Gudule, écrivaine pour la jeunesse, surtout, et pour les adultes aussi un peu.
SUR LES AILES D’UN RÊVE Les paroles écrites par Gaby Askar sont d'une consternante niaiserie, et commencent ainsi : D'aéroport en aéroport J'ai rêvé toujours J’ai rêvé encore, De toi que j’adore, Mon amour, Mi amor. « Il nous fait quoi, la prochaine fois...
L’ORANGERAIE La rentrée se déroule, ma foi, plutôt bien. En laissant son petit entre des mains mercenaires, Rose verse une larme. Grégoire, non. Il a avisé, dans un coin de la cour, un cheval de bois monté sur ressorts, et n'a de cesse de grimper dessus....
FUTUR MUSICIEN En fin de matinée, Amir, comme chaque jour, descend à Beyrouth. Mais une heure plus tard, il est de retour. — Impossible d'entrer en ville, c'est la faouda*, annonce-t-il. Le trafic est complètement perturbé, il y a des barrages partout,...
LA MER QU’ON VOIT DANSER — Demain, on va el balèch* ? suggère Amir dans un bâillement de bien-être. Rose approuve avec enthousiasme. Elle raffole de ces dimanches à crapahuter sur les falaises, à la recherche de petites criques solitaires. C'est qu'au...
PAROLES ET MUSIQUE Trois jours plus tard, Amir apporte à sa répétition un poème dactylographié dont voici la première strophe : Un matin, comme au premier matin, Quand la terre était nue et les ruisseaux sereins, Un matin à peine devenu, d'ombre à peine...
MÉDECINE DU FUTUR Loin de moi l’idée de remettre en cause le corps médical, tellement sollicité en cette fin de civilisation paranoïaque et mortifère. D’autant que j’ai pu tester sa célérité quand il s’est agi de diagnostiquer mon cancer. Mais n’empêche…...
ET POURQUOI PAS L’AMOUR AVEC UNE MAJUSCULE ? En 1965 (ou 70, par là) , j’avais lu une nouvelle dont le souvenir ne m’a jamais quittée. En résumé : suite à un accident de voiture, un enfant est hospitalisé dans un état critique. Il en réchappe, grandit,...
GROSSESSE LIBANAISE Désormais, lorsque Rose et Omane, de plus en plus imposantes au fil des semaines, se promèneront dans les rues de Zouk, c'est tout l'opéra classique qui défilera à travers elle. Ce qui ne troublera personne, l'habillement féminin,...
LE CARNAVAL DES OBSESSIONS La reprise du traitement, quelques semaines plus tard, se solda par un herpès qui changea mon visage en une face de mérou. Même embrasser Castor devenait une épreuve. Pour lui, je veux dire. Moi, dès qu’il s’approchait, je me...
ÉCRIRE Entre-temps, j’avais commencé plusieurs textes, avant de les abandonner en cours de route. La fameuse nouvelle, bien sûr, où je mettais en scène une matriarche pourrie, évoluant dans un décor pourri, parmi une pléiade de comédiens minables, dirigés...
LA DISCRÈTE Nous passions tout notre temps libre, soit au bord de la rivière, soit sur les espaces verts du village — l’un en particulier, le petit St Roch, d’où l’on apercevait la crête des Pyrénées. Souvent, je comparais ces charmes estivaux aux solitudes...
LE CLAN DES VEUVES Je ne m’aperçus pas tout de suite que le Clan des Veuves me battait froid. Elles étaient quatre — cinq avec Yolande qui les rejoignait sporadiquement. La plus âgée, qu’on surnommait Choupette, frôlait les quatre-vingt-dix ans et, sous...
LE DEVOIR DE BONHEUR Soyons heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple. Jacques Prévert Rendons à César ce qui est à Césarine : quelqu’un d’autre, me fut, dans ce domaine, d’un grand secours. Un modèle a contrario, voyez ? L’archétype exact de ce...
AOÛT TARNAIS Fin juillet, Frédéric débarqua avec femme et enfants, comme chaque année depuis dix ans. Olivier, Brigitte et Claude en profitèrent pour réintégrer, les uns leurs falaises picardes, l’autre sa forêt canadienne. Et comme le grand beau temps...
L’EFFET CASTOR — Je craignais, me dit un jour Mélanie, que cette tumeur te file un méchant coup de vieux. Je t’imaginais déjà hâve, cernée, voûtée, rasant les murs. Coup de bol, tu es radieuse. Tu as même rajeuni que c’en est stupéfiant ! Histoire de...
GAVROCHE DÉGUISÉ EN REINE DE SABA — Regarde, j'ai encore grossi. Plantée devant la glace, Rose s’obstine à fermer la braguette de son jean. —Eeeh, ne force pas comme ça, la rabroue Amir. Tu vas étouffer le bébé. Elle rit. — Tout de même pas. Normalement,...
ÉPILOGUE J’ai bien failli intituler ce livre « J’arrive », en hommage à l’admirable chanson de Jacques Brel, dont les paroles m’ont toujours bouleversée. Mais outre que je renâclais à l’idée d’un emprunt, si prestigieux soit-il, le désespoir qui émane...
COMMENT LA DÉVOTION VIENT AUX FILLES J’ai longtemps craint qu’en raison de notre lien de parenté, Cousin Jean m’ait été attribué d’office comme ange gardien. D’autant que maman en rajoutait une louche : — Il est assis à la droite du Seigneur, répétait-elle...
DU CÔTÉ DES CHÉRUBINS Cousin Jean, âgé de trois semaines, était « monté au ciel » la veille de ma naissance. De sorte que le télégramme de félicitations envoyé à ma mère par son frère et sa belle-sœur fut libellé comme suit : « Petit ange Jean nous a...
En 2004 paraissait aux éditions Grasset, un roman autobiographique intitulé « La vie en Rose » Voici ce qu’en disaient les critiques, à l’époque : http://booknode.com/la_vie_en_rose_029970 L’année suivante sortait, chez le même éditeur, le deuxième tome...
BON, ET APRÈS ? Une fois racontées les péripéties de ce bel été (de manière succincte, s’entend ; inutile de s’attarder, ni sur des considérations sans intérêt, ni sur des incidents mollement répétitifs), une question cruciale se posait : « Et après,...
MIROIR, MON BEAU MIROIR Si, telle la Jézabel de Racine, je redoutais « des ans l’irréparable outrage », cette crainte, aujourd’hui, n’était plus de saison. Les signes que je traquais jadis dans mon miroir — cheveux gris, rides, ridules, coussinets sous...
LA BRODEUSE DE CENDRES Parfois, je me demandais : « Comment sera le village quand j’aurai disparu ? » Nous sommes sans doute nombreux à nous être posé la question ; nombreux à avoir arpenté ces rues siècle après siècle, et à leur donner vie avant de céder...
LA FÉE LUNA Il n’y a pas que des anges, dans ce conte-là. Il y a des fées, aussi. Enfin, UNE. Une fée aux yeux verts qui y joue un rôle de tout premier ordre. Elle apparut un beau matin sur mon écran, sous forme d’une nouvelle (signée d’un pseudo masculin)...
LES HAPPY END’S NE SONT PLUS CE QU’ELLES ÉTAIENT N’empêche que le scénario tournait au Grand-Guignol. Je m’en ouvris à Olivier que sa sensibilité d’écrivain rendait apte à comprendre mes divagations. — Tu es en pleine confusion mentale, me dit-il. Mais...