Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.
La vie en rose Au mois de mai, mon village n’est qu’un buisson de roses. Les touristes viennent de partout pour l’admirer et, certains d’entre eux ne résistent pas à la tentation de couper une fleur, voire plusieurs. Ce qui, bien entendu, nous fout en...
Un peu de douceur dans un monde de brutes Montreuil 1993. Je hais les salons. Trop de monde, trop de bruit, trop d’inconnus. Je me sens en-dehors de la fourmilière et c’est très douloureux. D’autant que je suis fragilisée par des refus à répétition —...
DIOUF — Je monte cinq minutes chez moi, dit Mme Irène. Tu jettes un coup d'œil sur Béchir ? Maintenant que Rose est son employée, elle la tutoie. Rose, non ; privilège de l'âge. — Ne vous en faites pas pour lui, Olivier le surveille. Rien n'est plus vrai...
La peur au ventre Oncle Louis, officier de carrière à la retraite, faisait montre envers sa famille d’une autorité quasi-militaire. Toute rebellion était sévèrement réprimée. Or, pour une raison que je ne m’explique pas, ce foudre de guerre estimait le...
Gorge profonde Beyrouth, 1966. Le grand cinéaste Youssef Chahine cherche des figurants pour un film dont j’ai oublié le titre, avec en vedette la chanteuse Sabbagh. Notre petite bande de potes est embauchée pour jouer le public d’une boîte de nuit. Le...
Hospitalité Etant donné les préjugés de mes parents — pour qui le mariage était sacré, indissoluble, et le divorce prohibé à l’extrême —, je leur cachais soigneusement mes problèmes conjugaux. La distance entre Paris et les Ardennes belges facilitant...
LE CRI La rue de la Goutte d'or est encore plus sinistre la nuit que le jour. Une bruine légère sature l'atmosphère, posant une sorte de fine couche grasse sur les pavés. Dans le halo blafard des lampadaires grouille un mouchetis de gouttelettes. Se découpant...
RETOUR AU NID Vu la tournure des événements, au bout du troisième jour, Rose décide : — Je m'en vais. Lorsque, par l'intermédiaire d'Amir, elle fait part de sa décision au médecin, celui-ci pousse les hauts cris : — Jamais de la vie, c'est bien trop dangereux...
Episode 108 Baba-Akrout, le gérant de l’émirat, veut acheter Zoé et Chouchou à Branquenstein, contre son poids en diamants. C’est bien payé, je trouve ! Ce fut promptement fait, et sans bavures. Avant d’avoir compris ce qui lui arrivait, Branquenstein...
Péché mortel A côté de chez mes parents, chaussée de Wavre à Ixelles, il y avait une minuscule bouquinerie tenue par une vieille dame charmante, madame Delcourt. Dès que je sus lire, elle devint ma caverne d’Ali Baba. Me proposait-on une glace, un bonbon...
Épisode 52 Résumé des chapitres précédents : Cédric, le fils de Ruth Prout et de Sire Concis, mesure au moins dix mètres de haut. Que ceux qui ne seraient pas traumatisés par cette vision lèvent le doigt ! — Nom d’un chien, dit Zoé. Je comprends pourquoi...
Mes amies, mes amis, J'ai bien peur de ne plus avoir de Solitudes à vous offrir. J'ai beau me creuser la cervelle, interroger mes souvenirs, presser ma mémoire comme une vieille éponge et chatouiller mes neurones un à un, je n'en trouve plus la moindre...
ANNIVERSAIRES Début avril. —Samedi, c'est l'anniversaire de Béchir, chuchote Mme Irène à Rose, suffisamment bas pour que l'intéressé n'entende pas. — Le 7 ? Comme Grégoire ? — Moins fort, souffle Mme Irène, avec un regard furtif vers le fond de la salle....
LE BAISER AU POMPISTE Une demi-heure plus tard, laissant femme et enfant endormis l'un contre l'autre, Amir s'en retourne à Zouk, annoncer la nouvelle au reste de la famille. Mais il est si heureux qu'en chemin, une envie impérieuse de partager sa joie...
Grève de la faim Une petite Solitude pas marrante du tout. Il en faut. En août 1996, des sans-papiers retranchés dans l’église St Bernard, à Paris, défiaient les forces de l’ordre chargées de les expulser. À l’intérieur, outre les mères et les enfants,...
L’invité Après la mort de Sylvain, je me sentais bien seule dans ma grande maison. C’était l’hiver, il faisait froid, et dehors soufflait la tempête. Au bout de quelques semaines, transie physiquement autant que moralement, je propose à un copain en qui...
Le chien de tous les dangers Un dimanche d’été, nous improvisons, avec Sylvain et quelques amis, une petite virée à Bruxelles. Freddy, bien entendu, est de la partie (vous vous souvenez, le pinscher défiguré ?). Nous voilà donc partis en bande, dans notre...
Aux goitres, citoyens ! Le jour où l'on se rendit compte que les goitres (ces affections glandulaires hypertrophiant la gorge des malades à l'instar de celle des crapauds-buffles en rut), n'étaient, en réalité, que le réceptacle d'une perle de toute beauté...
La fermette maudite Quand je m’installai dans cette maison isolée, au fin fond des Cévennes, j'ignorais qu'elle était hantée. Les paysans du coin m'avaient juste informée des événements tragiques qui s'y étaient déroulés. Quelques années plus tôt, l’ancien...
Chapitre 128 Résumé des chapitres précédents : Rien à faire : en dépit des exhortations de Boris, Nora refuse de capituler. Elle n’est pas programmée pour la marche arrière. Elle a décidé de quitter Charlie et ne reviendra pas sur sa décision, quoi qu’il...
La Strada version X Montparnasse, début des années 80. Je sors de chez Fluide Glacial où je suis allée livrer ma chronique mensuelle, « Psychnalyse de la braguette », quand je tombe sur un copain, appelons-le Benoît. « Quelle coïncidence ! » me dis-je....
LE PREMIER MATIN DU MONDE Une fois arrivée à destination (en fin d’après-midi), je n’eus rien de plus pressé que de rappeler Castor. Cette fois, ouf, il répondit. — T’es où ? soufflai-je. — Ben, sur ton stand, pardi ! C’était la vérité vraie. Alleluia....
Chapitre 127 Résumé des chapitres précédents : La discussion entre Boris et Nora vire au règlement de compte. Ça, c’était à prévoir ! — Cinq ans d'âge mental ! lâche Boris, de l'extrême sommet de son mépris. Il la toise sans complaisance. — Tu vas me...
Episode 93 Résumé des chapitres précédents : Zoé a saboté le camion des militaires en mettant une patate dans le tuyau d’échappement (preuve qu’elle maîtrise AUSSI la mécanique ; décidément, cette femme sait tout faire avec ses petites mains !) Ayant...
Belle En 1972, André Delvaux, célèbre cinéaste belge, choisit la petite ville de Spa pour y tourner son film « Belle », en décors réels. Ce choix n’est pas un hasard : l’ancienne station thermale, outre qu’elle est fort jolie, incarne à ravir la société...