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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 07:05

 

                                                           TOUT S’EXPLIQUE !

 

                  La journée du lendemain ne fut guère plus brillante. Combien de personnes se rendirent compte que je n’étais pas dans mon état normal ? Je l’ignore. Les écrivains sont de si curieuses bêtes, n’est-ce pas. On ne peut jamais prévoir leurs réactions…

                  Castor, en revanche, ne me lâchait plus d’une semelle. Quitte à sembler « collant », il avait pris le parti de me surprotéger, quoi qu’il advienne, et passait son temps à ramasser tout ce que je semais derrière moi— sac, écharpe, livres, documents précieux (mon billet de retour, entre autres). Si bien que, vers dix-sept heures, quand la navette pour l’aéroport vint chercher les auteurs :

                  — Et si je te ramenais ?  proposa-t-il. Je n’aime pas te voir partir en avion. Tu es si fatiguée…

                   Je protestai avec énergie (bien que sa compagnie m’agréât nettement plus que celle de mes collègues) :

                  — Ne t’en fais pas : pendant le trajet, je serai avec les autres, et mon fils Olivier vient me chercher à Toulouse. Ce serait stupide de t’imposer une corvée pareille alors que tout est déjà programmé, non ?

         A contrecœur, il s’inclina, mais prit Rachel à part pour lui recommander de veiller sur moi. Elle promit, perplexe, et une fois dans l’avion, s’enquit :

                  — Qu’est-ce que t’as, Gudule ?  Je te trouve bizarre.

                  — Je suis amoureuse, fut ma seule réponse.

 

             Quelque deux heures plus tard,  je faisais le même aveu à Olivier et à sa femme Brigitte, ainsi qu’à mon frère Claude, venu du Canada durant le week-end. De sorte que mon « état » ne les intrigua pas.

         Cependant, le lendemain…

         — J’ai un drôle de truc, expliquai-je à Claude. Deux doigts de ma main gauche ne fonctionnent plus.

         Tout en minimisant la chose (on est comme ça, dans la famille), il proposa :

         — Je dois justement me rendre à Gaillac, tu veux que je te dépose chez le toubib, en passant ?

         J’acceptai avec empressement, ce qui l’étonna. Consulter, c’était pas mon genre. Mais bon, ce symptôme-là m’évoquait vaguement celui d’un AVC, et ça me foutait les jetons.

         Jetons partagés par mon médecin traitant qui, sitôt l’examen terminé, appela le service neurologique de l’hôpital d’Albi, en précisant :

         — J’envoie immédiatement ma patiente aux urgences !    

 

 

 

                                                     *

 

 

         L’I.RM. ayant  révélé ce que l’on sait, j’annonçai brutalement la nouvelle à mes proches avant d’être transférée dans le service ad hoc. Puis, une fois seule, j’appelai Castor.

         Pour m’excuser, eh oui.

         Lui demander pardon de l’avoir embarqué dans cette galère.

         Et le supplier de ne pas s’attacher à moi.

— Trop tard, répondit-il, et il sauta dans sa voiture.

         Le lendemain, à l’heure des visites, il était là.

         Nous ne nous sommes plus quittés, depuis.

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Published by Gudule - dans Mezzé
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commentaires

Gudule 20/12/2013 06:06

L'humour aussi. L'humour surtout !

GH 20/12/2013 03:05

L'adversité rapproche…

gudule 22/11/2013 09:03

Et (cerise sur le gâteau), il est sincère !

Ryko 22/11/2013 08:43

Oh merci ! Un compliment de Gudule, je ne l'échangerais pour rien au monde. Même pour les pâtisseries, les cerisiers en fleurs, les royaumes, les chevaux...

gudule 22/11/2013 08:28

Ben les titres, c'est pas seulement la cerise sur le gâteau, c'est aussi le nez rouge sur la face du clown. Et tiens, à ce propos, tes "merditudes" m'éclatent.

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