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Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.

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ROSE 97

 

                                                      AH ! PARIS !

 

Dès lors commence — si Rose s'attendait à ça ! — un bras de fer entre eux deux. Parce que, lorsqu'Amir parle de s'installer en Europe, ce ne sont pas des propos en l'air.

— Tu comprends, ici, je n'ai pas d'avenir, argumente-t-il. Il n'y a aucun débouché, aucune carrière possible. Tu me vois continuer les petits concerts dans les hôtels jusqu'à la fin de mes jours, franchement ? Tandis qu'à Paris ! Ah, Paris ! C'est de là que tout part, là que tout aboutit.

— Mais on ne connaît personne, proteste Rose. Ici, au moins, on a une famille, une maison... On existe, tu comprends ?

— On n'existe pas, on stagne. Ton roman, quand tu l'auras fini, qui le publiera, hein ? Tu ne trouveras même pas une maison d'édition digne de ce nom dans tout le Moyen-Orient.

D'un geste désinvolte, Rose réfute l'argument.

— Il y a plus important que la publication d'un roman, figure-toi. Omane et Rachad ont besoin de nous.

— Ils n'ont qu'à émigrer, eux aussi.

— Quitter Zouk, dans leur situation ? Tu rigoles ?

— Ça ne leur ferait pas de mal, pourtant.  Et d'un, Nadège serait mieux soignée en France que partout ailleurs ; et de deux, Omane, avec sa voix, ferait un malheur à l'Opéra ; et de trois, question galeries de peinture, le Quartier Latin, c'est autre chose que la rue Hamra.

Rose lève les yeux au ciel.

— Tu nages en pleine utopie, mon pauvre vieux.  Primo, Omane n'acceptera jamais qu'on "soigne" sa fille : le corps médical, depuis l'accident de la maternité, elle ne peut plus le sentir, alors, la France ou le Liban, pour elle, c'est du pareil au même. Deuzio, le succès, elle s'en fiche : elle a décidé de se consacrer uniquement à Nadège, et s'il lui arrive encore de chanter, ce n'est que pour elle. Troizio, si tu voyais les dernières "œuvres" de ton frère, tu ne le pousserais certainement pas à les exposer.

— Et la situation politique, tu y as pensé ? Le Moyen-Orient est une poudrière. Le jour où ça pètera, Beyrouth sera en première ligne.

—Beyrouth, peut-être, mais pas Zouk. Zouk est un havre de paix, et quoi qu'il arrive, je veux y rester.

Cette conclusion clôt— provisoirement — le débat.

Jusqu'à ce qu'Amir revienne à la charge.

Et, se heurtant à un "non" sans appel, finisse, de guerre lasse, par prendre le problème à rebours en tentant de convaincre son frère.

Plus perméable que Rose, en fait. Ou, du moins, plus sensible au chant des sirènes…

 

Ne reste à Rose et Omane qu'un seule alternative :  faire front commun. D’où le titre du chapitre suivant : "La guerre des épouses".

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Commenter cet article
G
Tu confonds avec Zeus, c'est lui qui, dans la mythologie "entre dans Europe"
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C
Ah, le Liban n'est pas encore entré dans l'Europe ?
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G
Merci pour ta confiance, Annie !
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A
Ben oui, quand on connaît un peu la suite le comment se substitue au quoi. Mais vu la malice de Rose, pas de souci quant au suspense
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P
Le retour au bercail, un peu frustrant car n'est-ce pas justement cette patrie que Rose a cherché à quitter ?<br /> <br /> Bon, l'avenir nous a déjà raconté que Rose a publié en France, on peut donc supposer qu'elle a cédé aux envies d'exode de son mari...<br /> Mais j'ai hâte de voir comment elle va organiser sa résistance quand même !
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