Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.
REMORDS & TRAUMAS Après avoir déposé les femmes et le blessé à Zouk, les deux frères repartent vers la crique, afin d'y récupérer leurs affaires. Lorsqu'ils rentrent, c'est pour trouver Rose berçant son enfant endormi dans le hamac, et Omane nettoyant...
LES OURSINS La route reliant Jounieh à Beyrouth longe la mer sur une trentaine de kilomètres. C'est là que se trouvent les "bons plans" d'Amir et Rachad qui connaissent les reliefs de la côte comme leur poche. Un simple regard suffit pour que les deux...
BRÈVES DE CANCER (SUITE) — Avez-vous été à la selle ? Une femme adore qu’on lui pose de telles questions devant son amant ! Histoire d’éluder, je fais « oui, oui » de la tête. Mais l’infirmière insiste : — Vous êtes sûre ? Parce que sinon, je vous donne...
LE FANTÔME DE LA CHAPELIÈRE Le mot « cancer » a un écho très pavlovien, dans ma mémoire. Il m’évoque instantanément Mme Mariette, la chapelière. Il y avait près de chez nous, dans le Bruxelles des années cinquante, un joli magasin de chapeaux. Quatre...
LES PITIÉS INTERDITES J’ai pu constater une chose surprenante : les personnes qui reçoivent en même temps une bonne et une mauvaise nouvelle sont si décontenancées qu’elles zappent la mauvaise pour focaliser sur la bonne. Du coup, la pilule passe nettement...
MON CANCER S’APPELLE GUILLAUME Le jour où un médecin me parla de mon « gliome » , je compris « Guillaume » et lui fis répéter. Non seulement parce que ça m’évoquait « Le Bruit des glaçons » de Bertrand Blier, mais surtout parce que c’était le nom du gars...
DES RIRES DANS LA NUIT Allongée dans le noir, j’écoutais le chant des grenouilles montant de la vallée, en fredonnant intérieurement cette chanson de mon enfance : La nuit est limpide L’étang est sans ride Dans le ciel splendide Luit le croissant d’or...
EMPLIR D’ÉTOILES UN CORPS QUI TREMBLE Au début des années quatre-vingts, j’avais écrit, dans une « Psychanalyse de la braguette » (ma rubrique mensuelle chez Fluide Glacial) : Le jour de la fin du monde, si je peux me blottir entre les bras d’un homme,...
MAUVAIS SCÉNAR Sur ces entrefaites, l’hôpital nous « libéra ». Devant mes demandes réitérées, le chirurgien, estimant sans doute mon milieu familial plus restructurant que l’environnement hospitalier, s’était laissé convaincre. Castor me ramena donc chez...
TOUT S’EXPLIQUE ! La journée du lendemain ne fut guère plus brillante. Combien de personnes se rendirent compte que je n’étais pas dans mon état normal ? Je l’ignore. Les écrivains sont de si curieuses bêtes, n’est-ce pas. On ne peut jamais prévoir leurs...
L’ACCIDENT (SUITE) Par chance, il y en a un. Un petit interne timide et maladroit, trop novice encore pour établir un diagnostic mais assez dégrossi pour recoudre une blessure. Ayant longuement examiné celle de Grégoire, il le fait allonger sur une table...
JE SOUHAITERAIS PAS ÇA À MON PIRE ENNEMI La fin des six semaines de radiothérapie nous offrit quelques jours de liberté chimérique. Nous en profitâmes pour nous baguenauder sur les routes de France. Le temps était encore beau, les aires de repos remplies...
LE VISITEUR DU SOIR Si les détails morbides qui précèdent ont pu décourager certains lecteurs, je les prie par avance de m’en excuser. Ils n’avaient pour but que de cibler l’état d’esprit dans lequel je me trouvais quand le miracle eut lieu. Oui, miracle...
Résumé du chapitre précédent : Été 1966. Après leur mariage, Amir et Rose (qui attend un deuxième enfant) quittent Beyrouth pour s’installer dans le village de Zouk, qui domine la baie de Jounieh. Rachad, le frère aîné d’Amir et Omane, son épouse — une...
BRÈVES DE CANCER Petit intermède. Allez, juste pour le fun, quelques « grands moments de solitude » hospitaliers qui valent leur pesant d’or. Une nuit, une infirmière surgit à l’improviste dans notre chambre (et sans frapper, bien sûr). « Ohoo, madame...
OUI, POURQUOI, AU FAIT ? A cause d’une question qui me tenaillait chaque jour davantage : et si l’œuf de la mort, clipé à la paroi interne de mon crâne, s’était multiplié avant qu’on le retire, hein ? Le chirurgien m’avait bien expliqué que la tumeur,...
LA MORT QUI VIENT LA MORT QUI VA LA MORT VÉCUE LA MORT VISIBLE BOIT ET MANGE À MES DÉPENS Paul Éluard (Notre mort) S’ensuivit, pour Sylvain, une vertigineuse descente aux enfers. Ce chantre — que dis-je ? ce militant de la liberté, se retrouva, du jour...
PETITS ARRANGEMENTS AVEC LES MORTS Il m’arrivait aussi de parler à Sylvain : — C’est toi qui me l’as envoyé, n’est-ce pas ? Mais où tu l’as dégoté, celui-là ? Dans quel Au-delà, quel paradis ? Sur quelle planète ? Il est pas humain, je te jure. Même quand...
RENCONTRE Vint le mois de juin, et, avec lui, la Comédie du Livre de Montpellier où, sollicitée par un ami libraire, j’acceptai de me rendre. (La chose est assez rare pour être signalée : estimant ma présence indispensable à mon malade, je refusais tout...
UN RÊVE, PAR LA SUITE, VINT POLLUER MES NUITS… Il débutait par un souvenir imprimé au fer rouge dans ma mémoire. Celui de ce soir d’hiver où, après plusieurs heures d’agonie, Sylvain avait enfin lâché la barre. Je m’étais opposée à son transfert à l’hôpital...
FLASH BACK (SUITE) Le décor est planté ; venons-en aux acteurs : un couple débarqué dix ans plus tôt dans ce minuscule village du Tarn. Lui — Sylvain — la quarantaine épanouie, et si beau que toutes les femmes se retournaient sur son passage. Elle — c’est-à-dire...
CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCÉE Il y a des mots affreux. Des mots empoisonnés qui, à l’instar de certaines substances chimiques, stagnent dans notre organisme sans jamais pouvoir être éliminés. « Soins palliatifs » est de ceux-là. Lorsqu’une infirmière,...
FLASH BACK Tout avait commencé l’avant-veille — si tant est que l’enchaînement d’événements qui, pour la seconde fois, bouleversait mon existence, puisse désormais s’inscrire dans une quelconque logique temporelle. Ce festival du livre fantastique, je...
SU’L’TROTTOIR, J’AI RENCONTRÉ UN ANGE DESCENDU DES CIEUX SU’L ‘TROTTOIR, J’AI RENCONTRÉ UN BEL ANGE AUX YEUX BLEUS Boby Lapointe (L’Ange) Le soir même, nous réintégrâmes notre chambre, Castor et moi. Bien que sa présence fût le meilleur des antidotes,...
LA MINUTE DE VÉRITÉ La sentence tomba comme un couperet : — Lésion cérébrale. Je sursautai — Une lésion ? Mais… je ne me suis cognée nulle part ! La neurologue de garde haussa les épaules. C’était, ma foi, une fort jolie personne, grave et calme, à qui...