à la consultation suivante, il lui fit répondre par sa secrétaire que, pour raison médicale, le traitement s’arrêtait.

        C’est à dater de ce jour qu’elle se mit à décliner. Elle est morte l’année suivante.

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 07:37

Les moutons noirs

  Tante Bernadette était le mouton noir de la famille — il en faut. Après avoir mené, durant près de cinquante ans, une vie de bâton de chaise, voilà qu’elle se piquait de littérature. Et qu’écrivait-elle ? Des cochoncetés, évidemment !

         Je n’oublierai jamais le jour où son bouquin, paru à compte d’auteur, arriva chez nous par la poste. Toutes affaires cessantes, mon père le parcourut — du moins jusqu’au chapitre 6, qui le fit sortir de ses gonds. Il s’empressa d’appeler l’aînée de ses sœurs, religieuse de son état, pour la mettre au courant des exactions de leur cadette. Et, afin d’étayer ses propos, il lui lut au téléphone le passage litigieux — une scène de dépucelage d’une vingtaine de lignes, suggérée plutôt que décrite, et usant de métaphores poétiques au détriment du terme cru.

         Ce qu’ignorait papa, obnubilé par sa sainte colère, c’est que je l’écoutais. La porte de ma chambre donnant sur le palier où se trouvait le téléphone, j’y avais collé l’oreille, intriguée par ses cris. Je pris donc connaissance, en même temps que sa frangine, de ce qu’il dénonçait.

         Perso, je n’y trouvai rien à redire. J’avais treize ans et lisais en secret Malraux, Appolinaire et Blaise Cendrars, à côté desquels tante Bernadette, toute dépravée qu’elle soit, faisait figure d’enfant de Marie. Cependant, je me gardai bien de donner mon opinion. Enfin, ce jour-là. Mais une semaine plus tard, comme l’infâme opuscule revenait sur le tapis, je ne pus m’empêcher de remarquer :

         — Franchement, je ne vois pas ce qui a pu te choquer...

         S’ensuivit un déferlement de questions, accusations, reproches et hurlements qui me fit aussitôt battre en retraite, et eut deux conséquences immédiates :  1) Papa brûla le dangereux ouvrage qui « avait déjà fait assez de dégâts comme ça »  2) Il écrivit une lettre bien sentie à son auteure, lui reprochant, outre de salir leur nom par ses insanités, d’avoir également perverti sa nièce. La missive s’achevait par cette phrase assassine : « Si ma fille tourne mal, je t’en tiendrai personnellement pour responsable. »

         Face à cette avalanche de reproches, ma tante ne récidiva pas. Ainsi tue-t-on dans l’œuf une Barbara Cartland.  

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 07:48

Mata-Hari

   Bruxelles, 1964. Je fais des galipetttes avec mon relieur, vous vous souvenez ?  Comme il habite à cinq cents mètres de la maison, et a déjà eu des démêlées avec les flics pour détournement de mineures, j’ai intérêt à me méfier. Pas question que les voisins me voient entrer chez lui. Je n’ose imaginer la tête de mes parents, commerçant honorablement connus dans le quartier, s’ils avaient vent de ma conduite !

         Je mets donc au point un statagème digne de Mata-Hari.

         À cette époque, bien qu’âgée de dix-sept ans, j’en parais à peine douze. Petite, maigrichoune, les cheveux coupés à la garçonne, pas de seins, pas de hanches, vous voyez le genre ?  Pour passer inaperçue, il me suffit de me déguiser en femme. Dans un grand sac, j’embarque les accessoires de ma métamorphose : talons aiguilles, foulard, une pelote de ficelle en guise de chignon (c’est la mode des « tomates » sur le sommet du crâne, avec le foulard par-dessus), lunettes noires, rouge à lèvres, et du coton pour rembourrer mon soutien gorge.

         — Je vais à la bibliothèque, dis-je à ma mère.

         — Ne t’attarde pas, répond-elle.

         A mi-chemin entre nos deux maisons, il y a une cabine téléphonique aux vitres dépolies. Je m’y glisse et, en deux temps trois mouvements, change de look. Ainsi puis-je me rendre incognito chez mon amant (le joli mot !) et, au retour, faire la manœuvre inverse.

         Je suis convaincue d’être méconnaissable jusqu’au jour où je croise la boulangère qui me lance distraitement :

         — Bonjour, ma petite Anne. Comme tu as grandi !  

         Mince ! Mata-Hari est démasquée.


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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 08:00

« Car le monde et les temps changent... »

  Ma fille, je l’espère, ne m’en voudra pas de révéler cet épisode croquignolet de sa folle jeunesse.

         J’étais dans un salon du livre pour le week-end, et Sylvain, régisseur sur un film, tournait dans les pays de l’Est. Mélanie, alors âgée de dix-sept ans, était donc seule à la maison.

         Le dimanche soir, je rentre. Et me retrouve nez à nez avec un jeune homme blond, nu comme la main, qui pousse un cri d’effroi en se ruant vers la salle de bains.

         «  Eh bien, on ne s’ennuie pas ! » pensai-je, amusée.

         Au même moment, la porte de la chambre s’ouvre et en sort un grand Black, lui aussi en tenue d’Adam. 

         — Oups ! s’étrangle-t-il en me voyant.

         Et il court rejoindre son collègue.

         L’instant d’après, c’est au tour de Mélanie d’apparaître, entortillée dans son drap de lit. 

         — Ah, c’est toi ? s’exclame-t-elle avec un adorable sourire. J’ai invité des copains de classe... On ne t’attendait pas si tôt !

         J’ai repensé à ma mère et j’ai éclaté de rire.

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