Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.
Chapitre 69
Résumé des chapitres précédents : L’ange est vraiment un ange. Il héberge Nora dans son p’tit paradis : un squatt du côté de Châtelet. Pas très reluisant, pour une demeure céleste, mais Nora n’en espérait pas tant !
La solitude aussitôt se referme sur Nora, l'oppresse à la limite du supportable.
— Pas de ça Lisette ! grogne-t-elle.
Elle plonge dans son sac, en sort ses comprimés, et s'envoie double dose avant de se pieuter.
Bienheureux gouffre chimique, où ne surnage même pas le visage de l'Aimé.
Mais au milieu de la nuit, une étrange impression trouble sa torpeur sans pour autant la dissiper. Familière, si familière, si douce, si rassurante.
« Mon amour tu es là, toi et le geste qui sauve. Mon amour, mon amour, je suis bien, près de toi. Tout ça n'était qu'un mauvais rêve, oh, oui, mon amour, continue, oui, oh oui... »
Sur ses lèvres, dans le noir, deux lèvres sont posées. Nora s'offre au baiser avec une telle passion que la bouche, effarouchée, se retire.
— Charlie, soupire-t-elle dans son sommeil.
— Chut, dors, lui répond-on.
Et une haute silhouette blonde et blanche s'éloigne dans le noir.
(A suivre)